L’inspiration durable
Le lancement en début de ce mois de leur propre magazine, « Sustainability », est l’occasion idéale pour mettre en lumière l’IMS et ses activités. La parution traite de sujets liés à la RSE et tend à diffuser les bonnes idées et pratiques au sein du réseau de sa centaine de membres. Rencontre avec Nancy Thomas, directrice.
«Les trois lettes de notre nom, « IMS », désignait auparavant l’ »Institut pour le Mouvement Sociétal ». Toujours dans le même esprit, mais de façon un peu plus moderne, nous avons récemment décidé d’embrasser notre slogan « Inspiring More Sustainability » et d’en faire notre dénomination», explique la directrice Nancy Thomas. Pas de doute, cette ASBL indépendante souhaite prôner le développement durable à travers les entreprises et organisations. Elle rassemble les sociétés qui œuvrent pour instaurer plus de Responsabilité Sociétale des Entreprises – ou RSE – en leurs murs. Elle les accompagne, les assiste et les encadre grâce à son réseau de partage, d’échange et de travail.
«Née en 2007, l’IMS est le résultat de l’initiative de cinq entreprises privées, sur base d’un modèle qui existait déjà ailleurs en Europe», explique-t-elle. «L’idée des fondateurs était de sensibiliser les autres compagnies aux enjeux de la RSE».
Mode d’emploi
L’IMS est un organe très polyvalent. «D’abord, nous apportons aides et connaissances aux entreprises. Nous réfléchissons avec elles à leur stratégie RSE et leur faisons des recommandations. Elles bénéficient d’ailleurs de nos différentes publications thématiques», décrit-elle. Deuxièmement, l’IMS a un rôle de sensibilisation, d’information par le biais de workshops, formations, conférences ou campagnes; «comme la journée nationale de la diversité, qui aura lieu le 12 mai», précise Nacy Thomas. Ensuite, l’organe vise à proposer des solutions concrètes aux sociétés grâce notamment à une boite à outils pratiques ou l’accent est mis sur la mutualisation des moyens. Enfin, l’IMS prône les échanges et partenariats à travers son réseau.
Mais cette ASBL se définit surtout via ses grands projets transversaux.
«2016 va être une année extrêmement chargée pour nous, car elle sera marquée par « The Third Industrial Revolution Strategy », basée sur la pensée de l’économiste Jeremy Rifkin», déclare-t-elle. Cette initiative a pour objectif de rendre pour les générations futures le modèle économique existant plus durable et interconnecté en s’appuyant notamment sur la convergence des TIC, de l’énergie et des transports. C’est un challenge sans précédent que l’IMS met en place avec le ministère de l’Economie et la Chambre de Commerce. Mais il est bien loin d’être le seul…
Part&Act se définit par la rencontre de sociétés et d’associations. Loin de la simple philanthropie, le projet a comme objectif de rendre les entreprises plus actives localement, en donnant non pas de l’argent, mais du temps de travail de leurs collaborateurs. «Par exemple, une agence de communication rénove le site web d’un organisme, ou bien les employés d’une compagnie repeignent les locaux d’une ASBL. En 2014, 104 partenariats sont ainsi nés», commente la directrice. Mécénat de compétences ou volontariat plus classique, ces dons doivent se faire sous forme de troc.
Suivant cette logique, l’IMS n’a pas de bureau. «Nous sommes hébergés chaque année par l’un des membres de l’association. Nous venons d’emménager chez Post. Précédemment nous étions chez ArcelorMittal. Nous sommes une petite équipe de sept salariés et, heureusement, nous n’avons jamais été sans bureau fixe», sourit-elle.
Le principe de l’économie circulaire se reflète surtout au sein du projet Territoire. Son but est de rassembler les acteurs locaux afin de créer des dynamiques, dialogues et partenariats. «A Bourmicht, par exemple, les problèmes de mobilités étaient nombreux», explique-t-elle, «à la suite de concertations des différentes parties prenantes, ont émergé les lignes de bus 26 et 27». La zone du Kirchberg est également le centre d’une telle attention. Au programme: mobilité, mutualisation des déchets, partage de cantines et développement d’applications.
