Une mesure contre-productive?

Entre 250 et 300 expulsions ont lieu chaque année au Luxembourg. Une situation qui pourrait empirer dans les années à venir. En cause, la nouvelle mesure prise par le gouvernement qui prévoit une hausse drastique de la TVA pour les investisseurs immobiliers dès le 1er janvier 2015 (pour les nouvelles acquisitions).
Avec un solde migratoire important (de l’ordre de 10.000 personnes chaque année), l’offre de logements au Luxembourg n’est pas en mesure de satisfaire la demande, avec pour corollaire une augmentation sans fin des prix de l’immobilier. Pire, la frilosité des banques à accorder des prêts immobiliers a pour conséquence inévitable une augmentation de la demande de biens à louer, qui pousse mécaniquement les prix de la location à la hausse.
Ce problème chronique risquerait de se transformer en bombe à retardement pour le gouvernement si rien n’était entrepris. Ainsi, après des années d’attentisme, les élus ont décidé de frapper fort en passant de 3% à 17% ( !) le taux de TVA sur la construction en cas de non occupation personnelle, ceci afin de décourager les investisseurs.
Si l’idée en soi est louable, les effets, eux, pourraient non seulement être contre-productifs mais carrément dévastateurs. Il est effectivement difficile d’imaginer que cette augmentation de la TVA intégralement répercutée sur le prix de vente ne soit pas à son tour répercutée sur le prix du loyer dans un contexte où le marché locatif est sous tension, comme évoqué.
Or comme nous le précisaient encore récemment les responsables du CEPS/INSTEAD, sans surprise, les ménages les plus fragiles sont clairement les locataires.
Carlos Calvo, président de la Chambre des huissiers de justice au Luxembourg, s’est d’ailleurs déjà exprimé sur le sujet, attestant que, selon lui, les expulsions pourraient ce faisant bel et bien augmenter, des expulsions dont le nombre a d’ores et déjà doublé au cours des dix dernières années. PhR

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