La mobilité durable en route
La Communauté des Transports fêtera cette année ses dix ans: dix années de promotion de la mobilité alternative couronnées de succès. Les mois à venir seront axés sur le vélo, avec l’installation de mBox partout dans le pays, et le concours « Mam Vëlo op d’Schaff ». Rencontre avec Gilles Dostert, directeur général.
Le Verkéiersverbond, nommé aussi la Communauté des Transports, est une aventure qui a débuté en 2005. Cet établissement public, régi par la tutelle du ministre des transports, a pour but de changer les comportements des usagers de la route. «Nous incitons les personnes à opter pour des modes de déplacement durables, et à moins prendre leur voiture individuelle. Marche à pied, vélo, transport en commun, covoiturage, les solutions sont diverses. Nous voulons juste que les usagers acquièrent le réflexe de ne plus se tourner automatiquement vers la voiture, qui n’est pas toujours le moyen le plus adapté pour se déplacer» explique Gilles Dostert.
Un rôle d’informateur
La mission principale du Verkéiersverbond: l’information. Le site www.mobiliteit.lu est un outil primordial à ce niveau. Il détaille les horaires des transports en commun du Grand-Duché de façon intégrée. «Ainsi un utilisateur qui consulte le site reçoit l’itinéraire optimal de son trajet, conçu à partir des données compilées des divers modes de transports. Le module de recherche fonctionne directement grâce aux adresses: une grande facilité pour les individus qui calculent leur solution de déplacement de porte-à-porte». Cette plateforme en ligne remporte un grand succès puisque le moteur de recherche a été consulté plus de 17 millions de fois au cours de 2014. Deux centrales de mobilités accueillent également les clients, l’une à la gare de Luxembourg, l’autre à la gare de Belval-Université. Ces guichets vendent les titres de transport, mais également renseignent et conseillent ceux qui le souhaitent au sujet de la mobilité durable. «Nous allons ouvrir une autre antenne à Ettelbruck. De cette façon nous couvrirons les grands centres économiques du pays». Une dernière option permet aux usagers d’obtenir des renseignements: un centre d’appel, ouvert de 6 à 21 heures. «Mais ce n’est pas tout» ajoute Gilles Dostert, «nous envoyons également un stand mobile de sensibilisation à travers les entreprises, les écoles, les manifestations et foires, pour faire découvrir l’option des déplacements durables à tous».
Les suggestions et réclamations des navetteurs sont également une préoccupation du Verkéiersverbond, qui les rassemble et les présente ensuite aux opérateurs de transport, afin de toujours faire correspondre l’offre aux besoins des navetteurs.
Les titres de transport disponibles « online «
Le Verkéiersverbond a instauré une cellule ICT en son sein, afin d’utiliser au mieux tout ce que la modernité et la technologie a à offrir. Ces derniers mois notamment, 1.200 bus ont été équipés d’ordinateurs de bord. Ces infrastructures géolocalisent les bus, récoltent des données utiles pour les sociétés de transport, et permettent une meilleure communication entre les divers véhicules en circulation.
Mais la grande nouveauté en télématique est la possibilité de recharger directement sa mKaart en ligne. Cette carte multifonctionnelle, lancée en juin 2014, permet de combiner différents produits sur une seule et unique structure. Ce printemps voit apparaître une nouvelle façon de recharger sa carte: l’achat « online ». «Le lancement du magasin en ligne, mShop, c’est l’accès aux transports en commun du bout des doigts. Via son ordinateur ou sa tablette, le client aura accès aux principaux produits tarifaires. Il achètera son titre de transport par Internet. Puis le lendemain, il le récoltera avec sa carte auprès d’une borne de validation. Le produit acheté sera transféré automatiquement vers sa mKaart. C’est un immense pas en avant, car les usagers auront accès à la vente des titres de transports partout».
