L’Imprimerie Centrale labélisée PSF depuis 10 ans

L’histoire de l’imprimerie est étroitement liée au développement de l’humanité et de la culture. Si le passage du rouleau de parchemin au codex, l’utilisation du papier ou encore l’invention de l’imprimerie par Gutenberg constituent les grandes étapes de l’évolution des supports du texte, il est indéniable que la dernière grande révolution a été l’ère du numérique.
Dans ce contexte de diversification de ses activités, l’Imprimerie Centrale est un professionnel du secteur financier depuis 10 ans. Explications de son directeur général, Roland Dernoeden.
 
 
Pourquoi s’être lancé dans le secteur financier?
 
C’est à la demande de l’un de nos clients que nous avons commencé cette activité en 2005. Nous étions alors en relation avec une grande agence d’assurance luxembourgeoise qui avait le projet de revoir en profondeur sa communication clientèle. En travaillant ensemble sur la technicité et la méthodologie, nous avons découvert que nous étions qualifiés dans le secteur des assurances et dans le secteur bancaire. Nous avons alors déposé une demande d’agrément que nous avons reçu. Par ailleurs, cela fait quinze ans maintenant que nous répondons à la norme ISO 9001 relative aux exigences concernant la mise en place de notre système de management de la qualité. C’est une activité qui s’est beaucoup développée notamment dans le domaine des assurances.
 
 
Quel bilan pouvez-vous faire après 10 ans d’activités?
 
Le premier point d’un tel résultat serait que ces sociétés nous sont restées fidèles. Ensuite, nous avons réussi cette diversification d’activités avec brio; en même temps que le secteur PSF s’agrandissait, nous avons pu développer toutes nos activités d’impression, de sorte qu’actuellement nous sommes la plus importante entreprise qui imprime en digital.
Le label PSF est une plus-value commerciale et publicitaire car il est un gage de qualité, de confidentialité et donc de confiance que nombre de nos clients exigent. Je prends pour exemples les institutions européennes, les Nations unies, les banques internationales ou encore la Banque centrale européenne à Francfort pour laquelle nous avons installé l’imprimante au sein même de la banque afin que les documents confidentiels ultra-sensibles y soient directement imprimés. Même si la législation PSF s’arrête aux frontières luxembourgeoises, elle permet d’attirer une clientèle internationale qui va bien au-delà du simple secteur bancaire. Toute entreprise, société ou institution qui a des bases de données clients et qui souhaite les traiter de manière confidentielle peut nous faire confiance puisque nous avons les structures adéquates pour le faire.
 
Justement, l’activité PSF requiert un haut niveau de sécurité, quels sont les investissements technologiques que vous avez dû entreprendre afin de la mettre en place?
 
Nos locaux sont fermés en cas de production et n’y ont accès que ceux qui en ont l’autorisation. Les locaux qui abritent cette activité sont totalement hermétiques puisqu’ils sont au centre de notre immeuble et n’ont aucun accès vers l’extérieur en dehors de l’unique entrée qui requiert des badges spéciaux. Un système de caméras permet de contrôler les entrées et les sorties par nos agents de sécurités et les systèmes de productions sont dédoublés pour qu’en cas de panne nous puissions continuer à produire. Ils sont notamment connectés à un système “no-break” et à un groupe électrogène. Nous sommes ainsi totalement autonomes au niveau énergétique.
 
 
Selon vous qu’est-ce que ce statut peut apporter de plus-value à la place financière luxembourgeoise?
 
Puisque cet outil n’existe nulle part ailleurs, je pense que cela devrait attirer ou du moins retenir les organismes financiers. La communication clientèle est étroitement liée à la confiance que l’on place dans l’organisme qui en est chargé. Dans des sociétés où la divulgation de données sensibles se retrouve à la une des médias, le PSF peut apporter des garanties importantes.
 
 
Un mot sur la politique du gouvernement concernant la stratégie Digital Lëtzebuerg?
 
Le gouvernement actuel se veut très moderne, très innovant et donc très ambitieux. Le côté positif, c’est que cela pousse les entreprises à s’adapter. Pour nous, le passage du papier au digital ne nous a pas posé de réel problème puisque nous l’avions préparé en amont. Le papier est moins utilisé dans l’information éphémère et rapide que jadis, il a laissé la place au digital mais l’impression ne disparaît pas pour autant. Nous pouvons même dire que nous imprimons plus que jamais. L’imprimerie doit simplement s’adapter aux nouvelles technologies et au marché.
L’ambition d’une société numérique qui adopterait le “all digital” ne saurait pour autant se passer du papier. S’opposer à l’évolution technologique serait un non-sens mais il faut savoir y collaborer avec justesse.
 
 
Quels sont vos ambitions à venir?
 
Nous avons très vite reconnu qu’il fallait suivre le marché et notamment dans le digital. Nous constatons néanmoins que le volume d’impression ne cesse d’augmenter. Le papier est donc loin d’être mort, il est même plus vivant que jamais. Nous adaptons et alignons notre entreprise sur les besoins extérieurs et c’est pour cela que nous ne sommes pas uniquement une imprimerie. Les services que nous offrons à nos clients sont très divers; nous travaillons dans la communication, sur le contenu multilingue et sur tout ce qui se passe en amont et en aval de l’impression. Nous souhaitons également rentrer beaucoup plus fortement dans le secteur des emballages et notamment dans le secteur alimentaire avec des produits en carton car c’est un service peu développé au Luxembourg.

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