La qualité pour tous

La Société Nationale des Habitations à Bon Marché, plus connue sous les initiales SNHBM, construit et vend à prix coûtant des maisons et appartements aux ménages les plus modestes et ce, depuis près d’un siècle déjà ; une activité qui a fortement augmenté ces dernières années, comme nous le révèle le directeur de la société, Guy Entringer.

La Société Nationale des Habitations à Bon Marché est une société anonyme, fondée en 1919 et détenue par des actionnaires publics: l’état majoritairement, mais aussi des communes, la BCEE et le fonds de compensation. Avec seulement 170 logements locatifs, elle construit majoritairement pour vendre, avec une faible marge.

Vous travaillez souvent avec les communes. Comment se déroule la collaboration entre vous? Et quel message souhaiteriez-vous leur faire passer?

Nous sommes à la disposition des communes pour développer des projets communs, soit sur leur terrain, soit sur un terrain qui nous appartient. Nous nous occupons de tout: du plan d’aménagement particulier que nous réalisons évidemment avec les services techniques de la commune, à la vente que nous organisons avec un critère de priorité aux habitants de la commune si elle a pris un rôle actif dans le projet, en passant par la conception que nous faisons en interne, et par la construction que nous orchestrons et qui est suivie, pendant toute la durée du chantier, par un coordinateur de la SNHBM. Politiquement, il est intéressant et important de proposer aux jeunes d’une commune des logements financièrement abordables. Mais je pense qu’il est préférable qu’un promoteur public, dont c’est le métier et l’unique mission, se charge de ces projets, plutôt que la commune elle-même dont ce n’est pas le rôle et qui doit pouvoir se concentrer sur ses propres fonctions.

Qu’est-ce qui distingue une habitation ‘à bon marché’ d’une habitation classique?

Notre objectif premier est de proposer des logements de qualité à un prix réduit. Il ne doit donc pas y avoir d’autre différence que le prix! Nous utilisons des matériaux nobles et nous nous attelons à proposer à nos clients des espaces de vie agréables, lumineux et bien agencés. La qualité de nos logements n’est pas moindre par rapport à celle de logements construits par des promoteurs privés, au contraire, elle est parfois meilleure. Nous vendons au prix de revient de la construction sans nous intéresser au prix du marché. Dans tous nos projets actuels, le terrain est donné en emphythéose. Le propriétaire n’achète donc pas le terrain, mais en est locataire pour 99 ans moyennant une redevance annuelle.

Concrètement, quelles sont les démarches à effectuer pour bénéficier d’un logement construit par la SNHBM?

En ce qui concerne les projets que nous développons nous-mêmes, étant donné que la demande est beaucoup plus forte que l’offre, nous avons créé une liste d’attente sur laquelle toute personne intéressée peut s’inscrire. Après un délai qui varie en fonction de l’avancée des chantiers et du nombre de demandes, nous contactons les inscrits pour leur proposer un logement en adéquation avec leurs besoins. Ils sont libres de refuser ou d’accepter notre offre.
Dans le cas de projets organisés en collaboration avec une commune, nous organisons le plus souvent une séance d’information à laquelle sont conviées toutes les personnes présentes sur la liste d’attente. Ce sont uniquement les dossiers complets déposés à partir de cette date qui compteront pour ce projet précis, indépendamment de la durée d’inscription sur la liste d’attente. Priorité sera donnée aux gens qui habitent la ville, dont les parents y habitent ou qui y travaillent depuis un certain temps.

Les acheteurs potentiels doivent-ils répondre à des critères pour être éligibles ou s’engager à respecter certaines conditions?

Oui. Même si chacun peut se porter acquéreur, il faut que 60% des personnes qui habiteront le logement soient bénéficiaires d’aides et de primes au logement, dont l’octroi est déterminé en fonction du niveau de revenus et de la situation familiale. L’ensemble des membres de la famille ou du ménage doit l’occuper pendant une durée de douze ans pour les appartements et dix-neuf ans pour les maisons. En cas de changement de situation -si, par exemple, la famille s’agrandit et que le logement devient trop petit, ou que le couple se sépare ou se trouve dans l’impossibilité de le financer-, les résidents peuvent nous céder le bien. Nous avons un droit de préemption que nous exerçons à chaque fois. Le client ne réalise ni perte, ni bénéfice. La troisième condition à remplir est de ne pas être propriétaire d’un autre logement.

Quels sont les principaux projets qui vous occupent en ce moment?

Nous en avons beaucoup! Ce sont actuellement 280 logements qui sont en construction ou en rénovation. Lorsque j’ai été nommé directeur, il y a cinq ans, ma volonté était de donner une impulsion nouvelle à la SNHBM. La demande de logement étant très élevée ces dernières années, nous avons augmenté nos effectifs de plus de 25% pour pouvoir développer notre potentiel. Nous sommes aujourd’hui en plein essor.
Notre plus grand chantier se trouve au Kirchberg, vis-à-vis du Rehazenter, où nous construisons 124 appartements passifs d’une belle architecture et d’un coût très raisonnable, parmi lesquels 20 seront mis en location dans un souci de mixité entre propriétaires et locataires. J’insiste sur le caractère passif de cet ensemble résidentiel qui sera le plus grand de ce type au Luxembourg. Ce sera une première! Le logement social est donc vraiment à la pointe du progrès.
Notre souci de construire des habitations durables se retrouve également dans un projet-pilote que nous menons à Esch-sur-Alzette où nous rénovons deux immeubles d’appartements locatifs datant des années ’50 pour qu’ils atteignent une classe énergétique A. Nous avons retiré la toiture pour ajouter un étage et augmenter substantiellement la surface habitable. Ce qui est intéressant est que nous installerons quatre systèmes de ventilation différents dans des appartements identiques, afin de réaliser un test en situation réelle en collaboration avec l’Université du Luxembourg qui permettra de déterminer quel est le système le plus performant en matière de qualité de l’air et de consommation énergétique.
La société a aussi décidé de rénover tout son parc locatif. Nous avons déjà achevé les travaux dans neuf bâtiments à Bonnevoie, d’autres sont en cours à Esch-sur-Alzette comme je vous l’ai indiqué et la prochaine étape devrait être Diekirch, mais la ministre de la Culture voudrait classer les bâtiments que nous souhaiterions démolir pour les reconstruire. Le reste suivra dans les mois et années à venir.
Je peux citer encore d’autres projets: 25 maisons au Kirchberg, 28 appartements, des surfaces commerciales et des cabinets médicaux répartis dans deux immeubles à Strassen, deux résidences de 12 appartements chacune à Capellen, 22 maisons et 24 appartements sur la route d’Echternach à Junglinster, ou encore une résidence de 11 appartements destinés à la location à Mamer,.. Une extension du domaine du Kiem au Kirchberg, que la SNHBM a majoritairement construit dans les années ’70, est en cours. Elle comprendra 900 logements, dont la moitié pour la SNHBM et l’autre pour le Fonds du Kirchberg.
 

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