Dans les méandres du logement luxembourgeois

Selon l’Observatoire de l’Habitat, les ventes de maisons ont augmentées de 5,8% et les appartements de 9,8% en seulement un an. Il faut compter en moyenne, 1.562 euros pour louer un appartement en ville (6.968 euros le m2) et 1.045 euros à Esch-sur-Alzette (4.280 euros le m2). Avec 975.980 euros pour une maison dans la capitale contre 588.984 euros sur les Terres Rouges, les prix sont disparates en fonction des communes. Rencontre avec Marc Hansen, ministre du Logement et ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

 

 

Quelle est la situation du logement au Luxembourg?

 Elle est complexe et inhérente au fait que nous sommes un petit pays à la croissance immobilière limitée. Cependant le Luxembourg reste très attractif; en 2013, notre solde migratoire était de 11.000 personnes, en y ajoutant les naissances nationales, cela donne une augmentation de la population de 13.000 personnes en 2013. C’est l’équivalent de la population d’une ville comme Bettembourg ou Hesperange. Sans oublier que les enfants quittent de plus en plus tôt le domicile familial. Trouver des logements dans ces conditions n’est pas facile et il faut tenir compte des contraintes liées à notre patrimoine mais aussi aux zones naturelles protégées.

Il n’existe pas une cause unique à la complexité de la situation actuelle mais bien une multitude de facteurs.

 

En 2015 le prix d’un logement à Luxembourg a augmenté de + 4.5%, n’est-ce pas là le problème d’une offre toujours trop insuffisante par rapport à la demande?

Il faut bien évidemment augmenter l’offre de logements et de par les promoteurs publics que sont les communes, le Fond du logement ou la SNHPM (Société Nationale des Habitations à Bon Marché) qui sont sous la tutelle du ministère du Logement. Cependant ils ne résoudront pas à eux-seuls la problématique. Les partenariats avec les promoteurs privés sont la clef pour trouver des terrains constructibles.

 

N’y a-t-il pas un risque démocratique dans le fait que les Luxembourgeois soient propriétaires et que l’autre moitié des résidents, les étrangers, soient des locataires?

En comparaison avec la France ou l’Allemagne où la location est plus importante que chez nous, le Luxembourg – de par son histoire – est un pays traditionnellement de propriété. Néanmoins, cela est en train de changer car la population change.

En tant que main publique, nous devons faire en sorte qu’il y ait suffisamment de logements. Et nous multiplions nos efforts dans le secteur locatif qui fait défaut et notamment dans les logements sociaux encore trop peu nombreux.


Vous aviez déclaré que la politique du Fonds du logement serait axée sur le locatif, cependant la construction de maisons entre 440.000 et 480.000 euros à Mondorf-les-Bains, destinées à la vente privée n’est-elle pas contradictoire?

Tout dépend de la situation, s’il y a des projets qui sont vendus aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont été introduits dans la procédure il y a quelques années déjà. La nouvelle mission du Fond du logement est celle qui va de pair avec le projet de loi actuellement en procédure législative. La loi qui n’est pas encore votée permettra d’augmenter le nombre d’habitations, de maisons et d’appartements sur le marché locatif.

Car subventionner – comme dans les années passées – des habitations destinées à la vente pour qu’elles partent à termes des obligations sur le marché privé, ce n’est pas favoriser le parc immobilier de l’Etat. Le secteur de la promotion publique doit œuvrer pour que les habitations qu’il subventionne restent une propriété étatique afin d’en faire profiter le plus grand nombre; d’où le choix du locatif.

 

La recherche connait beaucoup de liens avec le secteur privé, est-ce également le cas entre l’Uni.lu et les entreprises du pays?

Il existe des centres interdisciplinaires comme le SnT (Interdisciplinary Centre For Security, Reliability and Trust) ou le LCSB (Luxembourg Center for Systems Biomedicine) qui ont des implications très profondes dans le secteur privé mais il existe aussi des partenariats dans d’autres domaines comme la finance ou le monde juridique par exemple.

La recherche fondamentale d’une université est intrinsèquement liée à la qualité et l’excellence de l’enseignement qu’elle véhicule. Et la réputation de l’Université de Luxembourg en la matière est déjà assise dans la Grande-Région et au-delà.

Néanmoins, son impact socio-économique doit augmenter et l’Uni.lu doit s’ouvrir davantage au secteur économique mais également et plus largement à la société toute entière. Et je pense que le nouveau recteur va dans ce sens. L’Uni.lu ne doit pas devenir une tour d’ivoire, il faut trouver le juste milieu entre l’ouverture vers la société, vers l’économie et donc vers les entreprises tout en gardant un enseignement académique de qualité.  JuB

 

Photo © SIP

 

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