L’éternel recommencement
Depuis les années ‘90, le tram signe son grand retour dans la plupart des villes européennes qui se veulent vertes et modernes, alors qu’il était progressivement tombé en désuétude au cours de la première moitié du vingtième siècle.
En France, c’est Nantes qui a donné le ton en 1985, suivie quelques années plus tard par Strasbourg dont le tram véhicule chaque jour quelque 300.000 personnes. L’Hexagone enregistre de nombreuses émules depuis.
A Luxembourg, qui n’est pas resté en marge de cette tendance, voilà huit ans qu’on entend parler du tram et le Groupement d’Intérêt Economique Luxtram, chargé de la planification et de la coordination du projet, annonce -ou espère- sa mise en service pour 2017. Après avoir disparu de la circulation en 1964, le tram roulera donc de nouveau. Il couvrira, dans un premier temps, un tronçon de 7,2 kilomètres reliant la gare et Luxexpo. Il pourra transporter 450 voyageurs par double rame et passera toutes les cinq minutes. Le trajet total durera une vingtaine de minutes et sera émaillé de quinze stations.
Ce tram est un outil, développé dans le cadre d’une politique de mobilité durable, qui vise à répondre aux défis environnementaux actuels avec un mode de transport moins polluant et à désengorger la capitale pour améliorer la qualité de vie en son sein.
Ce n’est pas ce qu’en dit le Conseil d’état qui vient de publier son avis après analyse du projet de loi. Les sages n’ont pourtant pas émis d’opposition formelle, mais simplement des réserves quant au fait que cette première ligne suffise à réduire efficacement l’intensité du trafic si elle n’est pas rapidement raccordée au réseau ferroviaire et étendue aux gares périphériques. Argument que notre ministre Déi Gréng du Développement durable et des Infrastructures, François Bausch, balaie d’un revers de main, lui qui a d’ores et déjà accéléré la procédure de prolongement de la ligne au Ban de Gasperich et à l'aéroport.
Autre contradiction pointée par le Conseil d’état: pour construire le futur dépôt et centre de maintenance, il faudra sacrifier 6,5 hectares de forêt classés en zone spéciale de protection de la nature et des ressources naturelles…MT