Bilan letton, à l’ombre de l’Est

La Présidence du Conseil de l’Union européenne, c’est le début pour le Luxembourg et tout le monde en parle. Mais c’est également la fin pour la Lettonie qui passe le flambeau; le moment idéal pour évaluer ce que ce pays a pu -ou non- accomplir quand il avait les rênes en main.
 
La Lettonie, petit pays de 2 millions d’habitants et indépendant depuis 24 ans, est membre de l’Union européenne depuis 2004. Le pays balte a débuté sa toute première Présidence semestrielle au 1er janvier 2015. Petit pays et grosse pression: il a dû former 1140 employés en à peine un an et demi pour l’occasion! Une période de présidence est une possibilité de poser un accent sur certaines politiques. Bien sûr, les missions fixées relèvent surtout d’un plan établi sur plusieurs années, fixé par la Commission européenne. Le programme des six mois de commande par Riga était basé sur trois objectifs: une Europe plus compétitive, plus digitale et plus engagée sur la scène internationale.
Globalement cette période est un succès, la Lettonie a accomplit sa tâche avec rigueur. D’abord, elle a fait avancer les discussions sur le marché unique numérique. Ensuite, les accords concernant le nouveau fonds européen pour les investissements stratégiques ont été signés sous son égide le 28 mai dernier. Le lancement de ce plan était un enjeu essentiel dont dépendait, selon la Première ministre lettone Laimdota Straujuma, «le succès ou l’échec de la présidence».
Cependant, sa position géographique très à l’Est, ainsi que la crainte d’une escalade des tensions avec la Russie ont été un frein sur certains dossiers. La dépendance économique de la Lettonie envers Moscou, notamment au niveau du transit des hydrocarbures, a mis en lumière la volonté européenne d’une plus grande indépendance énergétique sur l’ensemble de son territoire, ainsi que la volonté d’une stratégie énergétique globale. En outre, face à la crise ukrainienne, les 600.000 russophones (soit le tiers de la population lettone) ont également joué en faveur d’une timidité de décision du pays balte.
Le semestre letton a donc été florissant pour sa culture, qui a pu se diffuser partout en Europe, et également très positif en termes d’engagement pour une transition numérique. Mais il n’a pas permis d’avancées réelles sur les dossiers qui touchent de près la Lettonie, car ceux-ci dépendent d’unapaisement entre l’Union européenne et la Russie. Espérons que le Luxembourg aura plus d’indépendance à ce niveau.    SoM

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