Assembleur de compétences

En une décennie, le métier d’informaticien a beaucoup évolué sous nos latitudes. Avec la délocalisation de la programmation dans des pays où la main d’œuvre est peu onéreuse, les fournisseurs IT se sont repositionnés sur le sur-mesure et les services à haute valeur ajoutée à l’utilisateur, ceci afin de répondre à des exigences toujours plus grandes et spécifiques. Interview de Stefan Geier, Managing Director d’infeurope.    
 
Monsieur Geier, pouvez-vous rapidement nous présenter la société infeurope ?
Créée en 1983, infeurope est une société spécialisée dans les services informatiques et fait partie du Groupe Imprimerie Centrale. Depuis ses débuts, infeurope gravite dans le giron des journaux officiels européens, pour lesquels elle a mis en place des systèmes de production adaptés, une activité qui demeure toujours la colonne vertébrale de l’entreprise.
Ainsi, nous concevons, développons et gérons des systèmes d’information et de documentation multilingues et proposons des services de conseil et de support pointus en relation avec les solutions que nous mettons au point. En effet, compte tenu des technologies sophistiquées et de la combinaison avec une expertise métier qui caractérisent ces solutions destinées aux institutions européennes et aux plus grandes organisations internationales, l’assistance utilisateurs au sens large est au centre de nos activités.
Grâce à l’expertise que nous avons pu acquérir dans notre travail avec ces organisations internationales telles que l’ONU ou l’Office Européen des Brevets, nous avons, au fil du temps, pu élargir notre base de clientèle au niveau national et nous orienter vers d’autres métiers tels que la propriété intellectuelle ou la veille réglementaire, par exemple.
Si nous nous sommes focalisés sur la programmation en tant que tel durant un certain nombre d’années, aujourd’hui, notre activité est bien davantage axée sur la consultance en amont et en aval des systèmes d’information que nous mettons au point. En réalité, l’on assiste à une délocalisation de la programmation dans les pays en voie de développement ou low cost pour des raisons évidentes de coût, tandis que les besoins dans les pays occidentaux ont changé.
 
Pouvez-vous préciser ?
Les utilisateurs de systèmes d’information se sentent dépassés par les technologies et considèrent bien souvent qu’ils ne sont pas adaptés à leurs besoins. Cela se reflète dans les demandes de nos clients, qui souhaitent une simplification des programmes et davantage d’accompagnement, d’assistance.
 
Comment cela s’explique-t-il à une époque où l’ergonomie et la fonctionnalité semblent avoir gagné en importance dans les TIC comme ailleurs ?
Les utilisateurs de ces systèmes d’information, lesquels sont des outils très spécialisés de plus en plus sophistiqués destinés à un public averti, ne sont pas suffisamment impliqués dans leur conception. Il y a un réel déficit de communication entre programmeurs et utilisateurs, qui se traduit par un mécontentement, une frustration de ces derniers à une époque dominée par le « change management ». De fait, les TIC se doivent précisément d’être au service de cette gestion du changement. Force est de constater que, bien souvent, l’informatique, au lieu d’engendrer un gain de productivité, génère au contraire une perte de productivité, ce qui est regrettable.
 
Vous évoquez le manque de concertation entre les concepteurs de programmes informatiques et les utilisateurs comme à l’origine de ce désamour entre informaticiens et utilisateurs. Il devrait s’agir là d’une problématique relativement simple à résoudre…
Pour renouer avec l’informatique, il faut que les utilisateurs jouent un rôle actif dans la conception des systèmes d’information et comprennent les tenants et aboutissants de ces outils qu’ils ont à manipuler.
En premier lieu, le client désireux de se doter d’un nouveau système d’information doit communiquer en interne les atouts attendus du projet et chercher le « buy-in » des collaborateurs. Nous pouvons lui apporter les méthodes pour ce faire, car il convient d’exploiter l’expérience existante chez le client. Effectivement, dès lors que les collaborateurs adhèrent au projet, les obstacles sont en général surmontés.
Ensuite, il revient à la société éditrice du système d’information d’analyser avec attention les besoins spécifiés par le client, et de lui livrer non seulement un programme informatique mais également le service qui va avec, ainsi que des actions de formation et d’assistance. Par ailleurs, les programmeurs doivent se mettre dans la peau de l’utilisateur et ne doivent pas hésiter à le solliciter en cas de doute.
 
Qu’en est-il d’infeurope ?
Comme évoqué, notre métier a beaucoup changé en dix ans. Aujourd’hui, infeurope fournit un service résolument centré sur le client, ce qui a conduit la société à revoir son offre et ses processus de travail. Nous sommes de plus en plus sollicités par nos clients pour intervenir sur des systèmes existants. A ce titre, nous leur fournissons des services d’analyse des besoins, d’assistance, de formation, de documentation, de veille continuelle voire même des services de helpline spécialisés. Nous sommes devenus quelques part un «assembleur de compétences». Précisons qu’infeurope emploie 120 personnes aux qualifications très poussées dans plusieurs disciplines. Outre une équipe d’informaticiens doués d’une solide formation universitaire voire doctorale, infeurope compte dans ses rangs une équipe de consultants ayant travaillé dans de multiples branches d’activité. Pour finir, j’aimerais souligner que nous avons noué nombre de partenariats pour les questions plus spécifiques avec des sociétés actives dans le conseil et avec des juristes expérimentés.

Lire sur le même sujet: