A la découverte d’un nouveau monde
Le Freeport Luxembourg, qui vient de voir le jour, ne fera pas que des heureux dans le monde de la finance ou de la logistique. D’autres opportunités sont à saisir, notamment pour les opérateurs de télécommunication, dépassant largement le seul aspect télécommunication. Interview de Vincent Nicolay, COO de Telecom Luxembourg Private Operator.
Telecom Luxembourg Private Operator est l’unique opérateur à être présent dans le Freeport Luxembourg, un port franc qui a pour objet le stockage d’œuvres d’art avant tout. Qui est à l’origine de la collaboration ?
La collaboration est née d’une réflexion que nous avons eue avec le directeur général du Freeport, David Arendt, en marge du contrat de services télécom que nous avons signé avec le Freeport. Lorsque M. Arendt nous a exposé ce qu’il souhaitait mettre en place dans le port franc, nous avons estimé que celui-ci revêtait un potentiel extraordinaire pour un opérateur tel que TLPO, dépassant largement le seul aspect télécommunication.
En effet, qui dit «art» dit aujourd’hui aussi «œuvres numériques», et dès lors «data centres», afin de pouvoir stocker ces œuvres. Lorsque nous avons soumis cette idée à M. Arendt, celui-ci a estimé qu’il était effectivement très intéressant de construire un data centre dans le Freeport et nous a proposé de participer à l’aventure en tant qu’opérateur, ce à quoi nous avons répondu par la positive.
Nous avons ainsi défini ensemble les besoins en termes de data centre. De notre côté, nous avons finalisé notre offre de services de télécommunication, à savoir tant pour le Freeport que pour ses clients, de même que notre offre de gestion IT de la structure du Freeport.
Y a-t-il, selon vous, réellement de grosses opportunités de business à saisir ?
Dans le monde de l’art, je vous répondrais «oui» sans hésiter, dans la mesure où le Luxembourg est situé à la croisée des chemins en Europe, ce qui en fait un lieu de transit par excellence, à quoi il faut ajouter son caractère multiculturel.
Par ailleurs, au niveau du numérique, en échangeant avec des experts dans le domaine de l’art et des concepteurs de logiciels, nous avons pu identifier des opportunités très intéressantes. Il y a par exemple une carte à jouer pour les concepteurs de logiciels, qui peuvent mettre au point des solutions destinées aux musées, lesquels, pour des raisons d’assurance, souhaiteraient avoir une copie de leurs œuvres. Ces copies pourraient d’ailleurs être hébergées dans le data centre du Freeport. Une autre application dédiée à la vente de tableaux à distance pourrait s’avérer tout aussi intéressante, ce qui nous mène à la problématique de l’authentification, qui constituerait à son tour un créneau supplémentaire. Et pourquoi pas concevoir des solutions capables de «transformer» le Freeport en musée virtuel ?
Quid de Telecom Luxembourg Private Operator ?
Tout l’intérêt pour nous consiste à proposer des solutions à haute valeur ajoutée pour le monde de l’art dans le cadre de notre activité d’opérateur de data centres.
Nous en sommes à nos balbutiements et devrions présenter les premières solutions au début de l’année 2015. A l’heure actuelle, nous travaillons d’ores et déjà avec des providers actifs dans le monde de l’art, notamment dans le domaine de la vidéo, sur un portefeuille de solutions diverses que nous souhaitons déployer le plus loin possible, et nous sommes en pourparlers avec d’autres sociétés qui se montrent elles aussi fortement intéressées par le projet.
Le secteur de l’art est un secteur à part entière bien spécifique. Comment l’appréhendez-vous ? Quelles notions, quelle expertise sont nécessaires pour traiter avec cette nouvelle clientèle, que ce soit vos partenaires commerciaux ou vos clients finaux ?
Mettre en place des solutions spécifiquement dédiées au monde de l’art implique en effet une réelle expertise dans un domaine, qui, comme vous le dites, est très particulier. Nous n’avons pas ce type de profil en interne à l’heure actuelle, et cherchons activement quelqu’un qui dispose de contacts dans le milieu à l’étranger, afin de «vendre» le projet au-delà des frontières luxembourgeoises, de trouver des centres d’intérêts communs.