L’Indice de Progrès Social, la base du bonheur
Le monde est confronté à des défis sociaux de plus en plus complexes. Mesurer la croissance économique ne suffit plus pour mesurer le développement d’un pays. La société a également besoin de mettre l’accent sur les besoins humains élémentaires, les bases du bien-être et les opportunités de collaboration entre le secteur public et le secteur privé.
Les difficultés rencontrées ces dernières années mettent en évidence la nécessité de nouvelles mesures du progrès pour prendre en compte la santé, le bien-être et l’avancement des sociétés. Se fonder uniquement sur le PIB d’un pays comme mesure du progrès fournit une image incomplète du développement humain et de la société.
Ce mois-ci a vu le lancement de la troisième édition de l’Indice de Progrès Social (Social Progress Index) par le Social Progress Imperative, une organisation à but non lucratif fondée aux Etats-Unis, dont Deloitte est l’un des partenaires. L’indice offre une vision globale de la qualité de vie des habitants, indépendamment de la richesse, de 133 pays. Conçu pour compléter le PIB mais en offrant une vue plus holistique, l’indice mesure ce qui importe réellement pour les personnes – comme la santé, les infrastructures, les droits civiques – les composantes à la base des sociétés durables. Il met en lumière les succès des différentes politiques menées par les gouvernements et montre que des axes d’amélioration subsistent, quel que soit le pays et le niveau de développement.
Ainsi, la Finlande prend la première place du classement avec un score de 90.09/100, et tandis que le modèle de développement des pays nordiques est une réussite en termes de progrès social avec 5 pays présents parmi les 12 premiers du classement, nous pouvons aussi apprendre du Canada, à la 2e place (89,49), et de l’Australie, 4e (89.13).
En ce qui nous concerne, le Luxembourg ne figure pas encore dans le classement. Cela ne signifie pas que Luxembourg n’est pas pris en compte dans l’étude, ou serait mal classé, bien au contraire, puisque notre pays se classe premier mondial dans 18 des 53 critères pris en compte dans l’étude. Mais du fait de l’absence de la transmission des données nationales au Social Progress Imperative pour uniquement 5 critères, en termes de criminalité, violence politique, alphabétisation et contraception, le Luxembourg est donc absent du classement général. Ainsi, si les données étaient complètes, nous pourrions arriver parmi les premiers pays du classement.
Malgré notre première place en termes de PIB par habitant, il est intéressant de noter que, pour certains indicateurs, notre progrès social ne va pas nécessairement de pair avec notre progrès économique. Ainsi, en termes d’études supérieures, les femmes poursuivent toujours moins d’études que les hommes, le Luxembourg se classant à la 31e place pour ce critère, ou en termes de santé, le taux d’obésité étant très important, faisant de notre pays un des mauvais élèves du classement.
Un moyen d’améliorer la situation est une meilleure analyse et une meilleure collaboration. En effet, le Luxembourg a lancé en 2009 sa réflexion sur le PIBien-être, qui est toujours en cours d’élaboration, et cette dynamique doit être poursuivie et encouragée. Néanmoins, les pouvoirs publics seuls ne peuvent assurer le progrès social. Cet indice peut agir comme une feuille de route pour guider les investissements des décideurs du secteur privé et inspirer des collaborations avec le secteur public.
Le progrès social est à la base de la compétitivité et de la stabilité d’un pays. Les économies ne peuvent prospérer que si les citoyens sont en bonne santé, bien éduqués, ont accès à des infrastructures adéquates et un système judiciaire efficace. C’est pourquoi à travers notre partenariat avec le Social Progress Imperative, nous organisons la communication entre les pouvoirs publics et l’organisme à l’origine de l’Indice de Progrès Social pour obtenir un classement du Luxembourg, et stimuler les investissements du secteur privé pour impacter positivement sur la société.
Tom Pfeiffer
Partner
Deloitte Luxembourg