Une commune qui se porte bien
Avec un périmètre de construction permettant d’accueillir jusqu’à 12.000 habitants, la commune de Niederanven a encore de la marge pour se développer, mais cette croissance doit se faire de manière progressive et jamais au détriment de la qualité de vie des habitants, comme l’explique son bourgmestre, Raymond Weydert.
Monsieur Weydert, commençons par quelques mots pour décrire la commune que vous dirigez…
Niederanven regroupe, sur sept villages, près de 6.000 habitants de 83 nationalités différentes, dont 47% sont non-luxembourgeois. Sa surface s’étend sur 42 km2 et une grande partie de son territoire est constitué de forêts, parmi lesquelles se trouve, depuis 1989, la zone protégée de 75 hectares de l’Aarnescht, riche en faune et flore, dont jusqu’à 23 sortes d’orchidées différentes. La commune compte trois zones d’activités et inclut une bonne partie de l’aéroport. Une soixantaine d’associations culturelles, sportives et sociales, y sont actives.
Nous avons rassemblé, sur le lieu-dit “Am Sand”, l’école fondamentale, deux halls sportifs, la piscine “Syrdall Schwemm”, un centre de loisirs, l’école de musique avec sa salle de répétition pour la fanfare de Hostert, la caserne des sapeurs-pompiers, le Centre Intégré pour Personnes Agées où habitent 158 personnes et le foyer de jour “Syrdall Heem”, qui vient de fêter son 25e anniversaire en présence du Grand-Duc héritier et de son épouse.
Quel est votre avis sur les plans directeurs sectoriels?
Entre l’aéroport et l’autoroute, nous bénéficions d’une ouverture, non seulement sur le pays mais sur le monde entier.C’est un grand avantage, mais générant tout de même aussi des problèmes de trafic. Nous nous réjouissons des discussions actuelles sur l’idée de réorganiser le territoire de notre pays, mais les plans directeurs sectoriels “paysages” et “logement” sont, à notre avis, trop rigides. Il faudrait accorder beaucoup plus de flexibilité aux communes et ne pas entraver leur autonomie.
Une extension de 27 hectares de la zone d’activité “Parc d’activité Syrdall” est prévue sur notre territoire, soit le double de ce qui existe pour le moment. En conséquence, il sera nécessaire de trouver des solutions en matière de transports publics pour éviter de se noyer dans une circulation trop dense. En plus, l’installation d’un Park & Ride pour 4.000 véhicules prévue à Senningerberg près de l’aéroport aggravera davantage le problème de trafic autour de notre commune.
Ensemble avec les communes voisines Schuttrange, Sandweiler et Contern, qui vont également subir une forte croissance dans un futur proche et le ministre du Développment Durable et des Infrastructures, François Bausch, nous avons organisé une réunion, programmée pour la mi-novembre, afin de discuter de la manière de maîtriser le trafic et d’organiser le transport public dans notre région.
Le pays manque de logements, comme chacun le sait. En tant que commune “chère”, comment palliez-vous ce problème?
L’are de terrain à bâtir coûte jusqu’à 120.000 euros, ce qui n’encourage guère les jeunes à rester dans notre commune. C’est la raison pour laquelle nous avons modifié notre règlement des bâtisses, dans le sens de favoriser la construction de petits collectifs. La commune elle-même a déjà construit onze maisons sociales qui seront louées à de jeunes ménages et nous nous sommes associés avec la SNHBM pour des projets à 13 appartements, 8 maisons jumelées et 19 maisons individuelles d’autre part, destinés à être vendus en priorité à des jeunes originaires de notre commune.
Notre périmètre de construction actuel nous permettant d’accueillir jusqu’à 12.000 habitants, nous n’avons pas besoin de l’élargir, mais nous allons augmenter le nombre de nos habitants par étapes seulement, sans quoi nous manquerions vite de places dans notre école fondamentale. Priorité sera donnée aux localités de Hostert, Niederanven, Oberanven et Senningen où nous sommes en train d’élaborer des lotissements avec des promoteurs privés.
Hormis la création de logements, quels sont vos grands projets en ce moment?
D’abord, nous finalisons notre PAG qui sera présenté début 2015 au conseil communal et au grand public et sera ensuite envoyé au ministère de l’Intérieur pour avis. Les citoyens seront invités à faire leurs remarques, dont nous tiendrons compte pour autant qu’elles soient d’intérêt général.
Nous sommes en train de construire une nouvelle maison-relais qui ouvrira ses portes en septembre 2015 et accueillera 430 enfants, dont une quarantaine en crèche. Cette infrastructure coûte environ 16 millions d’euros. Nous allons également bâtir une nouvelle salle polyvalente à côté de l’administration communale, pour un montant de 7 millions d’euros et l’ancienne école de Hostert est transformée en local spécialement conçu pour les associations locales, tout comme on l’a fait à Ernster.
Nous avons également en tête de réaliser, sur des terrains appartenant à la commune, des logements encadrés que nous louerions à des personnes âgées, souhaitant vivre en appartement et quitter leur domicile devenu trop grand. Ce projet constituerait une alternative au foyer de jour et au CIPA. Nous imaginons aussi regrouper différentes générations sur le même site afin qu’elles puissent se rendre service mutuellement dans un esprit de solidarité. C’est une idée que nous sommes encore en train de développer.
Le Freeport a été inauguré en septembre. De quelle manière avez-vous contribué à la réalisation de ce projet? Et que va-t-il vous apporter?
Notre contribution a été d’accorder notre autorisation à bâtir après plusieurs discussions sur le projet en soi, sur les plans du bâtiment et son implantation à côté du centre de fret sur un terrain qui appartient à l’Etat. L’autorisation a finalement été accordée le 26 octobre 2012 parce que nous considérons que la présence d’un Freeport est un prestige supplémentaire pour notre commune et que cette institution pourra permettre à long terme de créer jusqu’à 100 emplois. Ce que cela nous rapportera en termes d’impôt commercial, il faudra encore attendre une ou deux années avant de le savoir. Par ailleurs nous venons de baptiser la rue aménagée pour relier le rond-point du Cargocenter et le Freeport “Parishaff”, nom de la ferme agricole qui se trouvait jadis à cet endroit. MT
Légende photo: Raymond Weydert, bourgmestre, et Jean Schiltz, échevin