Toujours du pain sur la planche

Le vaste chantier de l’extension du réseau de distribution en eau potable du SEBES, le Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-sur-Sûre, initié au début 2010, sera inauguré le 26 septembre. Mais même si le SEBES a cet ouvrage colossal derrière lui, il n’empêche qu’il a encore fort à faire pour faire face à la demande croissante en eau potable au Grand-Duché, à en entendre les responsables.  
 

L’augmentation de la démographie après la Deuxième Guerre mondiale a induit une augmentation de la consommation en eau potable, à laquelle s’est ajouté le développement industriel.  Pour parer à cette demande croissante et préserver les nappes phréatiques, le gouvernement a pris la décision de créer une réserve artificielle d’eau de pluie et d’ériger un barrage en 1951 pour délivrer le premier m3 d’eau fin juin 1969 à Eschdorf à partir de la mise en service de la station de traitement.
Avec une capacité maximale de 60 millions de m3 d’eau répartis en deux zones de protection qui représente chacune environ la moitié du volume d’eau, ce sont jusqu’à aujourd’hui plus de 600 millions de m3 d’eau qui ont été fournis à 86 communes, représentant 82% des habitants du pays et 74% de la superficie, avec un pic de plus de 20 millions de m3 en 2006. Journalièrement, ce sont ainsi 57.000 m3 qui sont distribués avec des pointes jusqu’à 90.000 m3. La part de marché au niveau national dans l’approvisionnement en eau potable s’établit à 44%.

C’est ainsi qu’est né en 1962 le SEBES, le Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-sur-Sûre, dont la mission consiste à renforcer l’alimentation en eau potable du pays à partir du lac de barrage de la Haute-Sûre. Les preneurs d’eau sont quatre syndicats intercommunaux chargés de la distribution régionale, la DEA pour le nord du pays, le SES pour le sud, le SIDERE pour l’est, le SEC pour le centre et la Ville de Luxembourg. Tandis que le lac appartient à l’Etat et le réseau de distribution national au SEBES, les syndicats ont pour mission la distribution régionale et les communes la distribution locale.
Le SEBES n’a pas que pour vocation le traitement et la distribution de l’eau. Il assure également des services annexes tels que le contrôle de la qualité de l’eau grâce à son laboratoire ainsi que le service système d’informations géographiques.

Le réseau du SEBES est composé de plusieurs éléments successifs prenant départ à la station de traitement des eaux à Esch-sur-Sûre, transitant par le réservoir principal d’Eschdorf sur une distance de 160 kilomètres cette année  .
Car le nouveau projet baptisé ‘Conduite d’eau potable DN700 entre Schankengraecht’ (le lieu dit où se situe la chambre à vannes de départ, à proximité de Grosbous) et Junglinster via Mersch, allongeant le réseau de distribution de 31,5 km, forme maintenant une boucle. De nouvelles communes ont alors été raccordées, à savoir celles de Bissen, de Boevange-sur-Attert et de Mersch. La nouvelle conduite en fonte ductile d’une pression de service maximale de 32 bar et d’un diamètre de 700 mm relie donc Grosbous à Junglinster en passant par Mersch. Elle comporte six chambres à vannes, dix neuf points bas et dix-sept points hauts. Pour la pose de la conduite, la cadence a été jusqu’à 80 tubes par jour posés et emboîtés grâce à un système de ventouse. A noter que plusieurs bassins de rétention ont été construits. Ce chantier à la pointe de la technologie (notamment de par le déploiement de fibre optique pour sa gestion), subventionné à moitié par l’Etat, aura coûté quelque 30 millions d’euros. Il va être inauguré le 26 septembre 2011.

Un autre projet de grande envergure a trait aux zones de protection dont les trois dossiers sont pratiquement bouclés ainsi que celui de Koerich et en cours d’élaboration. Ce sont là des solutions de secours destinées à alimenter le pays en eau potable construites donc sur différents sites.  La question étant très sensible de par le fait que de nombreuses terres agricoles se retrouvent dans ces zones de protection,  il s’agit de trouver un modus vivendi avec les agriculteurs. En effet, chaque utilisateur d’un point de ressource d’eau potable doit désormais prévoir des zones de protection. Hors, les uniques zones de protection existant actuellement sont les zones sanitaires du barrage, sachant que cette zone de protection ne sera plus en vigueur d’ici la fin 2015. Le projet le plus important dans ce cadre est celui du nouveau bassin du lac de la Haute-Sûre dont les pré-études ont débuté il y a quelques années, études basées sur l’évaluation des  risques de pollution du lac (pesticides, bilans nutritifs, traitement de l’eau) réalisées de concert avec le CRP Henri Tudor.

Avec des besoins en eau qui ne cessent d’augmenter avec une démographie qui croît aujourd’hui au rythme de 1,4% par an (se traduisant par une fourniture journalière d’eau du SEBES de 50.000 m3 d’eau par jour contre un peu plus de 30.000 m3 dans les années 80) s’est posée également la question de l’extension avec modernisation de la station de traitement. Deux options sont à l’étude quant à savoir s’il faut privilégier la construction d’une nouvelle station à proximité immédiate du réservoir principal à Eschdorf ou l’extension et de la modernisation de la station existante d’Esch-sur-Sûre. Au regard des avantages et des désavantages de chacune des deux options, il s’avère que le choix de la construction d’une nouvelle station est à prioriser. Car si les coûts d’investissement sont légèrement inférieurs au départ, le bureau d’études Wetzel & Partner conclut que même à moyen terme déjà, la construction d’une nouvelle station est économiquement plus avantageuse que l’extension de la station actuelle.

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