Débats de fonds

L’ALFI tenait ces 20 et 21 septembre, la 25e édition de son événement phare: la Global Distribution Conference. Les professionnels invités ont pu y échanger leurs idées et points de vue au sein du prestigieux European Convention Center, situé sur le plateau du Kirchberg. Les thématiques abordées lors de ce rassemblement ont touché au Brexit, aux nouveaux modèles de distribution, au futur de l’investissement, à l’évolution des technologies financières, à l’impact de l’intelligence artificielle et à bien d’autres sujets, en présence d’invités prestigieux tel que Pierre Gramegna et Viviane Reding.
 
Numéro un en Europe
Ces deux journées de débats ont été intensives pour l’Association Luxembourgeoise des Fonds d’Investissement, l’organe représentatif national en la matière depuis 1988.
Devant une salle comble, la présidente de l’institution – Denise Voss – a entamé son discours d’accueil en annonçant que l’année 2015 fut un excellent cru pour les fonds luxembourgeois; et que 2016 serait probablement une année stable. Elle a ensuite rappelé que le Grand-Duché reste le centre le plus important à l’égard des fonds d’investissement en Europe, et le second au niveau mondial après les États-Unis. Elle a cependant noté que le Brexit avait introduit une grande dose d’incertitudes dans le milieu: cet ennemi de l’investissement aura indubitablement un impact dans les mois à venir. Selon elle, le Luxembourg et le Royaume-Uni sont, et resteront, des partenaires forts malgré tout.
Après avoir donné des nouvelles de l’ALFI et de ses objectifs, elle a présenté les enjeux de taille à venir pour l’industrie des fonds grand-ducaux: le développement de talents et de ressources humaines qualifiées, l’attractivité du secteur pour les jeunes générations, l’identification des tendances de demain… Dans cette optique, elle a présenté leur nouveau site web www.understandinginvesting.org dont l’objectif est l’éducation financière des consommateurs.
Le Luxembourg offrira des solutions là où les autres ne voient que des problèmes
Pierre Gramegna, ministre des Finances, a pris le relais en louant le succès du modèle financier luxembourgeois, «encore une fois confirmé la semaine passée par le triple A alloué au pays par l’agence de notation financière Standard & Poor’s». Il a affirmé que grâce à sa stabilité, le Luxembourg était bien un “hub” à cet égard en Europe.
Plus tard, après avoir entre autres abordé la thématique du changement climatique, il a lui-aussi insisté sur la collaboration entre le Luxembourg et le Royaume-Uni qui se poursuivra même une fois le Brexit effectif. «Nous ne sommes pas là pour voler leur business aux Anglais. Mais leur industrie aura sans doute besoin d’une plus grande présence sur le continent et le Luxembourg est une option très crédible à cet escient», a-t-il déclaré. «Le bon niveau de vie, la sécurité de la capitale, les salaires hauts, les contributions sociales basses, l’accès au logement qui est tout de même plus large qu’à Londres sont nos outils de promotion à l’international. Face au Brexit, le Luxembourg offrira des solutions là où les autres ne voient que des problèmes», a-t-il souligné.
«Mieux vaut un divorce réussi qu’un mariage raté»
Après un débat plutôt optimiste centré sur les solutions pratiques au Brexit qui a vu discuter Noel Fessey (Schroders), Geoffrey Cook (Brown Brothers Harriman), Jérôme Wigny (Elvinger Hoss Prussen) et Revel Wood (FundRock Management Company); c’est Viviane Reding qui a conclu la première matinée de l’événement par son intervention. Ancienne vice-présidente de la Commission européenne et actuelle membre du Parlement européen, elle a introduit son discours en parlant du succès du Solar Impulse, une réussite auquel personne ne croyait il y a dix ans de cela. «Cet été, il a pourtant bouclé son tour du monde sans carburant. Dans dix ans, le premier vol commercial à électricité solaire sera une réalité. Et cette transition énergétique touchera non seulement le secteur des transports mais tous les domaines».
«Mieux vaut un divorce réussi qu’un mariage raté», a-t-elle commenté sur la thématique du Brexit, abordant la question d’un point de vue plus politique que ses prédécesseurs de tribune. «Le Royaume-Uni ne se verra pas accorder un accès à notre marché s’il ne se soumet pas à nos règles», a-t-elle martelé, se référant entre autres à la libre circulation des personnes entre les territoires. «Etre à moitié membre n’est pas une option». Protections des données, changements dus aux FinTech, disruption digitale: le reste de son exposé était empreint de conscientisation sur l’innovation, indispensable si l’Union européenne désire rester compétitive mondialement. «Nous politiciens, vous businessman: nous devons tous sortir de notre zone de confort et trouver ensemble des réponses aux défis d’avenir», a-t-elle lancé à l’audience en guise en conclusion.
L’ALFI vous donne rendez-vous les 22 et 23 novembre pour son prochain grand rassemblement: l’European Alternative Investment Funds Conference.  Ce rendez-vous annuel destiné aux professionnels des secteurs Private Equity, Hedge Fund et Real Estate présentera les nouveautés et tendances dans cet espace de finance alternative.   SoM