Cartographier l’efficacité énergétique des communes
Au sein du groupe CDEC (Conseil pour le développement économique de la construction), l’agence sectorielle luxembourgeoise de l’efficacité énergétique des bâtiments, nommée Cocert, est spécialisée en ingénierie. Elle a également mis en chantier des outils cadastraux au bénéfice des communes, que nous détaille Benoît Martin, ingénieur projet.
«L’efficacité énergétique c’est simplement rationaliser la consommation de l’énergie» explique Benoît Martin, «dans notre secteur, celui de la construction, cela implique de rendre les bâtiments très efficients. Pour cela, nous visons à réduire leurs besoins en énergie aux plus faibles possible. L’efficacité énergétique est recherchée autant au regard de l’enveloppe thermique -la composition des parois, la bonne gestion des apports solaires, l’étanchéité à l’air-, que par rapport aux installations techniques, tels que des équipements adéquats de production de chaleur ou de renouvellement d’air.
L’agence Cocert guide ses clients sur leur projet de construction et rénovation, et définit les critères répondant à cette exigence environnementale. «Le but est de donner à notre clientèle les moyens d’atteindre et de garantir cette performance» décrit Benoît Martin: un véritable enjeu, puisque le milieu de la construction est un gros émetteur de CO2, gaz à effet de serre nocif pour le climat. En effet, 30% de ces émissions au Luxembourg résultent du chauffage des bâtiments et de la mise à disposition d’eau chaude.
Plusieurs prix pour des prestations vertes
«Nous avons reçu le label « Made In Luxembourg » sur l’ensemble de nos services, fin 2014. Nos activités principales sont le conseil et la certification basse énergie et passifs» décrit-il. L’agence Cocert accompagne les différents jalons d’un projet, selon une politique « clé en main en énergie »: des recommandations lors de l’étude du projet, en passant par l’assistance à maîtrise d’ouvrage, aux contrôles de qualités, jusqu’à la certification énergétique finale. «Nous nous occupons notamment de l’élaboration des dossiers de subventions accordées par l’Administration de l’Environnement. La recevabilité de nos dossiers est supérieure à 90%, ce qui équivaut à, depuis notre création en 2009, un peu moins de 4 millions d’euros pour nos clients dans le secteur résidentiel, aussi bien pour une construction neuve, mais également pour le volet rénovation énergétique».
A côté de ces domaines core business, Cocert propose d’autres services innovants: des cadastres énergétiques. Ces outils permettent aux administrations communales d’analyser directement l’efficacité énergétique de leur territoire, et ensuite de communiquer avec leurs citoyens sur les possibilités d’améliorations à mettre en œuvre. «Nous avons développé ces services avec le soutien du ministère de l’Economie, de l’administration du Cadastre et de la Topographie, de Neobuild, ainsi que d’Enovos, notre partenaire pour la commercialisation. Nous proposons une cartographie aérienne, à l’échelle de la commune, qui permet de visualiser l’ensemble du territoire selon trois volets. Pour ces prestations, nous sommes fiers d’avoir reçu le prix « Green Innovation of the Year » en 2014» explique Benoît Martin.
Premièrement, la partie cadastre solaire offre l’évaluation du potentiel solaire des différents pans de toiture d’une unité d’habitation. «En retour, nous pouvons analyser la pertinence d’une installation de panneaux solaires, thermiques ou photovoltaïques. Ce service remporte un franc succès, avec environ 10% du territoire du Luxembourg qui a déjà été couvert» se réjouit l’ingénieur projet.
Il nous explique ensuite que le second cadastre est celui de la thermographie aérienne. Grâce à un survol de la ville ou du village, les points de déperditions de chaleur des différentes toitures sont repérés. «La thermographie permet, dans une première approche, au citoyen de visualiser et d’évaluer l’efficacité énergétique de son bâtiment».
Enfin, le cadastre de l’éclairage public identifie les zones sur ou sous éclairées d’une agglomération. Cocert réunit les données qui en résultent et propose des pistes d’améliorations afin de mettre en place une gestion intelligente de l’éclairage public, en fonction de critères comme la sécurité routière, la sécurité des personnes, la pollution lumineuse, les nuisances aux riverains ou le gaspillage d’énergie. «De nouveau, cette étude est réalisée grâce à un survol en avion, nocturne cette fois» précise-t-il.
Les communes, acteurs privilégiés
A la différence des activités de conseil et certification, plutôt destinées aux entreprises de construction, architectes, promoteurs et particuliers, ces trois volets cadastraux sont un service destiné aux communes. Enorme avantage pour elles: ces prestations rentrent parfaitement dans le cadre du Pacte Climat, mis en place par le ministère du Développement Durable et des Infrastructures. En vigueur depuis 2013, ce programme pousse les administrations communales à veiller à la réduction de leur impact environnemental, ainsi qu’à surveiller leurs dépenses en énergie. Pour ce faire, elles bénéficient d’un soutien technique et financier de l’Etat.
«Nos services répondent à certaines mesures définies par le Pacte Climat» ajoute Benoît Martin, «d’autres produits de cadastre énergétique sont en cours de développement. Pour ce faire, nous développons des synergies avec le très réputé bureau en ingénierie Schroeder & Associés» conclut-il.
Depuis sa création, Cocert a certifié près de 2.000 unités d’habitation, toutes catégories confondues, dont 70% répondant aux critères «basse énergie» et «passif». Avec son équipe d’une dizaine de personnes, l’agence s’occupe d’environ 300 projets par an, allant de la mission ponctuelle, à la réalisation du passeport énergétique d’un bâtiment, en passant par une mission étendue de la conception à la réception définitive de l’ouvrage, « clé en main en énergie ». Cocert a, de plus, certifié les premières résidences passives de Luxembourg, situées au Cents.