Aux avant-POST

Tant l’avènement du cloud que la problématique de la sécurité des données, du Big Data, de l’arrivée du paiement électronique et bientôt de l’archivage électronique… – sans même parler du durcissement de la réglementation – donnent du fil à retordre aux établissements bancaires en pleine cure d’amaigrissement. Face à ce phénomène, un seul mot d’ordre : l’externalisation. Interview de Nico Binsfeld, CEO de POST Telecom PSF.
Vous confiez à LG Magazine dans une récente interview que POST Telecom PSF n’était plus uniquement une structure de vente de téléphones et d’abonnements de téléphonie, mais aussi une société d’implémentation de solutions ICT chez le client, avant tout orientée vers le secteur financier. Quels sont les besoins spécifiques de ce secteur aux activités très diverses ? Quel est le potentiel pour POST Telecom PSF ?
Comme vous le savez, les banques cherchent à optimiser leur chaîne de valeur et à se recentrer sur le cœur de métier. L’IT, qui est un domaine toujours plus complexe, est l’activité par excellence qui fait l’objet d’une externalisation, et cette tendance ne fait que s’accélérer.
L’avènement du cloud, la problématique de la sécurité des données, le Big Data, l’arrivée du paiement électronique, et, sous peu, les nouvelles possibilités de dématérialisation et d’archivage électronique sont autant de nouvelles opportunités à saisir pour des spécialistes que nous sommes, et plus généralement pour tous les PSF de support.
Par ailleurs, la réglementation bancaire croissante, qui implique un grand nombre de processus, ne peut passer que par des grands moyens informatiques nécessitant beaucoup de ressources humaines, que les banques ne possèdent pas.
Aussi, je pense que tous les PSF de support, à commencer par POST Telecom PSF, ont un bel avenir devant eux.
Quelles sont les industries principalement visées (banque privées, fonds d’investissements, assurance, ….) ?
Notre clientèle est avant tout la banque traditionnelle d’une manière générale, les fonds d’investissements et les assurances revêtant des aspects très spécifiques. J’en profite pour dire que nous sommes d’ailleurs fiers d’être les fournisseurs des grandes banques chinoises qui viennent de s’installer au Luxembourg.
Qu’est-ce qui fait la force de POST, et plus précisément de POST Telecom PSF ?
En tant que société historique et leader dans le domaine des télécommunications, toutes les banques font appel aux services de télécommunication de POST, et nombreuses d’entre elles ont également souscrit aux services mobiles.
A cela s’ajoute nos offres informatiques, tant en matière d’infrastructure, de sécurité que de ‘managed security’. L’externalisation de la sécurité informatique est un phénomène grandissant, raison pour laquelle POST est en train de mettre en place un ‘security operation center’, opérationnel dès la fin 2014, qui fournira un service de sécurité informatique 24h/24.
L’avantage d’un opérateur comme POST est la combinaison entre l’opérateur – qui possède une très bonne réputation et un réseau de clients très important – et l’intégrateur avec ses compétences spécifiques émanant de POST Telecom PSF.
Précisons, par ailleurs, qu’outre le statut PSF, POST Telecom PSF est en passe d’être certifié ISO 27001, norme internationale de système de gestion de la sécurité de l’information, laquelle est un véritable gage de qualité.
Quelles sont les tendances ICT dans le monde bancaire au Grand-Duché ?
Les tendances sont nombreuses. Le gouvernement a fait de l’IT son fer de lance, comme en témoigne l’initiative récemment annoncée baptisée «Digital Lëtzebuerg», qui s’inscrira dans la complémentarité de l’activité bancaire. Celle-ci comprend les nouvelles opportunités que j’énonçais, de même que le volet FINTECH, par exemple, soit les technologies dans la finance, qui nous intéresse particulièrement.
POST participera à tous les chantiers énoncés par le gouvernement, à commencer par le volet FINTECH.
Pour revenir sur POST, quelles solutions proposez-vous concrètement dans ce cadre ? En quoi diffèrent-elles des solutions «génériques» ?
A ce stade, POST propose un cloud traditionnel avec toutes les couches de services souhaitées, de l’ «Infrastructure as a Service» jusqu’au «Software as a Service», en passant par le «Platform as a Service». L’objectif étant de commercialiser sous peu un cloud PSF.
Pour le reste, il s’agit des mêmes solutions, mais le niveau de complexité et de compliance sont plus élevés.
En quoi ce cloud PSF se différenciera-t-il du cloud «traditionnel» ?
Un cloud PSF est soumis à la réglementation de la Commission de Surveillance du Secteur Financier, ce qui implique des contraintes plus importantes en matière de sécurité des données. Aussi, une solution partagée entre plusieurs clients n’est pas autorisée, par exemple. Nous sommes d’ailleurs sur ce point en pourparlers avec la CSSF afin de trouver des solutions de virtualisation et d’encryptage permettant de lever cette restriction tout en garantissant une confidentialité des données à toute épreuve.
Quid des autres pistes explorées par le groupe ?
Au niveau du Big Data, si nous parvenons à développer des applications destinées à utiliser les données existantes dans les banques – mais accessoirement aussi dans d’autres industries, nous pouvons en extraire de la valeur. C’est un de nos grands défis.
Pour ce faire, nous travaillons en étroite collaboration avec l’Université de Luxembourg, plus précisément l’Interdisciplinary Centre for Security, Reliability and Trust (SNT).

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