Finances publiques

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a présenté en date du 22 janvier 2021 la situation des finances publiques au 31 décembre 2020, lors d’une réunion jointe entre la Commission des finances et du budget et la Commission du contrôle de l’exécution budgétaire de la Chambre des députés.

Les recettes de l’Administration centrale restent marquées par la crise et s’élèvent au 31 décembre 2020 à 18,8 milliards d’euros, soit une moins-value de 1,5 milliard d’euros ou -7% par rapport au budget voté.

Les recettes encaissées par l’Administration des contributions directes s’élèvent à 9.096 millions d’euros, ce qui représente une variation négative de -386 millions d’euros (-4,1%) par rapport à l’année précédente. Celles de l’Administration de l’enregistrement, des domaines et de la TVA s’élèvent à 5.517 millions d’euros, soit une variation négative de -77 millions d’euros (-1,4%) par rapport à 2019.

Quant aux résultats de l’Administration des douanes et accises, elles font état d’une diminution de -23,39% des ventes de l’essence (soit -112,8 millions de litres) et de -21,14% des ventes de diesel (soit -460,6 millions de litres) par rapport à 2019. Grâce à cette évolution, le Luxembourg a pu pleinement respecter son engagement d’une réduction de 20% de ses émissions de CO2 par rapport à 2005, sans recourir à des certificats de compensation d’émissions de gaz à effet de serre. Au total, les recettes encaissées par l’Administration des douanes et accises s’établissent à 1.614 millions d’euros, soit une baisse de -164 millions d’euros (-9,2%) par rapport à 2019.

Pour autant, grâce à la légère reprise de la croissance économique au 3e trimestre (+0,5% sur un an selon le STATEC) ainsi qu’au 4e trimestre de l’année 2020, les recettes publiques connaissent une amélioration de 5,3% par rapport aux dernières prévisions de recettes de l’Administration centrale pour l’année 2020, établies dans le cadre du budget 2021.

Les dépenses de l’Administration centrale s’élèvent au 31 décembre 2020 à 21,1 milliards d’euros, soit une augmentation de 251 millions d’euros ou +1,2% par rapport au budget voté, et ce avant l’écoulement de la période complémentaire qui s’étalera encore jusqu’à fin avril 2021.

Le niveau élevé des dépenses publiques s’explique par l’engagement conséquent de l’État pour lutter contre la pandémie du COVID-19 et assurer la relance économique. Au 31 décembre 2020, 937 millions d’euros ont ainsi été déboursés au titre du chômage partiel, 235 millions d’euros pour financer le congé pour raisons familiales extraordinaire et le congé pour soutien familial, 194 millions d’euros pour la gestion de la crise sanitaire et la santé publique, ainsi que 103 millions d’euros en matière d’aides directes non-remboursables en faveur des microentreprises et indépendants. Les dépenses totales de l’Administration centrale en cette fin d’année tiennent également compte de l’imputation exceptionnelle de 386 millions d’euros suite à la prise en charge par l’État de certaines dépenses supportées par l’assurance maladie-maternité. De même, comme cela avait été prévu dès avant la crise, les investissements publics ont été maintenus à un niveau record, pour s’établir à 2,7 milliards d’euros, ce qui correspond à une augmentation de +27,4% en comparaison annuelle. Partant, les dépenses de l’Administration centrale à la fin du 4e trimestre de 2020 sont +2,6 milliards d’euros ou +14,5% plus élevées qu’à la fin du 4e trimestre de 2019.

Compte tenu de la reprise graduelle de l’économie luxembourgeoise, certaines dépenses liées à la gestion de la crise ont toutefois pu être limitées par rapport aux prévisions antérieures.

Grâce aux évolutions décrites ci-devant, l’effet de ciseaux entre les recettes et les dépenses publiques se présente légèrement moins prononcé que prévu. Si les dernières prévisions tablaient encore sur un déficit de -5 milliards d’euros pour l’année 2020, le solde de l’Administration centrale au 31 décembre 2020 s’établit désormais à -2,36 milliards d’euros. Même si le montant des dépenses est susceptible d’augmenter encore substantiellement pendant la période complémentaire, on peut anticiper un déficit final réduit par rapport aux dernières projections.

Quant à la dette publique, elle s’établit au 31 décembre 2020 à environ 16 milliards d’euros, ce qui correspond à quelque 26,5% du PIB, soit un niveau nettement inférieur aux 30% du PIB prévus dans le programme gouvernemental. Le Luxembourg est ainsi le pays de la zone euro dont le niveau de la dette a le moins augmenté en 2020, tout en affichant le niveau de dette publique le plus faible après l’Estonie.

Le ministre des Finances commente: «Dans un contexte qui reste difficile, l’évolution légèrement meilleure des finances publiques au 4e trimestre de 2020 témoigne de la reprise graduelle de l’économie luxembourgeoise. Les nombreuses mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir la relance et pour protéger les emplois, ensemble avec la campagne de vaccination, contribueront à renforcer cette tendance au cours de l’année 2021. Alors que le solde budgétaire s’est amélioré au 4e trimestre, il ne faut cependant pas perdre de vue que l’exercice comptable n’est clôturé qu’après l’écoulement d’une période complémentaire, pendant laquelle des dépenses substantielles seront encore effectuées au titre de l’exercice 2020. Nonobstant des premiers signes qui inspirent confiance, la situation des finances publiques reste donc tendue et la prudence de rigueur.»

Communiqué par: ministère des Finances

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