ICTLuxembourg ou la part du lion

Depuis son plus jeune âge, il a toujours été fasciné par les technologies. Plus précisément, depuis son premier Commodore PET 2001 qu’il s’amusait à programmer lui-même. Durant ses études, sur les bancs de l’ETH en Suisse, à Stanford aux Etats-Unis ensuite, il a pu observer à quel point l’ICT allait devenir un axe fondamental pour la société. Les 7% du PIB que représente la part de l’ICT luxembourgeois et ses 17.000 emplois lui rappellent un peu l’effervescence californienne de ses années universitaires. Rencontre avec Gérard Hoffmann, président et administrateur délégué de Telindus et Président de l’asbl ICTLuxembourg.
 
Quelles sont, selon vous, les grandes étapes de l’ICT au Luxembourg et quelle est sa structure actuelle?
Il existait des acteurs importants comme Post et RTL mais le tournant a été la création de LuxConnect par l’Etat en 2006. Cet investissement public marque fondamentalement le début d’une nouvelle politique économique dédiée à l’ICT à laquelle Telindus et d’autres investisseurs privés ont contribué.
Ensuite, la crise financière a entrainé une vague de sous-traitances à grande échelle dans le but de réduire les coûts; de cette restructuration, l’ICT en est sorti gagnant.
Aujourd’hui, nous constatons une internationalisation de la clientèle qui entraîne l’internationalisation des activités de sorte que nous suivons nos clients sur les marchés mondiaux.
Le Luxembourg comme hub européen ou mondial est-il déjà une réalité?
Nous avons une clientèle qui s’internationalise et nous accompagnons nos clients de par le monde. La plupart du temps, cela peut se faire à distance depuis nos centres de surveillance mais parfois il faut se rendre sur place. Suisse, Singapour, Angleterre, Italie, cela dépend de l’endroit où se trouvent les clients.
Le Luxembourg est une place ICT internationale et même si nous essayons de croître plus vite que nos concurrents, Amsterdam ou Londres sont aussi des places internationales de poids. Il existe des entreprises au rayonnement mondial au Luxembourg mais la plupart d’entre elles ont un rayonnement régional.
Comment le Luxembourg peut-il se distinguer des places concurrentes et quel est le cadre dynamique mis en place pour attirer les startups et les investisseurs?
Il s’agit de réunir un certain nombre d’éléments afin de créer un environnement favorable. La base, c’est bien évidemment d’avoir les infrastructures nécessaires telles que la connectivité et les data centers mais pas uniquement. Il faut également avoir un cadre juridique et règlementaire adapté. L’efficacité des administrations à délivrer des autorisations est centrale; pour ce qui est du secteur financier par exemple, c’est l’efficacité de la CSSF à délivrer des passeports européens qui va attirer les investisseurs.
Il y a aussi et surtout la disponibilité d’une main-d’œuvre de qualité et quoi qu’on en dise, le Luxembourg arrive encore et toujours à attirer les talents. Même s’il est vrai que le coût est conséquent, il reste néanmoins compétitif par rapport aux pays limitrophes.
Justement, puisque l’ICT requiert de hautes compétences, comment faire pour attirer ces jeunes talents et peut-on espérer voir un jour des talents luxembourgeois émerger?
Il en existe déjà, c’est juste que leur nombre n’est pas suffisant. Notre université produit des diplômés et on a des filières dans les lycées techniques, mais elles ne sont pas suffisamment fortes. La difficulté réside dans l’intérêt qu’ont les jeunes pour les métiers des technologies, ce qui, au-delà du Luxembourg, est un problème européen. Il suffit de comparer l’Europe à l’Asie où dès leur plus jeune âge, les écoliers sont plongés dans les nouvelles technologies mais aussi aux Etats-Unis qui attirent beaucoup de cerveaux internationaux.
L’Université du Luxembourg serait-elle trop académique et pas assez proche du monde entrepreneurial?
Tout dépend des départements, le SnT a par exemple beaucoup de collaborations avec l’industrie.
Quel est selon vous l’avenir de l’ICT pour le pays?
La croissance du secteur est très importante et je suis très optimiste. L’agilité et le dynamisme de Luxembourg profitera au secteur en attirant les investisseurs mondiaux. Il suffit d’un petit morceau du marché mondial pour réaliser nos ambitions dans le domaine. Notre gouvernement accompagne la démarche et il reste à réaliser le travail de promotion. Le secteur privé est très dynamique et les investissements sont importants. Nous vivons une transformation digitale de la société de services et c’est une tendance omniprésente qui profitera au Luxembourg.   JuB

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