La petite reine dans la jungle urbaine
La carte intelligente n’est pas utile seulement pour y mettre ses tickets de trains ou de bus. Elle sert aussi de sésame donnant accès aux parcs à vélos mBox. Un service gratuit, disponible en échange d’une modique caution de 20 euros, et bientôt accessible via le mShop. «Attirer les gens vers la mobilité douce n’est pas aisé. Pourtant la bicyclette est le moyen de transport le plus rapide pour les trajets d’une distance allant jusqu’à 7 kilomètres» développe Gilles Dostert. «Actuellement nous essayons d’améliorer le réseau cyclable. Mais nous nous sommes également posé la délicate question: ‘où garer mon vélo ?’. Une bicyclette a une certaine valeur, et nous voyons de plus en plus de pédélecs, les vélos à petit moteur électrique. Les usagers n’ont pas forcément envie de laisser leur engin sur la voie publique… Nous avons donc préconisé des infrastructures fermées dans lesquelles il est possible de placer de nombreux vélos: des mBox».
Il ajoute: « nous allons installer un réseau de mBox dans tout le pays. Au total onze structures seront en place à la fin de l’année. Deux sont déjà fonctionnelles, à Luxembourg-Ville et Mersch, pour lesquelles nous avons 140 clients. Six autres seront installées au cours du printemps. Elles seront localisées près des gares afin d’attirer les usagers ferroviaires, qui se déplacent en voiture entre leur domicile et la station. Nous espérons que les communes seront également intéressées par le projet. Si elles mettent à disposition l’infrastructure nécessaire, comme une cage ou un garage à vélos, le Verkéiersverbond l’intégrera dans son réseau et fournira le matériel technique d’accès lié à la mKaart».
Pédaler pour gagner
L’installation des mBox n’est pas la seule initiative du Verkéiersverbond pour la promotion des déplacements à vélo. La période estivale sera l’occasion pour l’établissement public d’organiser pour la huitième fois son traditionnel concours « Mam Vëlo op d’Schaff », à traduire par « à vélo au boulot »: un jeu pour motiver les usagers à employer le vélo pour leur trajet quotidien vers leur lieu de travail. «Le principe est le suivant: du 15 mai au 31 juillet, une petite équipe utilise au moins 15 fois la bicyclette pour se rendre à son entreprise. Les étudiants ne sont pas en reste car eux aussi peuvent pédaler pour gagner des prix via l’équivalent scolaire « Mam Vëlo an d’Schoul ». Toute personne qui participe et réussit le challenge a une chance de gagner de magnifiques prix, comme un voyage à Paris ou un pédélec. L’inscription est gratuite et peut se faire sur le site www.mvos.lu» explique Gilles Dostert.
Le succès du concours est réel puisque entre 1.000 et 2.000 participants s’enregistrent chaque année pour pédaler durant l’été. L’entreprise, ou institution, et l’école qui aura incité le plus grand nombre de ses membres à participer au projet se verra recevoir un trophée. La remise des différents prix aura lieu le 18 septembre, pendant le Bicycle Art and Film Festival, au cœur de la Semaine Européenne de la Mobilité. Une nouveauté cette année: les participants sont invités à partager leurs expériences et exploits sur les réseaux sociaux via le hashtag #mvos. Les plus belles photos prises lors du concours et partagées sur la toile seront affichées en une exposition lors de la remise des prix.
Un bilan après 10 ans
«Cette année, nous allons fêter notre dixième anniversaire. Nous organiserons une grande conférence d’anniversaire au mois de septembre, toujours dans le cadre de la Semaine Européenne de la Mobilité. En dix ans, nous sommes passés d’une structure de deux personnes à un établissement public de 35 employés!» Gilles Dostert ajoute: «je suis directeur depuis l’origine du projet en 2005, et je suis très fier de ce que nous avons déjà accompli, et de ce que nous réalisons aujourd’hui. Le tram notamment, qui sera bientôt sur ses rails, est un véritable aboutissement, car nous avons travaillé en étroite collaboration avec la société chargée de sa mise en œuvre». Le Verkéiersverbond a la responsabilité de réfléchir à des solutions de mobilité: c’est un défi quotidien d’une grande importance. En effet, au-delà de la simple réduction des embouteillages, repenser les moyens de transport a également un impact sur le bruit, et les émissions de CO². La qualité de vie et la santé des habitants en dépendent et représentent donc un challenge pour le futur de l’institution.