Finances publiques

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a présenté, en date du 20 novembre 2020, lors de la réunion jointe de la Commission des finances et du budget (Cofibu) et de la Commission du contrôle de l’exécution budgétaire (Comexbu) la situation des finances publiques à fin octobre 2020.

Au 31 octobre 2020, le solde de l’Administration centrale s’élève à -2,2 milliards d’euros, ce qui équivaut à une dégradation de -3 milliards d’euros par rapport à octobre 2019.

En effet, selon les normes européennes SEC 2010, les recettes ont subi une baisse de -5,9%. Cette diminution s’explique entre autres par les mesures fiscales mises en place pour subvenir aux besoins de liquidités des entreprises. Les annulations des avances et les délais de paiement représentent au 31 octobre des moins-values pour un montant total de 229 millions d’euros. L’accélération des remboursements en matière de TVA ont également creusé le déficit.

Les dépenses ont quant à elles augmenté de +13% par rapport à octobre 2019. Cette hausse substantielle, déjà observée durant les derniers mois, continue à être le résultat des mesures mises en place par le gouvernement pour contrecarrer la crise. Pris ensemble, les investissements directs et indirects ont en effet augmenté de 352 millions d’euros, soit +19,5%, entre la situation constatée après les dix premiers mois de 2020 et la même période de l’exercice 2019. Ces investissements sont, entre autres, attribuables aux mesures de crise en faveur du Haut-Commissariat à la Protection nationale (HCPN) ainsi qu’aux aides accordées aux entreprises.

Malgré l’évolution défavorable des recettes et des dépenses en comparaison annuelle, on constate toutefois dans une optique mensuelle que le déficit de l’Administration centrale s’est amélioré de l’ordre de 500 millions d’euros entre septembre 2020 et octobre 2020 et que l’effet de ciseaux négatif se stabilise peu à peu grâce à un affaiblissement de la tendance baissière observée au niveau des recettes.

Quant aux chiffres établis selon les règles de la comptabilité de l’État, les recettes ont atteint au 31 octobre de cette année 75,3% du total du budget voté pour 2020, ce qui correspond à un taux d’exécution de 8 points de pourcentage inférieur au taux théorique qui aurait dû être atteint fin octobre. Les dépenses arrivent, quant à elles, à un taux d’exécution de 91,2%, soit environ 8 points de pourcentage de plus que le taux d’exécution théoriquement attendu pour fin octobre.

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, commente: «La situation financière en ce mois d’octobre montre que le Grand-Duché continue à évoluer dans un environnement difficile marqué par la crise sanitaire et son impact sur l’économie. La présentation des chiffres au 31 octobre ne constitue qu’une photo à la date en question et non pas une projection tenant compte des facteurs qui impacteront encore les soldes jusqu’à la clôture de l’exercice, tels que notamment le remboursement à effectuer à la Sécurité sociale suite à la Quadripartie. Dans un même sens, malgré la stabilisation observée au niveau des recettes fiscales, dont je me réjouis, les dépenses à réaliser en vue de favoriser la relance sont susceptibles d’influencer davantage le solde de l’Administration centrale dans les mois qui suivront. Par ailleurs, la deuxième vague de la pandémie à laquelle le pays fait actuellement face accentue les incertitudes liées à l’impact de la crise sur l’économie luxembourgeoise. Ce défi supplémentaire aura sans doute des répercussions sur l’exécution du budget. Alors que la priorité du gouvernement est de combattre la crise sanitaire dans un objectif de garantir, avant tout, la santé des citoyens et de l’économie, il convient toutefois de veiller également à la santé des finances publiques à court et à moyen terme. C’est dans cette optique que le ministère des Finances continuera à surveiller attentivement l’exécution budgétaire. »

Communiqué par: ministère des Finances

Plus de brèves: