Pour des Terres Vertes

Le Pacte Climat de la ville d’Esch-sur-Alzette a comme objectifs de renforcer sa politique environnementale, de réduire ses émissions à effet de serre et de stimuler son économie et  ses emplois. Retour sur les actions de la commune labélisée à 63%, score le plus élevé des grandes villes du pays.
 
Contraintes et ambitions
L’équipe communale en charge du Pacte Climat se veut réaliste et pragmatique. Une méthodologie qui permet à Esch-sur-Alzette d’être certifiée à 63% (deuxième niveau de certification sur les trois que compte le Pacte Climat). La plus vertueuse des grandes villes du pays ne cache néanmoins pas ses ambitions de parvenir au niveau le plus élevé du label, les 75%.
Objectif ardu lorsqu’on sait que son territoire n’est pas favorable à la production d’énergies renouvelables. Les différentes études montrent en effet que le potentiel éolien est quasi nul et que celui de la biomasse est limité et déjà exploité. Ne reste donc plus que l’énergie solaire photovoltaïque et les panneaux solaires thermiques (hôtel de ville, piscines, hôpital, écoles,…) qui témoignent des efforts déjà accomplis. Sept installations photovoltaïques, en collaboration avec Sudstroum, devraient voir le jour sur les toitures communales d’ici la fin de l’année.
 
Réalisations
Dès la signature du Pacte Climat, la première des missions a été de collecter les données énergétiques des 110 bâtiments publics pour en établir un bilan. La commune sait qui sont ses grands consommateurs et les potentiels de chacun. Elle sait aussi qu’il sera plus difficile d’agir sur les 350 logements sociaux puisque les données des consommations sont privées.
Sur les 36 mesures qui ont été définies dans le «Leitbild» de la Ville, 12 sont aujourd’hui réalisées et 18 autres sont en cours d’exécution. Le nouveau règlement communal entend favoriser les économies d’énergies et l’introduction d’énergies renouvelables pour ses bâtiments communaux et il va plus loin que ce que la loi l’oblige.
Toute nouvelle construction ou rénovation répond aujourd’hui à un cahier des charges précis et contraignant qui tient compte des matériaux utilisés et recyclés par exemple. Les bâtiments neufs et rénovés doivent être équipés d’un système de suivi des consommations et être alimentés, au moins en partie via des énergies renouvelables. L’analyse des températures a permis de repérer et de corriger les gaspillages d’énergie comme le chauffage des locaux le weekend par exemple. Les pompes à chaleur, copaux ou pellets de bois, panneaux solaires et autres augmenteront de 10% la part d’énergie renouvelable pour tous les bâtiments publics. Une ancienne bâtisse ramenée à une classe énergétique triple B, l’école en Forêt bientôt équipée d’une chaudière à copeaux de bois, le nouveau bâtiment de l’école Wobrecken qui sera passif et respectera les critères de l’économie circulaire sont quelques exemples des nombreux projets que compte la commune.
À l’objectif initial de 2% d’économie de consommation par an, la commune affiche déjà 8%. Et si les audits réalisés sur les Bains du Parc ont permis d’épargner 46.000 euros annuels, celui de l’école Nonnewisen ne manquera pas, lui aussi de réduire les dépenses.
 
Penser un avenir meilleur
L’un des projets phares de la ville en 2016 a été la construction d’une serre végétale, presque autonome en énergie où des personnes en insertion sociale viennent se former. Les légumes bios qui y poussent et alimentent les cuisines communales des écoles et des maisons relais. Un espace a même été aménagé pour que les enfants suivent des ateliers didactiques. Écologique, social, durable, pédagogique, ce projet actuellement en extension sur un jardin ouvert a été récompensé du «Climate Star 2016».
Autre tournant, la commune souhaite favoriser la mobilité douce. Cinq stations «VëlOk» ont été réalisées en 2016 et des MBox devraient pousser devant les deux gares ferroviaires. Les études réalisées à Esch montrent que l’utilisation de la petite reine va crescendo et c’est pourquoi la commune va augmenter ses lieux de partage avec les bus et les voitures. Sur les 200 véhicules que compte le parc automobile communal, 9 sont des électriques. L’achat d’une balayeuse électrique a été budgétisé pour l’année 2017 et permettra de ne pas réveiller les riverains au petit matin.
Le Pacte Climat permet aux communes de devenir exemplaires dans le respect de l’environnement et force est de constater que l’ancienne ville industrielle ne déroge pas à ses engagements. Autrefois ville tentaculaire où l’acier et le béton prenaient le pas sur la verdure, la ville d’Esch œuvre dorénavant au respect de la nature. En se promenant dans Belval, au détour des friches industrielles réinvesties, on prend conscience du chemin parcouru; il laisse présager le temps où les Terres Rougies du sang de l’acier retrouveront peut-être, une verdure oubliée.

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