Élection du 45ème président des Etats-Unis
Quelles relations futures entre l’Europe et Trump?
Le 8 novembre a envoyé des vagues de choc à travers l’Europe où le continent a essayé de trouver un positionnement face à un phénomène très peu connu, le président élu, Donald J. Trump. Si on le connaissait surtout de ses gaffes pendant la campagne électorale, il nous incombe maintenant de ne pas seulement essayer de le comprendre, mais aussi de redéfinir une relation entre l’Europe et les «United States of Trump».
Si à première vue Trump semble incarner une politique américaine plus fixée sur soi-même et moins vers le commerce extérieur, démontré par sa volonté d’abandonner les traités TPP et TTIP, ce qui est fêté par beaucoup de citoyens européens, il est désormais un président très dangereux car non-prévisible avec des ambitions globales.
Il est important de ne pas normaliser Trump et il est aussi important de ne pas l’ignorer! C’est alors à l’Europe qu’incombe un rôle joué par les Etats-Unis depuis la deuxième guerre mondiale, et c’est pour cela que le Vieux Continent doit rapidement trouver son positionnement comme pouvoir mondial dans un monde de plus en plus globalisé. Il est important de prendre des positions fortes sans néanmoins détruire le modèle de politique par consensus européen.
Au lieu de regarder vers les Etats-Unis pour savoir dans quelle direction marcher il est maintenant à nouveau aux Européens de défendre des valeurs libérales en face d’une vague de populisme qui a permis à Trump de s’assurer la présidentielle, et comme les Alliés ont sauvé l’Europe d’une dictature nazie, il incombe maintenant aux politiciens européens de ne pas commettre les mêmes fautes que pendant les années trente.
Sven Clement, du Parti Pirate
Le peuple contre les élites ?
C’est ce qu’on dit généralement. Ce n’est pas forcément ce que révèlent les analyses de l’électorat de Clinton et Trump. Les villes ont voté Clinton dans leur très grande majorité. Le «rust belt» (littéralement: «région rouillée»), donc les régions de l’ancienne industrie en décomposition ont voté majoritairement Clinton. Le sexe et l’âge des électeurs ont peu joué pour départager les deux candidats, malgré les propos sexistes du spéculateur immobilier qu’est Trump.
Par contre, les caractéristiques «ethniques» distinguent nettement les électeurs: pour les non-blancs le rapport est de 78-22 en faveur de Clinton, pour les seuls noirs de 92-8! En général, les plus riches ont voté Trump, les plus pauvres, Clinton. Ce n’est donc pas exactement «le vote du peuple contre les élites».
Alors que de jour en jour, au fil des comptages, l’avance en voix pour Clinton progresse (+ 2 millions en faveur de Clinton) il faut se poser la question de ce qui motive à voter pour un réactionnaire, un raciste, sexiste et homophobe, un milliardaire d’élite ne payant pas d’impôts. Parce que nous vivons un retour d’opinion profond vers la droite dans l’ensemble du monde occidental doublé d’une division profonde de l’ensemble de la société. Les développements similaires dans de nombreux pays européens sont là pour le prouver.
Faut-il désespérer? Loin de là. Après-tout, Bernie Sanders, se disant socialiste, avait fait bouger les foules et les jeunes dans la précampagne démocrate.
Communiqué par déi Lénk
Une amitié pour le meilleur de l’avenir!
Les relations internationales sont des relations entre nations avant d’être des relations entre gouvernements. Ce sont des relations entre peuples et pays avant d’être des relations entre politiciens et partis. La politique étrangère est un équilibre entre valeurs et intérêts: elle n’est ni le domaine des intérêts particuliers ni des préférences partisanes. Tout cela est tout particulièrement vrai pour la plus importante alliance politique, économique, militaire et populaire du système international: le partenariat stratégique de l’Europe avec l‘Amérique. L’élection de Donald Trump n’y a rien changé.
Nous demeurons tous cependant dans l’expectative, alors que nous ignorons quelles mesures parmi celles annoncées par Donald Trump pendant la campagne présidentielle et qui ont font beaucoup de vagues seront in fine mises en œuvre. Il est vrai qu’avec Hillary Clinton comme présidente, il y aurait moins d’interrogations tant elle se situe dans une certaine continuité avec la politique d’un Barack Obama.
Le CSV reste un parti transatlantique convaincu. Pour lui, les relations avec les Etats-Unis vont au-delà d’un simple partenariat. Ils traduisent une profonde amitié née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Nous espérons qu’il sera de la volonté du nouveau président d’entretenir cette amitié pour le meilleur de l’avenir.
Claude Wiseler
Président du Groupe parlementaire CSV
Préserver les liens privilégiés avec les Etats-Unis
Donald Trump est sorti vainqueur des élections américaines. Le peuple américain, en a décidé ainsi. L’ADR respecte le choix souverain du peuple américain qui a préféré Donald Trump à son adversaire Hillary Clinton.
Les Etats-Unis sont un partenaire privilégié de l’Europe et du Luxembourg, tant pour le commerce que pour la défense commune. Or, l’élection de Donald Trump change la donne. Son attitude face aux traités commerciaux internationaux est pour le moins ambigüe… Sa volonté de résilier le TPP trans-pacifique, pourtant jugé globalement très favorable aux intérêts américains, pourrait signifier une position unilatérale plus égoïste des Etats-Unis dans le commerce international et dans les négociations américano-européennes sur le successeur du TTIP dont le sort paraît scellé.
La politique de défense commune a été, longtemps avant l’arrivée de Donald Trump, la cible d’efforts américains pour mieux répartir les colossales charges financières y liées. Sous cette pression, le Luxembourg a déjà commencé à augmenter son budget militaire. Nul doute les nouvelles exigences américaines, sous l’égide de Donald Trump, notamment en ce qui concerne l’OTAN et ses partenaires occidentaux, seront encore plus sévères.
Pour l’instant les premières déclarations du président élu restent trop floues pour pouvoir prédire avec précision les politiques américaines des quatre prochaines années. Mais l’Europe et le Luxembourg doivent pouvoir préserver les liens privilégiés traditionnels avec les Etats-Unis, malgré quelques remarques aussi intempestives que déplacées de dirigeants européens pendant la campagne électorale américaine.
Communiqué par l’ADR