Un jeune homme pressé

Dynamique, pimpant, souriant et un brin acerbe avec ses opposants politiques, le jeune bourgmestre de la jolie ville de Mondorf-les-Bains ne boude pas son plaisir lorsqu’il revient sur les événements qui ont véritablement lancé sa carrière politique pour le moins prometteuse. Rencontre.


M. Delles, pouvons-nous rapidement revenir sur vos aspirations en tant que jeune adulte? Rêviez-vous déjà de politique adolescent?
J’ai baigné dans la politique dès le plus jeune âge, mon père ayant été bourgmestre de Mondorf-les-Bains lui-même avant moi. Je puis vous dire que j’ai toujours cherché à faire valoir mon mécontentement et aimé pouvoir faire bouger les choses, et estimé ainsi que la politique était justement le moyen pour y parvenir. Je me souviens qu’adolescents, nous avions demandé à être reçus par Madame Nagel afin d’obtenir une Maison des jeunes. Ce fut mon premier engagement.
Quels ont été vos premiers pas dans le monde professionnel et dans la politique?
J’ai été instituteur de primaire à l’école de Lenningen pendant cinq ans. En politique, tout a commencé en 2011 avec les élections communales lors desquelles j’ai décidé de me présenter à la mairie de Mondorf-les-Bains, ma ville natale, où je suis devenu premier échevin.
Qu’y découvrez-vous? Les missions répondaient-elles à vos attentes?
Il y a un certain nombre de choses liées au fonctionnement de l’administration que j’ai rapidement voulu voir changer. J’ai constaté ô combien les procédures administratives pouvaient être longues, indépendamment de la motivation et du travail des employés communaux. Vous n’avez pas idée du nombre de formalités nécessaires pour changer un panneau de signalisation routière, et ce n’est qu’un exemple. Bon, je ne vais pas vous cacher que je suis quelqu’un de pressé.
Pourquoi avoir adhéré au DP plutôt qu’à un autre parti?
Simplement parce que je suis libéral, plus précisément social-libéral. Autant je peux parfaitement m’identifier à certains principes libéraux, autant j’adhère également aux principes de solidarité qui sont le gage de la cohésion sociale. Or le DP s’inscrit parfaitement sur cette ligne politique.
Votre carrière politique s’est accélérée en 2013, où vous vous voyez à la fois propulsé député à la Chambre et bourgmestre de la ville de Mondorf-les-Bains, avec la nomination de Mme Nagel au poste de ministre du Logement et de la Culture. Comment avez-vous vécu cette ascension fulgurante? Vous y attendiez-vous?
«Mat engem lachenden aen an engem kreischenden aen» (ndlr: littéralement «avec un œil qui rit et un œil qui pleure»), comme on dit en luxembourgeois. C’est dans un restaurant à Mondorf que la section du DP de la circonscription de l’Est du pays a suivi avec ferveur la soirée des législatives. Les résultats des votes de Mondorf ont bouleversé les résultats, et je me suis finalement retrouvé deuxième élu et ainsi vu propulsé à la Chambre des Députés. C’était une surprise sans en être une véritablement, au final. Il en va de même pour la nomination de Mme Nagel à un poste de ministre, amplement mérité.
Quel mandat trouve le plus de grâce à vos yeux, bourgmestre ou député?
Ce sont deux fonctions complètement différentes tout autant intéressantes l’une que l’autre. Le travail de député est beaucoup plus abstrait que celui de bourgmestre. Tandis qu’un bourgmestre est un homme de terrain au contact direct des citoyens, un député, lui, travaille sur des sujets de fond bien ciblés susceptibles de bouger le cours des choses au niveau national.
Dans ce tableau idyllique, y a-t-il des ombres, des aspects que vous n’aimez pas dans vos missions ?
Oui, bien évidemment. Une des grandes frustrations est que quoi que l’on décide, on ne peut jamais satisfaire tout le monde. Au niveau communal, je suis parfois exaspéré d’avoir à composer avec une opposition non constructive, même si d’une manière générale, la collaboration est bonne au sein de notre équipe communale. Certes, c’est le jeu de la politique, mais il faut toujours garder à l’esprit que nous sommes là au services des gens et non pour faire de la politique politicienne.
 
Le DP a gagné en voix aux dernière législatives mais n’est pas pour autant sorti vainqueur des élections. Il en va de même pour le LSAP. Au final, c’est le parti qui a récolté le plus de suffrages, le CSV, qui se voit dans l’opposition. Dès lors, l’actuelle coalition est-elle selon vous véritablement légitime?
C’est le jeu de la démocratie au Luxembourg. Un parti ou une coalition doit avoir 31 sièges au Parlement pour être dans la majorité. Le DP est le parti qui a gagné le plus de sièges comparé aux dernières élections et a donc été plébiscité par le peuple. La question qu’il faudrait se poser est pourquoi aucun parti n’a voulu mener des pourparlers avec le CSV…
Si vous deviez être nommé ministre dans les années à venir, quel est le portefeuille qui vous conviendrait le mieux?
Difficile de répondre à cette question. Je n’en suis qu’à mes débuts en politique et ne me sens pas préparé à endosser pareil habit. La question ne se pose donc pas.
Ce que je puis vous dire, en revanche, c’est qu’il y a des sujets qui m’intéressent plus que d’autres, à l’instar de la jeunesse et de l’éducation, par exemple. PhR

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