«Pour notre projet Achats Durables, nous avons travaillé durant deux années sur tout ce qui touche à l’alimentaire responsable. Au sein d’un ouvrage, véritable guide pratique, nous avons repris les idées et solutions pour manger plus local, de saison et en produisant moins de déchets», raconte-elle. Cette dynamique porte aujourd’hui sur le thème de la papeterie et de la communication; les différents ateliers aboutiront eux-aussi à une publication, reprenant des sujets tels l’organisation d’un événement durable, la dématérialisation ou le choix de fournisseurs.
Engager diversifié
La Charte de la diversité quant à elle est un projet qui date de 2012 et qui rassemble aujourd’hui 157 signataires, organisations et entreprises confondues. Un accomplissement énorme dont l’IMS peut être fier et que la directrice décrit ainsi: «En Europe, c’est le neuvième texte du genre. Cet engagement peut être – à la différence de nos autres activités – validé par toute entreprise ou organisation qui souhaite dépasser le cadre légal en matière de gestion de la diversité». Elle ajoute: «L’organisme signataire s’analyse. Emploie-t-il des personnes handicapées? La parité entre hommes et femmes est-elle respectée? Quel âge ont ses employés? De quelles nationalités sont-ils? Une fois le diagnostic des pratiques RH posé, un plan d’action est établi en fonction des problèmes rencontrés et du type de business». Le but bien entendu est que la population de l’entreprise soit diversifiée, mais aussi que les individus s’y sentent bien, intégrés avec leur différence.
Le 12 mai prochain, à l’occasion de la deuxième édition de la Journée Nationale de la diversité, l’IMS invitera les organismes qui le souhaitent à une nouvelle session de signatures. L’an passé, l’événement avait mobilisé plus de 70 organisations, soit environ 100.000 collaborateurs: un beau succès que l’équipe espère renouveler cette année.
«Au Luxembourg, les entreprises nous sollicitent tout particulièrement sur le sujet du handicap. Elles n’ont souvent pas ce type de personne au sein de leur personnel et ne savent pas comment recruter. En réaction, en partenariat avec l’ADEM et le ministère de la Famille et de l’Intégration nous avons établi un projet de Café pour l’Emploi où se rencontrent des demandeurs d’emploi avec handicap et des employeurs», raconte-t-elle.
Le souci de tous
Devenir membre n’est pas une charge lourde pour l’entreprise. Lors d’une première réunion, l’IMS dresse avec la société un diagnostic pragmatique de ce qui est à améliorer, changer ou renforcer. «L’important est que ce ne soit pas la volonté d’un seul, mais que tous soit impliqués», commente-elle. Une société membre paie une cotisation annuelle, calculée en fonction du nombre de ses collaborateurs. Elle peut alors bénéficier de tous les services de l’IMS et assister à ses activités, conférences et événements. «Aujourd’hui, nous comptons 102 membres. En considérant également les signataires de la Charte de la Diversité, nous touchons à peu près 20% de la masse salariale du pays».
Nancy Thomas ajoute: «Au sein des membres de l’IMS nous avons de grandes compagnies mais aussi des PME et PPE. Tout le monde est concerné car chacun peut s’impliquer en matière de RSE et y trouver une source d’opportunités». Au-delà de la philosophie durable et du bien-être qui en résulte, implémenter une stratégie RSE est aussi important au niveau de la compétitivité. La directrice conclut: «Les entreprises qui refusent de changer leur modèle économique risquent de rater des opportunités. La façon de faire du business change. Les modèles économiques plus anciens ne sont plus attractifs ni pour les clients, ni pour d’éventuels talents. Il est important de proposer des valeurs à la jeune génération si l’on souhaite engager des profils intéressants». SoM