Jean Asselborn à la réunion ministérielle du processus d’Aqaba à La Haye

Sur invitation du ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Stef Blok, et en présence de l’initiateur du processus d’Aqaba, le Roi de Jordanie Abdallah II, le ministre des Affaires étrangères et européennes, ministre de l’Immigration et de l’Asile, Jean Asselborn, a participé à la réunion ministérielle du processus d’Aqaba organisée par les Pays-Bas et la Jordanie à La Haye, les 4 et 5 novembre 2018.

Initiative lancée en 2015 par Sa Majesté le Roi de Jordanie, le processus d’Aqaba vise à renforcer la coopération internationale contre l’extrémisme violent et contre le terrorisme, tant au niveau sécuritaire et militaire, qu’en matière d’échange de bonnes pratiques, en favorisant une approche globale de la lutte contre le terrorisme, c’est-à-dire une approche non exclusivement militaire qui tienne aussi compte de la dimension idéologique.

S’inscrivant dans la lignée des précédentes réunions du processus d’Aqaba, consacrées à la situation dans les pays des Balkans occidentaux (mars 2016), de l’Afrique de l’Ouest (décembre 2017), de l’Asie du Sud-Est (avril 2018) et de l’Europe du Sud-Est (juin 2018), les discussions à La Haye ont permis d’évoquer les moyens de contrer la menace de l’extrémisme violent et du terrorisme dans l’espace européen.

Les échanges de vues ont plus particulièrement porté sur le défi posé par le retour des combattants terroristes étrangers dans leurs pays d’origine, notamment en ce qui concerne la lutte contre l’impunité et la réinsertion de ces combattants et de leurs familles, ainsi que sur le thème de la prévention, en mettant en avant les causes profondes du terrorisme et le rôle des communautés locales.

«Le Luxembourg est pleinement conscient du fait que le terrorisme reste l’une des principales menaces pour notre sécurité», a d’emblée fait remarquer le ministre Asselborn, en ajoutant que «s’il est important de garantir une base juridique solide et de fournir les outils nécessaires aux autorités nationales compétentes, il convient de veiller à ne pas introduire de mécanismes de surveillance disproportionnés. Nous devons trouver le juste équilibre et préserver nos libertés fondamentales, nos principes et nos valeurs. Nous devons éviter l’avènement d’une société dans laquelle tous les citoyens seraient de facto suspects».

Dans ce contexte, Jean Asselborn a tout particulièrement insisté sur l’importance de «rejeter l’équation simpliste des populistes, qui ont tendance à voir dans chaque réfugié et dans chaque migrant un terroriste potentiel». Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a appelé à «travailler ensemble, notamment aux Nations unies, dans le cadre du Pacte mondial de l’ONU sur les réfugiés et du Pacte mondial de l’ONU pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, afin de mettre en œuvre des solutions multilatérales».

Jean Asselborn a fait état des efforts fournis par le Luxembourg en matière de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme, en particulier en termes de prévention, en prenant en compte les causes profondes du terrorisme. Il a conclu en rappelant qu’ «aucun pays ne peut lutter seul contre l’idéologie terroriste», et en soulignant que «la communauté internationale doit œuvrer de concert dans un esprit de multilatéralisme efficace et fondé sur des principes».


Communiqué par: ministère des Affaires étrangères et européennes

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