Les femmes dans l’IT, et l’IT pour les femmes
Des femmes dans le milieu de la technologie, de l’IT ou du digital, il y en a. Mais ne nous voilons pas la face: cela reste une minorité. Pourtant le Luxembourg a tout intérêt à attirer les femmes vers ces domaines afin de combler le manque d’individus qualifiés sur le marché du travail. Rencontre avec deux fondatrices de Girls in Tech, Marie-Adélaïde Gervis, co-Managing Director, et Annabelle Buffart, IT Manager, pour un petit panorama du sujet et une présentation de leur ASBL.
«Le pays ne peut tout simplement pas se passer de la moitié de la population» explique Annabelle Buffart. «C’est simple: l’IT est la deuxième vie au Grand-Duché. Avant, tout était tourné vers la finance, qui reste un domaine florissant. Mais la technologie, le Big Data, le digital… Tous ces sujets prennent peu à peu de l’importance. Or, il y a beaucoup trop de postes non pourvus dans ces secteurs. Des métiers très spécialisés en développement, en conception technologique, en communication digitale émergent. Les offres d’emplois en ce sens se multiplient. Elles ne peuvent pas rester sans réponse. Attirer les femmes vers la technologie est une solution pour combler le manque d’individus qualifiés sur ce marché du travail très demandeur.»
Les jeunes femmes de Girls in Tech Luxembourg, ou GiT, ont raison. Pour preuve, l’intérêt que tous portent à leur jeune ASBL: «après avoir lancé notre association, nous avons vite réalisé que nous n’étions pas seules. Les femmes se tournaient vers nous évidemment, mais pas seulement. Les hommes étaient aussi intéressés, ainsi que les entreprises. Certaines sociétés sont même carrément venues nous dire: aidez-nous à engager des femmes» ajoute Annabelle. GiT a notamment des partenariats avec des firmes telle que Microsoft ou Amazon, qui les aident à organiser leurs conférences et cours. Au niveau politique ensuite, leur association rentre en parfait écho avec l’initiative Digital Lëtzebuerg du gouvernement de Xavier Bettel. Les ministères de l’Egalité des chances, ainsi que celui des Communications la sponsorisent. «Nous sommes créées alors qu’il n’y avait rien pour pousser les femmes vers la technologie» explique Marie-Adélaïde Gervis. «Nous avons tout de suite comblé un vide. Nous avons agi comme un aimant, rassemblant tous ceux séduits par notre objectif. Nous touchons à un enjeu économique, gouvernemental, mais également d’éducation».
A l’origine, Marie-Adélaïde Gervis participait aux actions de Girls in Tech Paris, une filiale du réseau mondial qui existe depuis 2007. Déçue de ne pas retrouver cette structure lorsqu’elle a emménagé au Luxembourg, elle décide de lancer l’association suite à sa rencontre avec Annabelle Buffart, une développeuse assez isolée en tant que femme dans son métier, et Marina Thiriet, une RH sensibilisée au fait que des centaines de jobs à pourvoir n’attendent que des femmes connaisseuses en IT.
GiT Luxembourg organise donc conférences, workshops et ateliers depuis 19 mois. Le but est de promouvoir les femmes dans l’IT, mais aussi l’IT auprès des femmes. «Nous voulons augmenter la visibilité et la représentativité des femmes au seins de ces domaines. Mais nous désirons également démystifier des mots comme technologie ou IT, qui font souvent peur par méconnaissance» développe Marie-Adélaïde. «Nous avons trois angles d’attaque. D’abord nous aimerions faire tomber les barrières psychologiques. Nous promulguons des modèles de femmes qui ont réussi, auxquelles les jeunes peuvent s’identifier. Cela leur donne la confiance nécessaire pour se lancer dans ce type de carrière. Ensuite le volet networking permet aux femmes qui bossent dans l’IT de se rencontrer. Vu qu’elles sont peu nombreuses, et que lors d’évènements IT classiques elles sont peu représentées, nous organisons des conférences et cours durant lesquelles, à l’inverse, elles sont clairement majoritaires. Attention les hommes sont tout de même bienvenus. Nous ne désirons pas que la présence des femmes en technologie se fasse au détriment de celle des hommes. Dernièrement nous apportons des compétences. Nous trouvons des coachs bénévoles qui acceptent de donner des formations, telles que des cours de code, de machine learning, d’IoT, de web design, de cloud computing, d’entreprenariats, et bien d’autres chose. Le but est de donner une base; de montrer que ces termes qui semblent si mystérieux et complexes, ne sont pas si difficiles à appréhender.
«Notre plus grande fierté est de voir que certaines filles reviennent d’activités en activités» explique Annabelle. «Elles nous disent qu’elles ont moins peur, ou qu’elles sont plus à l’aise grâce à nos actions. Ces retours positifs nous donnent l’envie d’organiser encore plus de choses». Marie-Adélaïde complète: «évidemment, nous devons toute composer avec nos temps pleins respectifs. Mais vu le succès, le nombre d’évènements augmente, c’est sûr».
Vous pourrez rencontrer les GiT Luxembourg aux GR Business Days les 17 et 18 juin. Elles programment également le samedi 27 juin une visite du Hackerspace avec diverses démonstrations et ateliers. En juillet, en collaboration avec Amazon, aura lieu une conférence sur Agile Methods; et en septembre, elles feront la visite du datacenter TLPO – Luxconnect. Pour se tenir au courant de leurs activités, un site web: luxembourg.girlsintech.org. SoM