Sommet humanitaire mondial : une aide impartiale et efficace doit prendre en compte les personnes handicapées
Le Sommet humanitaire mondial qui se tient à Istanbul les 23 et 24 mai prochains est une occasion unique pour que les besoins des millions de personnes handicapées affectées par des crises humanitaires soient mieux pris en compte. Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois et Romain Schneider, ministre luxembourgeois de la Coopération et de l’Action humanitaire ont déjà confirmé leur participation à ce sommet. Une Charte qui engage les ONG, les Etats et les bailleurs de fonds à inclure les personnes handicapées dans leur réponse à l’urgence sera proposée à signature. Handicap International appelle les Etats, les associations humanitaires et les bailleurs de fonds à ne pas manquer ce rendez-vous et à adopter la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’action humanitaire. Une charte nationale sera également élaborée et ouverte à la signature des ONG luxembourgeoises ; des initiatives dont le nombre de signatures déterminera l’impact réel sur les conditions de vie des personnes handicapées faisant face à une crise.
Le Sommet humanitaire mondial, organisé à l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, rassemblera les 23 et 24 mai prochains plusieurs milliers d’acteurs humanitaires (ONG, Etats, bailleurs de fonds, agences des Nations unies…). Pour Handicap International, il s’agit d’une occasion historique de faire entendre la voix des oubliés de l’aide humanitaire, puisque l’une des 15 sessions spéciales organisées pendant le sommet est dédiée à la prise en compte des personnes handicapées dans l’aide humanitaire. Cette session, organisée le 23 mai, est le résultat d’un travail conjoint mené en collaboration avec les organisations de personnes handicapées, avec le soutien d’un petit groupe d’ONG et d’Etats convaincus de l’absolue nécessité de comprendre et de lever les obstacles auxquels sont confrontées les personnes handicapées pour accéder à l’aide.
Cette session sera l’occasion de lancer la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’action humanitaire dont l’élaboration a été coordonnée par Handicap International. Les signataires s’engageront sur 5 principes pour délivrer une aide plus inclusive : non-discrimination et respect de la diversité des personnes handicapées ; participation des personnes handicapées dans la conception des programmes humanitaires ; mise à disposition de services inclusifs ; mise en place de politiques mondiales inclusives ; coopération et coordination entre acteurs humanitaires pour améliorer l’inclusion des personnes handicapées. La Charte est proposée à signature aux Etats, aux ONG, aux financeurs de l’aide humanitaire. Elle est accompagnée d’un plan d’action pour son application.
Les personnes handicapées sont parmi les plus vulnérables lors d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle. On estime qu’environ 20 millions de personnes handicapées font actuellement face à une crise humanitaire. Alors qu’elles sont déjà souvent marginalisées dans leurs communautés d’origine, fuir une zone sinistrée et accéder à l’aide humanitaire peut s’avérer autrement plus difficiles que pour une personne valide. Leurs droits et leurs besoins ne sont souvent mal pris en compte. Selon une enquête, Disability In Humanitarain Context, menée par Handicap International pendant le premier semestre 2015 : Les trois-quarts des personnes handicapées concernées par une crise humanitaire et qui ont été interrogées estiment ne pas avoir eu un accès approprié à une aide de base (eau, nourriture, abri, soins médicaux). La moitié des répondants ont signalé l’absence d’accès à des soins spécifiques (réadaptation et aide à la mobilité).
« La mise en œuvre de cette Charte ainsi que l’élaboration d’une Charte au niveau luxembourgeois constitueront un progrès majeur vers une aide plus impartiale et plus efficace, déclare Martin Lagneau, Directeur Handicap International Luxembourg. Pour la première fois, ONG, Etats, financeurs de l’aide humanitaires s’engagent pour mieux prendre en compte les droits et les besoins des personnes handicapées lors des urgences humanitaires. La façon dont ces personnes peuvent être laissées pour compte dans la réponse d’urgence constitue une injustice : elle est en voie d’être réparée.