Itinéraire d’une réussite
Lorsque la famille Lopes quitte le charme des paysages escarpés du Nord portugais pour des prairies plus vertes, le père travaille dans la construction générale avant de se spécialiser dans les chapes. Il passe chef d’équipe, puis technicien et en 2001, à force de travail, le rêve luxembourgeois devenant réalité, il devient chef d’entreprise. Son fils, Philippe Lopes a 30 ans et c’est un enfant du Luxembourg diplômé du Lycée des Arts & Métiers de Mamer. Il a déjà de longues années d’expérience dans la construction puisqu’à ses 12 ans, il suivait son père sur les chantiers, le regardant coucher les mortiers de ciment, de chaux et de terre-argile. Il rejoint l’entreprise familiale à ses 19 ans et depuis un an maintenant, il s’est à son tour lancé dans l’entrepreneuriat en créant Chapes Bâtiments et Plâtres Bâtiments.
Sociétés familiales
Même si Philippe Lopes est le seul dirigeant des deux entreprises, il peut néanmoins profiter des conseils avisés de son père. Créées en juin 2014, les deux entités ont été pensées distinctement dans un but d’efficacité optimale. «La pluralité des activités n’est pas le but recherché», nous dit-il, «nous voulons rester les spécialistes dans ce que nous savons faire». Ainsi, le carrelage, la maçonnerie ou les installations techniques ne figurent pas au catalogue des services. Les ouvriers restent eux-aussi, cantonnés à leur spécialité respective.
Le Fonds du Logement, la Société Nationale des Habitations à Bon Marché, de gros promoteurs comme Wiesen-Piront, C. Jans, Crea Haus, Stugalux et des privés sont quelques-uns des clients qui reconnaissent le savoir-faire de Chapes Bâtiments et Plâtres Bâtiments. La pluralité réside dans le genre de chantiers qui sont réalisés. De la maison unifamiliale aux bâtiments d’entreprises, «on fait de tout», affirme le dirigeant.
Après seulement un an d’exploitation, les deux entreprises comptent un effectif total de 36 ouvriers. Philippe Lopes les connait tous, et pour cause puisqu’il travaille avec eux depuis des années, bien avant qu’il eût créé les entreprises. Il les appelle par leurs prénoms, connait leurs problèmes du quotidien mais aussi et surtout, leur manière de travailler et leurs qualités en tant qu’artisans. «Nos chapistes connaissent leur job et ne s’occupent que de la chape. Et c’est pareil pour nos plâtriers qui tous les jours, ne font que du plâtre». C’est pour cela que le jeune chef d’entreprise a décidé de scinder ces deux activités dans des entreprises bien distinctes.
Deux entreprises et une multitude de services
Il avoue sans gêne que ce rôle de patron est tout nouveau pour lui mais il se fie à son expérience du terrain et aux qualités de ses équipes. Douze hommes sont affectés aux chapes talochées et lissées, sur chauffage par sol, aux sols industriels et rampes striées, aux préchapes et préchapes isolantes et les activités ne manquent pas. Philippe Lopes connait ses hommes mais aussi le travail qu’ils fournissent, c’est le genre de patron qui se déplace sur chantier pour vérifier et contrôler l’avancé des travaux. Et il en va de même pour les ouvrages de plâtrerie où dix équipes de deux hommes s’attachent quotidiennement aux plafonds et faux plafonds, isolations, cloisons et enduits.
En un an d’activités, «nous avons déjà réalisé beaucoup de chantiers. La chape d’une maison unifamiliale est réalisée en un jour». À l’heure de l’interview, trois équipes de chapes sont à Oberkorn, au nord du pays, une à Maulusmühle et l’autre à Reimberg. Les plâtriers eux-aussi sont dispatchés un peu partout sur le territoire.
Luxembourg en perpétuel chantier
«Le travail ne manque pas au Luxembourg», nous explique-t-il, «mais qui dit travail, dit aussi concurrence». Il n’y a qu’une seule possibilité pour se démarquer, c’est «le travail bien fait». Si une chape se coule en une journée, elle est néanmoins un lien à long terme avec le client. À chaque fois qu’il regarde le sol, il doit être content du travail établi. Une bosse, une fissure ou n’importe quel autre défaut peut lui faire regretter son choix d’entrepreneur. Un réseau de clientèle dense et un carnet de commandes rempli demandent un professionnalisme exemplaire. C’est un métier où la partie commerciale se fait aussi par le bouche à oreille; les erreurs se savent, s’ébruitent, s’échangent et collent à l’image d’une entreprise plus fortement encore que les enduits aux plafonds. Surtout dans un petit pays comme le Luxembourg, «cela nous contraint à la qualité et c’est tant mieux».
C’est la stratégie de Philippe Lopes pour se différencier de la concurrence. Être à l’écoute des clients et de leurs besoins, ne pas vendre de service inutile et être à la hauteur du professionnalisme que le client place en l’entreprise: «Chaque client requiert des besoins différents, nous essayons d’y répondre avec le même sérieux et sans rien ajouter de superflu».
D’où l’importance de bénéficier de la marque collective “Made in Luxembourg“. Ce gage de qualité est un label de confiance et l’ambition de Philippe Lopes est de le renouveler tous les 5 ans.