macommune.lu ou le Web interactif

macommune.lu est en passe de révolutionner le paysage administratif du Grand-Duché grâce à sa panoplie de services en ligne dévolue aux administrés. Outre l’aspect purement administratif, il est de surcroît un excellent outil de communication entre les citoyens et les autorités communales. Rencontre avec Yves Wengler, président du Syndicat Intercommunal de Gestion Informatique.
 

macommune.lu est un portail citoyen qui met à disposition de tout un chacun une grande palette de services. Comment est née l’idée ?

Le portail macommune.lu est né d’un long processus. Je pense qu’il est important pour vos lecteurs d’évoquer en ce sens en premier lieu le travail accompli par le SIGI, le Syndicat Intercommunal de Gestion Informatique, qui a développé les produits informatiques de back office pour les communes, essentiellement des logiciels destinés à épauler le personnel communal pour la réalisation de ses tâches journalières.

Il y a dix ans, à ma nomination à la présidence du syndicat, bien qu’Internet en était à ses balbutiements, je me suis dit qu’il serait intéressant que les communes se dotent chacune de leur propre site Internet. Comme vous pouvez l’imaginer, mon idée a suscité bien des réactions et a été dans l’ensemble assez mal accueillie. Cinq ans plus tard, lorsque les choses ont évolué et que les banques, par exemple, se sont mises au web banking, il était clair que mon idée n’avait dès lors plus rien de farfelu. C’est dans cette mouvance que s’est profilée la création de macommune.
S’ajoute à cela la venue du nouveau directeur du SIGI Carlo Gambucci, il y a trois ans, qui possède une grande expérience dans ce domaine et de nombreux contacts.

Nous avons ainsi débuté par l’application «sms 2 citizen» que je considère comme le premier pas de la commune vers le citoyen. Le principe est très simple : en cas de problème, de difficulté, d’obstacles se présentant comme une rupture d’approvisionnement en eau, le début d’un chantier ou l’absence de ramassage scolaire pour cause d’enneigement, par exemple, un sms est envoyé à tout citoyen s’étant affilié à ce service. A ce stade, nous nous sommes dits que nous pouvions aller beaucoup plus loin.

 

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire communiquer des informations à propos des manifestations culturelles et sportives, par exemple. macommune.lu est donc une avancée logique de ces réflexions.
Le portail comporte en fait trois piliers. Le premier pilier est un agenda des manifestations communales. Je considère que la réalisation d’un tel agenda était une évidence dans la mesure où toutes les manifestations sont autorisées par les communes. L’idée était donc de rassembler les agendas de toutes les communes et de les décliner par rubriques.

Le deuxième pilier a trait au patrimoine culturel tel que nous l’entendons ; en d’autres termes, des vidéos amateurs prises par tout un chacun lors des manifestations qui pourront être diffusées sur le site après acceptation des agents communaux. Nous rejoignons là le concept intéressant bien connu de youtube. Car un des objectifs clef de macommune.lu est d’assurer un très haut degré d’interactivité entre la commune et le citoyen.

Nous avons également lancé un forum démocratique interactif modéré par les responsables politiques de la commune accessible 24h/24 et 7j/7 qui permet à tout citoyen d’émettre des suggestions, des idées ou de formuler des remarques, forum destiné à accroître encore la qualité des services communaux. C’est une première au Luxembourg.

Ajoutons à cela que nous avons développé des applications intéressantes pour les smartphones qui complètent la gamme d’outils d’information et de collaboration. Ici aussi, un des objectifs recherchés est l’amélioration des services municipaux. Un simple exemple : si vous constatez qu’il y a un trou dans la chaussée, vous le prenez en photo et l’envoyez directement via le portail.

En résumé, on gagne sur tous les tableaux : ce sont les citoyens eux-mêmes qui jouent un rôle actif en participant à l’amélioration de la qualité de vie dans la commune, ce sont les mêmes citoyens qui sont ainsi directement plus impliqués dans la vie sociale de la commune, et les responsables communaux et leurs équipes voient leurs tâches simplifiées. Et tout cela n’est qu’un «début».

 

Mais les communes jouent-elles toutes le jeu ?

Les communes ne sont pas tenues de jouer le jeu, mais la pression des citoyens sur les élus les amène à réagir. Si toutes les communes avoisinantes ont opté pour les services que nous proposons, il sera difficile pour les autres de ne pas suivre la tendance.

Je pense ainsi que dans deux ans toutes les communes du pays auront rejoint nos services. Elles sont aujourd’hui 45 et nous misons sur 60 d’ici les élections et 80 au moins d’ici la fin de l’année.

 

Outre l’aspect informatif – et disons – récréatif du portail, macommune a également une vocation administrative. Quels sont les services proposés à cet égard ?

Il s’agit du troisième pilier du portail, le plus important, qui est un véritable guichet virtuel à l’endroit du citoyen. Pour pouvoir y accéder, tout citoyen a pour obligation de s’identifier.

Nous avons à ce titre déjà actuellement une vingtaine de services disponibles. Le grand avantage évident réside dans le fait que les citoyens n’ont plus besoin de se déplacer à l’administration communale pour régler un certain nombre de démarches administratives. Grâce à une TAN CARD – et très bientôt les certificats électroniques LuxTrust – envoyée à chaque résident, le citoyen s’identifie et a accès à des certificats pré-remplis, à l’instar du certificat de résidence indispensable pour certaines démarches. Je ne manquerai pas de souligner qu’il était également possible de s’inscrire sur les listes électorales en vue des élections communales via le portail.
Nous avons calculé que chaque administré peut épargner 7,5 heures par an grâce à ces téléservices.

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