Le syndicat Prosud

C’est à la sortie d’une réunion concernant le plan de mobilité pour les employés communaux que nous avons rencontré Dan Biancalana, bourgemestre de Dudelange et président de Prosud depuis 2014. Le syndicat qui regroupe onze communes de la région sud a été créé en 2003. Si certains continuent de véhiculer une image industrielle de la région, force est de constater qu’avec l’Université, les centres de recherches et les centres culturels, le chemin parcouru est énorme et que les Terres Rouges sont devenues un lieu d’innovations.
 
Vous aviez déclaré que votre stratégie serait au plus près des besoins des communes, pouvez-vous nous dire où en sont les avancées?
 
Je crois qu’il y a dans le travail actuel de Prosud, un volet à court terme, à moyen et à long terme.
Le court terme permet à nos concitoyens de ressentir rapidement l’aboutissement de notre travail. Je prends pour exemple les discussions actuelles sur les E-bike qui requièrent des échanges intercommunaux dans le but de visualiser la carte des villes participantes à ce réseau. Ces échanges permettent d’élaborer une stratégie efficace afin de relier les pistes cyclables intercommunales au réseau national.
Pour ce qui est de la communication et plus particulièrement du “Hot city”, nous travaillons sur une application avec un visuel commun où chaque commune sera libre de choisir le contenu qui lui conviendra. Esch-sur-Alzette est un précurseur mais d’autres sont déjà intéressées. Si ces deux projets ont des impacts directs sur les citoyens, d’autres doivent être pensés sur le long terme.
La nouvelle convention signée avec le ministère du développement durable consolide notre collaboration en nous assurant un financement annuel de 50.000 euros pour les cinq prochaines années. Nous avons défini des lignes directrices sur lesquelles nous travaillerons ensemble et le volet du développement durable dans la région sud pourra être analysé davantage.
Très prochainement, la réunion concernant le Plan d’Aménagement Communal Sud devrait permettre une meilleure harmonisation des différents projets concernant les zones de développement économique et du logement car dès lors qu’on peut les visualiser, les intérêts seront plus justement communiqués au gouvernement.
 
 
Quelles sont justement vos actions concernant la pénurie de logement?
 
Ce sujet important figure au calendrier de Prosud et nous discutons régulièrement des logements sociaux locatifs que les communes gèrent, qu’elles font construire ou que les promoteurs publics font construire. Le sud du pays connait un réel dynamisme en la matière avec des initiatives parfois semblables mais parfois différentes. L’enjeu est alors de les regrouper afin d’avoir une vue d’ensemble car il ne s’agit pas d’inventer sans cesse de nouveaux plans, nous pouvons également nous inspirer des réussites existantes.
Nos objectifs ne sont pas nécessairement chiffrés parce que chaque commune est autonome en la matière mais je rappelle que presque toutes les communes du sud ont signé le pacte logement qui les engage à une croissance de 1,5% sur 10 ans, ce qui donne une certaine ligne de route. Il existe une réelle volonté de l’Etat et des communes de trouver les terrains adéquats afin de mettre en place des projets de constructions.
 
L’Université de Luxembourg vient de s’installer à Belval, quels sont les chantiers qu’il reste à faire?
 
Certaines communes ont déjà mis en place des logements pour les étudiants et nous avons édité une
brochure disponible en ligne pour visualiser les infrastructures sportives et culturelles déjà existantes. Il reste cependant beaucoup à entreprendre sur les infrastructures sportives qui arrivent à un point de saturation. Les demandes des étudiants sont nombreuses et les infrastructures déjà utilisées par les clubs ne sauraient y répondre, c’est pourquoi le gouvernement va construire un nouveau centre sportif sur Belval.
 
 
L’Hétérogénéité de la population luxembourgeoise est une réalité et la région du sud a une réelle tradition en matière d’immigration et d’intégration, est-ce là l’une de vos préoccupations?
 
Oui, Prosud a eu des réunions avec les différentes commissions d’intégration du sud et nous avons constaté que notre région comptait 45% de non luxembourgeois, si le ratio à Dudelange est de 40-60, certaines communes comme Differdange comptent plus de 50% de non luxembourgeois. Derrières la réalité des chiffres se trouve tout l’enjeu de la cohésion sociale et du rôle important de l’éducation et de l’enseignement.
 
 
Le bourgmestre de Kayl a émis de vives critiques à l’encontre de Prosud en déclarant que le syndicat «ne remplissait pas ses fonctions» et que Esch et Dudelange «étaient toujours au centre des débats», comment vous positionnez-vous face à ces déclarations?
 
En tant que président, mon rôle est de faire évoluer la région sud. Le syndicat est un porte-parole de la région pour le gouvernement qui le considère comme un collaborateur important.
L’une des premières actions de la nouvelle équipe a été d’aller à la rencontre de la commune de Kayl et d’écouter les critiques du collège des bourgmestres et échevins. Les critiques émises étaient fondées et elles ont été intégrées dans notre programme de travail. Certes, en fonction des projets qui sont définis, certains concernent davantage Dudelange et Esch mais il s’agit d’une notion de complémentarité ; tous les projets n’ont pas de bénéfices directs pour toutes les communes. Nous avons entrepris une refonte des statuts, des missions et des planifications et je considère ces critiques comme constructives. Après dix ans d’existence, l’autocritique est primordiale et c’est pour cela qu’en novembre prochain, des ateliers de travail sur le plan directeur sud invitera toutes les forces vives de la région et en dehors à prendre part aux débats. Des acteurs communaux, politiques, des employés communaux, des fonctionnaires et des acteurs étatiques comme les ministères, l’Université, la Chambre de Commerce, pourront apporter leur expertise.   JuB

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