L’ingénierie logicielle, amenée à devenir un facteur déterminant
«Le premier message important qu’il convient de retenir est l’accroissement du rôle et du besoin en expertise de développement dans l’économie, tout particulièrement au Luxembourg, qui ambitionne de devenir la place IT par excellence en Europe», explique Fabrice Croiseaux, CEO d’InTech, société spécialisée dans l’ingénierie logicielle. Entretien.
M. Croiseaux, les Journées de l’Economie 2015 qui ont eu lieu la semaine dernière ont largement été consacrées à la stratégie numérique déployée par le gouvernement. Que faut-il retenir des interventions des orateurs ?
Pour ma part, le premier message important qu’il convient de retenir, qui nous concerne au premier chef chez InTech, est l’accroissement du rôle et du besoin en expertise de développement dans l’économie, tout particulièrement au Luxembourg, qui ambitionne de devenir la place IT par excellence en Europe.
En effet, l’ingénierie logicielle est amenée à devenir un facteur déterminant car génératrice de la valeur ajoutée qui permettra à toute société telle que la nôtre de se différencier de ses concurrents. Cette démarche va d’ailleurs à l’encontre de tout ce qui se faisait jusqu’à présent, c’est-à-dire d’hyper-rationaliser les systèmes d’informations. Force a été d’ailleurs de constater que développer ses propres outils n’est sur le long terme pas plus cher que de recourir à des systèmes existants.
Pour parvenir à ce résultat, il faut des compétences, c’est le deuxième message de l’event du 24 février à la Chambre de Commerce où tous les experts se sont accordés à dire que les profils hautement qualifiés dans notre domaine d’activité font défaut au Luxembourg.
Quel est le positionnement d’InTech ?
InTech est précisément spécialisée dans l’ingénierie logicielle. Tous nos consultants sont des développeurs qui travaillent tant pour des acteurs grands comptes que pour des acteurs de plus petite taille ou encore des start-up, sans oublier le gouvernement, qui est notre premier client.
Notre mission consiste tout d’abord à comprendre les besoins et pour ce faire le métier du client, afin de lui proposer le système d’information le plus adapté à ses activités. Dans ce cadre, InTech développe des applications mobiles, qui ont le vent en poupe.
Vous évoquez la notion de consultants-développeurs. InTech est-elle également spécialisée dans le conseil informatique ?
Nous ne nous positionnons pas comme cabinet de conseil stratégique en informatique, mais dans le cadre de nos activités, nous sommes inéluctablement amenés à conseiller nos clients sur les choix à faire en matière de technologies et solutions métiers. Les trois questions clés que nous nous posons pour cela avec nos clients sont «Où l’entreprise souhaite-t-elle créer de la valeur?», « Comment en créer davantage en ayant recours aux technologies digitales?», et, enfin, «Quelle autre source de valeur obtenir grâce à l’accès à l’information?».
A titre d’exemple, nous avons récemment conseillé à une société spécialisée en marketing direct de se doter d’une application mobile, ceci afin de stimuler les achats impulsifs des clients potentiels.
Autre exemple, celui des établissements bancaires. Plutôt que de vendre des études marketing, nous avons suggéré à certaines banques de proposer des informations non confidentielles sur leurs clients à tous types de sociétés, à l’instar des supermarchés, par exemple.
Si l’utilisateur a recours à Facebook, par exemple, pour se connecter au système d’information de la banque en autorisant l’accès à ses données Facebook, la banque ou toute autre société dotée de cette fonction n’aura plus besoin de gérer la signalétique client, c’est Facebook qui s’en chargera. C’est ici que nous intervenons pour connecter les systèmes d’informations des sociétés intéressées par cette démarche à Facebook. Autrement dit, notre métier est de travailler sur les systèmes d’information de nos clients afin que ces systèmes puissent profiter de tout ce qu’offre la technologie digitale.
Comment saisir les opportunités ?
Tout d’abord, le mot d’ordre est la rapidité, et c’est là notre force première. Nous sommes capables de déployer très rapidement des solutions logicielles innovantes, ce qui est beaucoup plus difficile au sein des départements informatiques des sociétés, qui doivent attendre les décisions émanant d’autres départements et respecter toute une série de procédures. Or dans notre métier qui évolue très rapidement, la rapidité est le nerf de la guerre.