La prospérité économique de demain s’écrit dans la compétitivité d’aujourd’hui

19ème au classement mondial de compétitivité du World Economic Forum (WEF), l’économie luxembourgeoise se classe également 19ème sur 140 pays, quant à sa capacité à innover. Le Luxembourg gagne trois places par rapport au classement 2017, selon une nouvelle méthodologie du WEF qui met l’accent sur les déterminants de la productivité d’une économie du XXIe siècle. La capacité à innover est le point fort des économies considérées comme les plus compétitives par le rapport « The Global Competitiveness Report 2018-2019 » (GCR), à savoir les Etats-Unis (1er), Singapour (2ème), l’Allemagne (3ème) ou encore la Suisse (4ème). Actuellement, ces pays savent mieux que les autres associer les qualificatifs ouvert, innovant, agile, inclusif et visionnaire à leur économie. Le Luxembourg pourrait s’en inspirer à l’heure où le pays s’est orienté vers une diversification économique basée principalement sur l’innovation : mise en place d’un écosystème de R&D, développement de l’enseignement supérieur, diversification sur le secteur des TIC et le domaine de l’espace, ou encore, offre de formations digitales. Il ne faut cependant occulter aucun des piliers de la compétitivité, alors que les économies compétitives se montrent plus résilientes lors des crises et sont plus à même de favoriser le bien-être de leur population. Qu’en est-il pour le Luxembourg ? Tous les aspects de la compétitivité ont-ils été pris en compte ?

Le classement du WEF mesure la compétitivité à partir d’indicateurs statistiques publics des Etats participants et des institutions internationales, et des résultats de l’« Executive Opinion Survey », une enquête menée, au Luxembourg, sous l’égide de la Chambre de Commerce, entre février et avril 2018 auprès des décideurs économiques et des dirigeants d’entreprises.

En 2018, et selon la nouvelle méthodologie, le Luxembourg s’inscrit au 19e rang mondial des économies les plus compétitives et se classe 10e au niveau européen. Sur la dernière décennie, l’économie luxembourgeoise a vu son classement stagner, oscillant entre le 19e et le 25e rang. Cette stagnation est une information d’importance, alors que les déterminants de la productivité sur lesquels se fonde ce classement sont les leviers de la croissance qualitative nécessaire au Grand-Duché.

Quelques déterminants de la compétitivité se révèlent être des points forts de l’économie luxembourgeoise, quand d’autres montrent de véritables marges de progression. Aux yeux du WEF, un environnement favorable à la compétitivité s’apprécie notamment par la qualité des institutions et des infrastructures, le degré d’adoption des nouvelles technologies et la stabilité

macroéconomique. Le GCR indique que le Luxembourg est un pays moderne sur le plan des institutions, dont un des grands défis est d’anticiper et adapter ses infrastructures à sa forte croissance démographique et socio-économique.
Les résultats du Luxembourg demeurent insatisfaisants sur l’aspect capital humain, un déterminant crucial de la compétitivité, alors que les indicateurs montrent un investissement important dans ce domaine. Au-delà d’une augmentation des moyens alloués à la santé, l’éducation et la formation continue, la question serait donc de savoir comment utiliser ces moyens plus efficacement pour faire plus avec autant. Petite économie ouverte, le Luxembourg puise aujourd’hui dans le bassin d’emploi de la Grande-Région, de l’Union européenne voire du monde entier pour répondre aux besoins en main d’oeuvre qualifiée. Ainsi, les enjeux de compétences au Luxembourg sont tout autant liés au système d’éducation et de formation continue, qu’à la force d’attraction d’un territoire devenu une (petite) métropole internationale auprès de la main d’oeuvre étrangère.

L’analyse des différents marchés (biens et services, travail, secteur financier) met aussi en avant la forte ouverture du Luxembourg à l’international. Petit marché au niveau national, le Luxembourg profite depuis toujours de sa forte ouverture, favorisée par le multilinguisme, une population multiculturelle, l’importance de ses échanges internationaux, son attractivité pour les investissements en provenance de l’étranger, un positionnement au coeur du marché unique européen et la présence de secteurs de pointe, services financiers en tête. La préservation d’un cadre international et local propice au libre-échange est l’un des grands enjeux du maintien de la compétitivité et de la prospérité de l’économie luxembourgeoise en faveur de toutes ses parties prenantes, ses citoyens en premier lieu.

L’écosystème innovant est sans doute devenu le déterminant le plus important de la productivité à l’heure où beaucoup évoquent une nouvelle révolution industrielle. Si l’écosystème luxembourgeois semble valoriser les innovateurs et favoriser leur coopération au niveau international, il est moins favorable aux entrepreneurs, qui mettent notamment plus de temps qu’ailleurs à créer leur entreprise.

Outil d’orientation des politiques publiques, le GCR pourrait devenir l’une des boussoles de la stratégie économique du Grand-Duché afin d’améliorer la compétitivité d’une économie performante mais qui n’a que peu progressé dans le classement du WEF sur les dix dernières années. Le Luxembourg possède de grands atouts dans cette optique, atouts qu’il faudra faire fructifier. Car ouvert, le Grand-Duché est et peut rester un porte-étendard du libre-échange au niveau international. Visionnaire, il le devient de plus en plus avec un environnement politique et économique qui construit ensemble l’économie luxembourgeoise de demain. Agile, il doit le devenir davantage, avec un Etat qui tire profit de la digitalisation et qui agit en tant que facilitateur pour les entrepreneurs du pays. Inclusif, il l’est de par son modèle social et la forte internationalisation de sa population. Enfin, innovant a été l’un des maitres mots du développement du Grand-Duché sur ces dernières années, les importants efforts déjà accomplis devant être décuplés pour faire du Luxembourg une terre de chercheurs et d’entreprises innovantes. La prospérité économique de demain s’écrit dans la compétitivité d’aujourd’hui.

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