Lydie Polfer, la pensée libérale
Intéressée depuis son enfance par la notion «de vivre ensemble tout en étant différents» et animée par des valeurs comme le respect des autres, la pensée libérale, l’ouverture, l’engagement et la responsabilité, Lydie Polfer s’est engagée en politique pour pouvoir mettre en place le cadre d’une société qui applique ces principes. Portrait.
Très jeune, Lydie Polfer envisage de devenir avocate. Pour y parvenir, elle s’oriente dans un premier temps vers des études de droit, passe une maîtrise en la matière à l’université de Grenoble en 1976 et est inscrite au Barreau de Luxembourg depuis 1977.
Même si la politique a bercé son enfance, grâce à un père qui a été bourgmestre de la capitale et lui a transmis «le respect par rapport aux autres, la pensée libérale, l’ouverture et la responsabilité – des valeurs que j’estime et que j’applique encore aujourd’hui», ce n’est donc pas la voie que Lydie Polfer privilégie de prime abord.
Sa formation de juriste lui sera pourtant utile par la suite dans sa carrière politique. «Je m’intéressais -et m’intéresse toujours- à l’organisation de la société et du vivre ensemble de gens qui ont des intérêts et des besoins différents. Ces études m’ont préparée à la politique où ces questions fondamentales se posent», explique-t-elle.
Avant de s’y impliquer pleinement, elle effectue un stage au Parlement européen en tant qu’assistante de Colette Flesch et un autre où elle sera chargée de préparer un dossier sur les lois votées entre 1974 et 1979 pour le Premier Ministre de l’époque, Gaston Thorn.
L’impulsion décisive sera donnée en 1979, quand son parti, le DP, lui propose de participer aux élections nationales ce qui lui semble alors constituer une expérience enrichissante et positive. C’est suite à ces élections qu’elle deviendra, à 26 ans, la plus jeune députée du Grand-Duché et qu’elle ne quittera plus le monde politique ensuite. Réélue au Parlement national à sept reprises (en 1984, 1989, 1994, 1999, 2004, 2009 et 2013), elle sera également, à 29 ans, la plus jeune bourgmestre de l’histoire de la capitale, fonction qu’elle occupera de 1982 à 1999 et qu’elle réintègrera suite à l’accession de Xavier Bettel au poste de Premier ministre. Elle-même sera nommée Vice-Premier ministre et sera en charge de plusieurs portefeuilles ministériels (Affaires étrangères et Commerce extérieur, Fonction publique et réforme administrative) lors du mandat 1999-2004.
Ce qui plait à Lydie Polfer dans la politique est de «participer activement à façonner la ville et le pays, de changer concrètement les choses, toujours dans une optique d’amélioration».
Parmi les nombreux dossiers qui lui tiennent à cœur au niveau local, son premier projet -la structure d’accueil pour personnes âgées Konviktsgaart entamé quelques mois après son entrée en fonction comme bourgmestre en 1982 et inauguré en 1992-, l’a particulièrement marquée, ainsi que la restauration du magnifique bâtiment de la Badanstalt vouée initialement à la démolition pour faire place à un hôtel ou la construction et la mise en œuvre du Musée d’Histoire de la Ville de Luxembourg, entamé en 1985 et inauguré en 1996. Lydie Polfer souligne également le fait que la Ville a été pionnière dans de nombreux domaines, citant l’introduction d’un SAMU ou d’un système de téléalarme, deux projets étendus au niveau national par la suite. Et d’ajouter que «ces projets montrent l’importance de soutenir les bonnes idées qui nous viennent des différents services de la Ville et c’est une joie particulière de les voir ensuite se réaliser. De manière générale, une bonne entente et le respect mutuel entre l’administration et les élus politiques me semblent essentiels pour collaborer de manière efficace et pour réussir. Evidemment, il y a toujours des déceptions aussi. Le plus important, c’est d’apprendre de nos erreurs et d’en tirer du positif pour la suite».
A l’issue des élections législatives et européennes de juin 2004, elle opte pour le mandat européen au sein de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe, en tant que membre de nombreuses commissions. Elle est d’ailleurs titulaire d’un DEA portant sur l’intégration européenne, vers lequel elle s’est orientée après sa maîtrise de droit, convaincue que «l’Europe était, à l’époque, l’endroit par excellence où un pays comme le Luxembourg pouvait trouver un cadre sécuritaire pour se développer et pour connaître une évolution positive».
Pour l’heure, l’objectif de Lydie Polfer est de conserver le caractère exceptionnel de la capitale, qu’elle reste accueillante, conviviale, animée et dynamique. «Mon ambition, c’est de permettre un vivre ensemble harmonieux entre des personnes d’horizons et d’origines différents et de créer une société ouverte où les valeurs de respect, de responsabilité et d’engagement peuvent être vécues: la politique doit créer le cadre pour rendre tout cela possible», souligne-t-elle.
En ce qui concerne ses hobbies, après avoir présidé le club de Basket-Ball Racing Luxembourg pendant vingt ans au cours desquels elle a pu constater combien l’engagement des bénévoles enrichit la vie associative, Lydie Polfer passe aujourd’hui chaque moment de son temps libre avec sa famille et ses amis et, pendant les vacances, apprécie le calme et aime se retirer pour lire un bon livre et se détendre, de préférence au soleil et face à la mer. MT