Tout le monde peut participer

Depuis 2012, les communes luxembourgeoises s’engagent pour la planète avec le Pacte Climat. Diekirch l’a signé en 2013. Son bourgmestre, le socialiste Claude Haagen, revient sur les obligations de ce contrat avec l’Etat.
 
Le Pacte Climat a-t-il été une révolution pour Diekirch?
Notre commune a commencé ses premiers travaux énergétiques dans les années 80. Nous avons été une des premières villes du pays à avoir un plan énergétique grâce à notre réseau urbain. Nous avons toujours travaillé sur ce plan là. Il a été établi à la fin des années 90 et nous travaillons régulièrement dessus pour l’adapter et l’améliorer aux besoins des habitants et des entreprises.
 
Quand le Pacte Climat est arrivé en 2012, étiez-vous déjà prêts?
Nous n’étions pas prêts administrativement ni en ce qui concerne toutes les demandes d’amélioration de l’isolation des bâtiments anciens. Mais quand nous avons construit le nouveau complexe scolaire en 2013, nous l’avons fait en suivant les standards énergétiques du Pacte Climat. La commune a toujours travaillé de cette façon car nous avons notre propre réseau d’électricité et nos propres sources d’eau. Nous sommes autonomes sur ce plan. Nous faisons toujours attention à la préservation de ces richesses pour la commune, que ce soit au niveau de l’entretien ou lorsque la population augmente.
 
Quelles ont été les conséquences du Pacte Climat pour la ville?
Nous avons fait une adaptation de tous les bâtiments compte tenu de notre réseau. Nous travaillons avec un bureau de conseil et notre chef des services techniques est responsable du suivi. Toute une équipe s’en occupe. Il faut dire que la protection du climat commence au niveau du tri, dans les poubelles des écoles, jusqu’au niveau de l’informatique municipale. Nous avons un réseau central dématérialisé. Il n’y a plus d’ordinateur mais juste un réseau sur lequel nous travaillons, par exemple.
 
Quelles sont les difficultés qu’une commune peut rencontrer dans la mise en place du Pacte Climat?
Vous avez des bâtiments qui sont difficiles à rénover. Par exemple, pour notre hôtel de ville, nous avons choisi de préserver l’ancien noyau et d’y ajouter une extension plus moderne. Tout dépend du coût de financement. Le plus important aujourd’hui est la fourniture d’énergie. Dans les bureaux, les lampes s’allument et s’éteignent automatiquement, l’eau de pluie est récupérée dans les écoles,… C’est déjà un standard. Mais nous avons encore des bâtiments classés qui sont très contraignants et qui ne peuvent pas avoir une consommation d’énergie passive. Quand nous investissons, c’est toujours avec deux idées en tête: protéger le patrimoine et optimiser la consommation d’énergie. La révolution est surtout technologique. Tous les dix ans, les normes de construction changent.
 
On parle de plus en plus d’économie circulaire. La commune de Diekirch s’inscrit-elle dans cette démarche?
Je crois que ce processus se fait constamment. Nous faisons des adaptations permanentes. Il faut surtout impliquer les salariés de nos services. Si tout le monde y tire un avantage, cela offre une autre synergie.
 
Le Pacte Climat, c’est aussi la mobilité. Comment travailler sur le sujet au niveau communal?
Nous avons le projet Citymov qui permet de partager des automobiles et des vélos électriques. Nous allons constamment agrandir les stations dans les années à venir. Cela fonctionne de plus en plus. Il faut que les utilisateurs oublient leurs vieilles habitudes. Nos transports publics doivent aussi s’adapter au Pacte Climat. Nous étudions les possibilités qu’ils fonctionnent à l’électricité.
 
Quand une commune s’engage pour le climat, ses habitants suivent-ils le mouvement?
Quand vous regardez l’ancien centre-ville de Diekirch, vous avez des maisons qui ont des caves et des chaudières au fioul. Elles ont tout intérêt à passer par le réseau urbain pour économiser de l’espace. Notre cogénération, qui a coûté plus de douze millions d’euros à mettre en place, peut aujourd’hui alimenter toutes les habitations et toutes les administrations de la ville.
 
La part du budget communal consacré au climat et par extension à l’écologie a-t-elle augmenté?
C’est le jeu des vases communicants. Quand vous investissez dans l’isolation des bâtiments, vous faites ensuite des économies en matière d’énergie. Cela ne veut pas dire que cela implique une diminution du budget ordinaire car la population augmente en permanence. Ces deux dernières années, nous avons voté une diminution de la consommation de gaz, en conseil communal. La population peut même acheter des parts dans des sociétés anonymes qui installent des panneaux photovoltaïques sur certains de nos bâtiments administratifs. Tout le monde peut participer, à son niveau, au Pacte Climat.

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