Témoignage Urgence Philippines – un an après

Peu de temps après le passage du typhon Haiyan en, novembre 2013, les équipes de Handicap International ont rencontré John, 15 ans, atteint d’infirmité motrice cérébrale depuis son enfance. L’association a décidé de lui venir en aide, il a reçu des orthèses aux deux mains. Un an plus tard, nous le retrouvons à l’hôpital. Il nous accueille, souriant, occupé à pianoter sur son téléphone.
John abandonne son téléphone, le temps de quelques exercices, qu’il effectue consciencieusement. « A deux ans, John boitait. On pensait que c’était naturel. Puis on s’est rendu compte qu’il avait un problème de taille. Et surtout, que ses mains ne réagissaient pas. Les médecins nous ont dit qu’il était atteint d’infirmité motrice cérébrale. Il a dû interrompre sa scolarité. Après le passage du typhon Haiyan, nous avons rencontré les équipes de Handicap International. Les kinésithérapeutes nous ont proposé de lui confectionner des orthèses. Un dispositif médical complexe et coûteux, qu’on n’aurait jamais pu payer nous-mêmes. Un cadeau du ciel… », confie Maria Lisma Luangco, sa maman. « Aujourd’hui, il se tient mieux. Ses orthèses corrigent son maintien, l’aident à saisir les objets qui l’entourent et à se servir de ses mains. Il se sent un peu plus indépendant », ajoute-t-elle.
Al Joy Laurian B. Guillera, dite ‘Kookie’, infirmière pour Handicap International, complète : « Suite à la catastrophe du typhon Haiyan, nous sommes venus en aide aux plus vulnérables, spécifiquement identifiés. Nous avons notamment distribué 953 aides à la mobilité, et organisé 1583 séances de réadaptation. Nous avons également suivi 803 personnes dans le cadre de séances psychosociales, afin de les aider à surmonter leurs traumatismes. Notre objectif était de venir en aide à ceux qui en avaient le plus besoin ».
John termine sa séance, il nous montre ses photos sur son téléphone : sa chorale, sa communauté chrétienne, son village.
«  C’est un enfant très joyeux. Il est fort entouré par notre communauté. Il a l’oreille musicale, et il chante très bien ! Et puis, il adore les nouvelles technologies. Il sélectionne des photos, crée des albums. Depuis qu’on habite à Salvacion, petit village touristique perché sur une colline, je rêve d’ouvrir un magasin de souvenirs, et d’y vendre des cartes postales, imprimées par mon fils. On ferait une belle équipe !, ajoute-t-elle, les yeux pétillants.
Retour sur la catastrophe :
Le typhon Haiyan, qui a frappé les Philippines le 8 novembre 2013, a été le plus puissant jamais enregistré. Les dégâts sont considérables. Sur une zone d’environ 50 km de part et d’autre de l’œil du typhon, entre 80 % et 100 % des habitations et des infrastructures ont été détruites. Contrairement aux précédentes catastrophes, le typhon Haiyan a également détruit l’ensemble des cultures, et donc les ressources économiques des populations.
Quelques jours après le passage du typhon, Handicap International a déployé une équipe d’urgentistes sur place. Dans le même temps, nos équipes ont utilisé les stocks de contingence de la plateforme humanitaire de Dubaï, afin de proposer une réponse la plus rapide possible. L’association a ainsi pu procéder à des distributions d’abris d’urgence dans la province d’Iloilo et de Samar Oriental. Une plateforme logistique dotée de camions a été installée à Tacloban pour permettre aux municipalités d’accélérer l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations. Enfin, Handicap International a appuyé les structures médicales en proposant des soins de réadaptation et en fournissant du matériel orthopédique.
Aujourd’hui l’association concentre ses efforts sur des projets de post-urgence, qui doivent permettre à la population de reconstruire et de retrouver peu à peu une vie sociale, économique et familiale, stable.
Copyright photo : © Maud Bellon / Handicap International

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