Prof. Dr Markus Ollert, nouveau directeur de département au CRP-Santé

Prof. Dr Markus Ollert, nouveau directeur de département Infection et Immunité (maladies infectieuses et maladies du système immunitaire) au CRP-Santé: quelles visions de la recherche au Luxembourg ?
 Le Centre de Recherche Public de la Santé (CRP-Santé) vient d’accueillir son nouveau directeur du département « Infection et Immunité », le Prof Dr Markus Ollert. Après 18 ans passés dans un département de recherche renommé de l’Université Technique de Munich (TUM), le Prof Dr Ollert a acquis une expérience professionnelle exceptionnelle et de longue date en tant que chercheur, directeur de laboratoire, professeur d’université et médecin en chef. Avec sa personnalité chaleureuse et son enthousiasme, Prof Dr Ollert apportera sans nul doute une bouffée d’air frais dans le département. A un niveau plus élevé, il a pour ambition de conduire le Luxembourg vers un meilleur positionnement et une visibilité internationale confortée dans le domaine de la recherche biomédicale, tout particulièrement dans le développement de thérapies contre les maladies humaines majeures telles que les allergies, les affections auto-immunes et les maladies infectieuses.
 
Le CRP-Santé : un premier choix
Prof Dr Ollert a pris ses fonctions au CRP-Santé au 1er septembre 2014. Quand le poste de directeur du département « Infection et Immunité » lui a été proposé en début d’année, la décision n’était pas simple. En effet, un poste similaire très attrayant l’attendait dans un institut de recherche d’un autre pays. Il était donc amené à choisir entre les deux propositions qui s’offraient presque au même moment. Après mûre réflexion, il a choisi de rejoindre le CRP-Santé : « Quand j’ai visité le centre pour la première fois, j’ai été très impressionné par la très bonne formation et le talent des scientifiques que j’ai rencontrés » explique Prof. Ollert. Cette excellence scientifique, mais également les infrastructures, les opportunités de collaboration dans différents domaines de recherche ainsi que les possibilités d’obtention de financement m’ont convaincues. Le CRP-Santé détient le potentiel afin de devenir un acteur clé dans la recherche biomédicale à un niveau international. J’aimerais m’investir pleinement pour soutenir ce développement. Enfin, point important et non des moindres, j’ai été séduit par le pays, sa capitale et sa population accueillante. Je suis impatient de découvrir les sites naturels et les lieux touristiques à ne pas manquer.»
 
Sa priorité : création d’une identité départementale
Prof Dr Ollert occupe un poste nouvellement créé, qui a comme objectif primaire de réunir les deux unités composant le département, le Laboratoire de Rétrovirologie et le Laboratoire d’Immunogénétique et d’Allergologie, qui jusqu’à présent n’avaient que très peu d’interaction et d’activités de recherche en commun. Avec ses compétences managériales confirmées et son esprit visionnaire, Prof Dr Ollert souhaite implémenter des changements favorisant l’échange entre les laboratoires au niveau scientifique et humain, créant ainsi une véritable identité départementale. Prof Dr Ollert prévoit également d’être directement impliqué dans les activités de recherche au quotidien et de soutenir au plus près le développement de carrière des jeunes chercheurs du département. Une autre priorité sera l’établissement de collaborations nationales et internationales. Une collaboration avec l’Université du Danemark du Sud est déjà engagée.
Le département déménagera dans le « House of Biohealth » près du campus Esch-Belval en début d’année prochaine. Prof Dr Ollert se montre très optimiste : «  Nous serons localisés dans un bâtiment flambant neuf et très spacieux. Ceci nous permettra d’acquérir de nouveaux équipements et de créer des plateformes technologiques. En outre, nous serons davantage en contact avec d’autres départements du CRP-Santé et avec les autres centres de recherche publics. Le seul bémol à cette relocalisation sera l’éloignement géographique de nos partenaires cliniques au Centre Hospitalier de Luxembourg. »
Etant passionné tant par la recherche biomédicale que par le travail hospitalier, Prof Dr Ollert a toujours exercé les deux fonctions simultanément. « Quand j’aurai mis en marche la restructuration du département et défini les priorités de recherche, j’aimerais très vite reprendre mes activités de médecin. Le lien étroit avec les hôpitaux, notamment le Service National d’Immuno-Allergologie au Centre Hospitalier de Luxembourg, et bien sûr avec les patients est très important pour moi. » souligne-t-il.
Prof Dr Ollert aimerait également mettre à profit son expérience dans le transfert de technologie, c’est-à-dire la valorisation des résultats de recherche par une application industrielle. Il détient de nombreux brevets relatifs à des inventions thérapeutiques et a déjà participé à la création d’une petite entreprise de biotechnologie à Hambourg. « Je pourrais tout à fait imaginer d’implanter également une société au Luxembourg, qui prendrait en charge une partie des activités de l’entreprise allemande et donnerait des opportunités de carrière à des chercheurs locaux. »
 
Sa vision: le rayonnement du Luxembourg dans le développement thérapeutique associé aux grandes maladies
Prof Dr Ollert estime que le Luxembourg pourrait véritablement attirer davantage de chercheurs de haut niveau et devenir un site de recherche reconnu internationalement. « Il est cependant essentiel de communiquer les objectifs stratégiques et les activités de recherche non seulement à la communauté scientifique, mais également aux hommes politiques à un niveau national et européen ainsi qu’au grand public. » souligne-t-il.
Prof Dr Ollert détient d’ores et déjà une vision très claire de la direction qui pourrait être prise dans la recherche biomédicale: le pays pourrait se spécialiser dans le développement de nouvelles méthodes de diagnostic et de traitement pour les grandes maladies humaines. « Avec le paysage scientifique actuel, le Luxembourg a le potentiel de devenir un leader dans le domaine de l’immunothérapie, qui est le traitement de maladies par l’utilisation du propre système immunitaire. Pour ceci, l’expertise dans le domaine des allergies, des maladies auto-immunes et des maladies infectieuses devra être renforcée. Ceci sera bénéfique également pour l’avancement de la recherche sur le cancer et les maladies neurodégénératives. Même si toutes ces maladies sévères ont des symptômes très différents, leur origine reste similaire. Les mécanismes qui sont dérégulés à l’intérieur des cellules sont souvent les mêmes. « Si l’on approfondit la compréhension de ces mécanismes, il sera possible de trouver des stratégies afin de les moduler et enfin contrôler les maladies graves auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui. » témoigne Prof Dr Ollert.
 
 

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