Ni polémique, ni coups bas
Les élections sont bel et bien derrière nous, mais nous n’avons pu nous empêcher de revenir, le temps d’une interview avec Albert Henkel, bourgmestre de la commune de Mersch, sur le déroulement du dernier scrutin communal de la «Ville du centre», dont les résultats remontent à un contexte politique local… un temps assez tourmenté. Entretien.
Les élections communales sont derrière nous. Dans quel climat se sont-elles déroulées à Mersch?
Les élections communales se sont déroulées dans un climat bon enfant, ma foi. Il n’y eut ni polémique ni coups bas à déplorer, comme ce fut d’ailleurs le cas dans le passé récent. On ne pouvait pas en dire autant il y a vingt ans.
Quelles sont les raisons de cet apaisement?
Les gens ont changé. Je crois que nos prédécesseurs têtes de liste étaient plus virulents que nous. Nous, nous nous sommes concentrés sur des sujets concrets, ce que l’électeur apprécie. Les polémiques ne conduisent à rien.
«Wer die schwierige Geburt der Merscher Koalition von vorher kennt, weiß zu schätzen, was sie in den letzten Jahren alles zustande gebracht hat» avez-vous affirmé dans une interview à nos confrères, peu avant les élections. Pouvez-vous préciser ? Comment une équipe composée du DP et du CSV, soit les deux opposants politiques, parviennent-ils à (si bien) travailler ensemble ?
C’est une longue histoire. En 2005, nous sortions d’une coalition DP/Dei Gréng. Nous avions travaillé avec les écologistes pendant six ans (ndlr: de 2002 à 2005) sans aucune fausse note. Nous nous attendions ainsi à ce que la coalition perdure, mais notre parti, le DP, perdit deux sièges en 2005, alors que les Verts en gagnèrent un.
Or, la tête de liste des Verts, Claude Adam, qui vit l’opportunité de devenir député-maire, nous fit savoir qu’il préférait la formation d’une coalition avec le CSV, mais ils ne parvinrent pas à s’entendre. S’ouvraient pour nous deux voies, celle d’une formation avec les Verts ou avec le CSV. Nous avons opté pour la deuxième solution, bien que les deux partis s’étaient querellés pendant des décennies.
Ces vieilles querelles nous ont resoudés, et nous travaillons aujourd’hui en parfaite harmonie.
Vous auriez par ailleurs affirmé avoir mené à bien 80% des projets de la dernière législature avant la fin de cette dernière. Quels sont-ils?
Un des grands projets qui a été mené à bien est la construction du bâtiment central des sapeurs-pompiers.
Un autre a été le réaménagement de l’ancienne école de Reckange (ndlr : Reckange/Mersch) en salles de sociétés, salles dédiées également à l’enseignement de la musique.
Je me félicité également de la création de notre propre service écologique dirigé par un conseiller écologique, qui a pour mission de conseiller la commune et de mettre en musique son concept énergétique.
Nous avons en outre construit une deuxième maison-relais, nommée ‘Wissestross’, dans des structures dites «modulables».
Au niveau des infrastructures routières, nous avons réalisé la traversée de la localité de Pettingen avec les rues secondaires. Sans oublier l’extension du parc communal.
Quels sont les projets dans les cartons?
Nous avons en préparation un projet de construction de logements à coût modéré dit «Baulückenprojekt». A l’instar de la Ville de Luxembourg, nous allons faire un concours, suite auquel des entreprises privées construiront et vendront les résidences bâties tandis que la commune mettra à disposition par bail emphytéotique les terrains sur lequels elles seront construites.
Nous avons déjà débuté avec la planification d’une troisième maison-relais, d’une capacité de 240 places, combinée à des salles de classe pour le cycle 1.1 de l’école fondamentale.
Que va impliquer pour la ville la reconversion des friches industrielles de l’Agrocenter?
Il s’agira d’un deuxième centre de la localité de Mersch qui va augmenter l’attractivité de la commune et accentuer notre position de centre de développement et d’attraction entre la Ville de Luxembourg et la Nordstad. C’est la commune de Mersch qui s’occupera de l’intégralité de la planification.
Quelles sont les autres priorités pour la nouvelle législature?
Il faut achever la révision globale de notre plan d’aménagement général. Nous allons beaucoup investir dans le réaménagement de nos réseaux publics de canalisations d’eaux usées, mais également d’eau potable.
Un autre défi est de satisfaire la demande de terrains pour des activités artisanales et commerciales, et ce, par l’extension de nos deux zones d’activités actuelles, l’une située au ‘Mierscher Bierg’, et l’autre à Rollingen.
Pour finir, nous devons réaménager le centre de Mersch selon un concept urbanistique tel que celui pratiqué pour l’Agrocenter. PhR