Un projet moderniste tourné vers le passé
La société de prestations de services d’audit, fiscaux et de conseil KPMG vient de se doter au Luxembourg d’un tout nouveau bâtiment du plus bel effet érigé dans le prestigieux quartier du Kirchberg. Patrick Wies, associé chez KPMG Luxembourg, en charge du projet, nous livre les réflexions qui se cachent derrière la réalisation de ce projet ambitieux. Entretien.
KPMG a inauguré fin janvier son nouveau bâtiment, installé au Kirchberg. Un autre Big Four déménagera prochainement au Kirchberg. Qu’est-ce qui motivent tant de grandes entreprises à migrer vers le Kirchberg, dont l’accès est pourtant déjà très difficile?
Le Kirchberg est un quartier où l’activité financière est omniprésente et où beaucoup de nos clients sont installés, raison première de notre déménagement sur ce site. Par ailleurs, le Kirchberg affiche de grandes ambitions en termes de développement, comme en témoignent toute une série d’initiatives intéressantes à nos yeux prises tant par le ministère du Développement durable et des Infrastructures que par le Fonds Kirchberg, notamment dans le domaine de la mobilité.
En effet, au projet du tram, dont le tracé passe devant notre bâtiment, s’ajoute le projet d’un funiculaire qui reliera le Kirchberg aux CFL via une liaison physique entre la ligne de chemin de fer passant par le Pfaffenthal et le plateau du Kirchberg. Dès lors, non seulement le quartier sera très accessible en transport public, mais, en plus, nombre de nos collaborateurs qui rentrent chez eux en train n’auront même pas à passer par la gare centrale pour monter dans le train. Au final, le Kirchberg devrait même à terme être plus accessible que le centre-ville…
Quelles ont été les spécificités du cahier des charges confié à Giorgetti, l’entreprise générale de construction, pour la réalisation du bâtiment? Comment le bâtiment a-t-il été pensé?
Il nous fallait tout d’abord présenter un projet qui réponde au mieux aux critères listés par le Fonds Kirchberg, entre autres au niveau architectural, l’établissement public exigeant que le bâtiment s’intègre bien dans l’ensemble urbanistique du quartier.
Le bureau d’architecte Hermann Valentiny nous a présenté un projet à caractère exceptionnel et nous avons donc opté pour un projet tourné vers le passé sidérurgique du Luxembourg, que nous estimions fédérateur et susceptible d’avoir les faveurs du Fonds Kirchberg, ce qui s’est avéré être le cas. Ce bâtiment revêtu d’une façade porteuse composée d’acier a quelque chose d’inédit au Grand-Duché ; il constitue un ‘landmark’ et est immédiatement reconnaissable à son design.
Au niveau des matériaux choisis, nous souhaitions que ceux-ci collent avec le concept de l’économie circulaire, qui nous est très cher. Aussi, la façade est entièrement «démontable» et recyclable.
A l’intérieur, nous avons pris parti pour la modernité, la technologie et l’esprit collaboratif, qui se traduit dans la pratique par la réalisation de grands espaces de travail et d’une multitude de zones ludiques et de détente, tout comme par l’accès à l’information rapide et multicanal. Précisons d’ailleurs que plus aucun collaborateur ou associé chez KPMG ne possède désormais son propre bureau !
Il est intéressant pour finir de souligner qu’une telle disposition de l’espace de travail permet d’assurer au maximum la confidentialité des données et également de faire la part belle au «paperless», vers quoi nous tendons.
KPMG mise beaucoup sur le développement durable et l’économie circulaire, vous l’avez dit. A quelles normes énergétiques répond le bâtiment?
Le bâtiment sera certifié BREEAM d’ici quelques mois. Comme vous le savez, cette certification britannique repose sur une méthode d’évaluation du comportement environnemental des bâtiments axée autour de la conception, de la construction mais aussi du fonctionnement du bâtiment.
En cela, la méthode étudie l’intégralité du cycle de vie du bâtiment, de la planification de celui-ci jusqu’à sa remise à neuf, en tenant également compte de critères plus larges tels que l’organisation du bâtiment par rapport aux besoins de mobilité du personnel ou encore de son utilisation par les occupants.
Au niveau des atouts, la réponse est assez simple. Pousser aussi loin les normes de construction d’un bâtiment nous permet en premier lieu de nous doter d’une image green qui s’accorde parfaitement avec notre vision du futur, à savoir, comme évoqué, celle du développement durable et plus particulièrement de l’économie circulaire, concept économique directement lié à cette notion.
En deuxième lieu, un bâtiment à haute qualité environnementale est synonyme d’économies d’énergie tout comme de confort d’utilisation.