« Made in Luxembourg » souffle sa trente-et-unième bougie

«Nos produits connaissent du succès à l’étranger car le pays est vu comme politiquement et socialement stable», explique Edith Stein du Service des Affaires Internationales de la Chambre de commerce.
Depuis la mise en place du label, c’est presque 500 entreprises qui se sont vues remettre le certificat officiel mentionnant l’origine de leurs produits et services labélisés. Dans une majorité des cas le logo est apposé sur des biens produits au Luxembourg mais il peut également concerner des prestations de services. En réalité, les activités des entreprises bénéficiant de l’appellation sont très variées allant de l’artisanat agroalimentaire à l’industrie en passant par les agences de communications et les fiduciaires qui offrent leurs services au Luxembourg.
 
 
Mme Stein, vous pourriez peut-être commencer par nous rappeler le contexte dans lequel s’est créé le label.
 
Le label existe depuis maintenant 31 ans et a été créé en 1984 sur l’initiative de la Chambre de commerce, de la Chambre des métiers et avec la section du commerce extérieur du Ministère des affaires étrangères, Paul Emringer était alors secrétaire d’Etat.
L’idée de base était de mettre le tampon « made in » sur les produits exportés vers l’étranger. À l’époque, le Luxembourg faisait beaucoup de missions communes avec la Belgique et voulait se différencier pour montrer à la communauté étrangère qu’il existe des produits purement luxembourgeois.
L’une des premières entreprises à avoir pu bénéficier du label a été l’ARBED. C’était alors un outil pour favoriser l’exportation.
 
 
Quel rôle joue le label aujourd’hui?
 
La Chambre de commerce travaille conjointement avec la Chambre des métiers afin de souligner l’origine des produits labélisées et non leur qualité. Nous avons tenu à uniformiser notre communication autour d’une identité graphique commune et d’un site web entièrement dédié au label.
Tout au début on labélisait 20 entreprises par an ; mais avec l’ouverture de notre plateforme en ligne les démarches à suivre ont été facilitées et les demandes ont augmenté. En effet www.made-in-luxembourg.lu sert d’interface aussi bien aux entreprises qu’aux consommateurs souhaitant s’informer sur le label, les entreprises déjà labélisées ainsi que sur notre règlement. De 2014 à 2015, on a eu 100 octrois qui se sont ajoutés. Les deux chambres ensemble représentent actuellement 500 entreprises labélisées.
 
Les résidents grand-ducaux sont demandeurs de produits du terroir mais qu’en est-il au niveau international ; nos produits connaissent-ils un succès à l’étranger ?
Oui nos produits connaissent du succès à l’étranger car le pays est vu comme politiquement et socialement stable dans lequel la main-d’œuvre est qualifiée, bien formée et polyglotte. Les acquis sociaux comme les conditions de travail ou le salaire minimum relativement élevé comparé à nos voisins permettent alors de consolider le secteur en rendant la production des biens et services plus sûre. La position géographique du Luxembourg est également un atout considérable puisqu’il se situe au centre de l’Europe et aux frontières de trois pays.
 
 
Consommer local semble être une préoccupation européenne, cela s’inscrit plus largement dans le souci d’une meilleure traçabilité des produits au sein d’un monde globalisé. Le label peut-il répondre à cette demande ?
 
Garantir l’origine permet aux entreprises de souligner l’origine de leur savoir-faire et ainsi se distinguer de leurs concurrents mais cela peut également rassurer le consommateur sur la qualité des services et des produits. Dans nos grandes surfaces on retrouve beaucoup de denrées alimentaires sur lesquelles est apposé le label. Car il est vrai que le consommateur luxembourgeois et plus largement européen favorise les produits locaux. Cela répond aussi à une préoccupation écologique et de ce fait, le consommateur va favoriser les productions locales aux importations étrangères. Nous n’avons entrepris aucune étude là-dessus mais la grande distribution nous dit que leurs clients préfèrent favoriser les produits du terroir.  JuB

Lire sur le même sujet: