Des attentes parfois différentes
«Belval», «Esch/Belval», voilà les appellations qu’on a l’habitude d’entendre lorsque l’on évoque le nouvel ensemble urbain du sud du pays, qui sur une superficie représentant la moitié de celle de la principauté de Monaco, est très certainement voué à devenir le deuxième pôle d’activités du pays. On en viendrait presque à oublier que les deux tiers de la surface appartiennent à la commune de Sanem. Entretien avec son bourgmestre, Georges Engel.
Quelle est votre collaboration avec la ville d’Esch-sur-Alzette et les villes frontalières dans la réalisation de projets dans le sud du pays ?
La commune de Sanem est la plus grande des douze communes du Prosud. Nous travaillons donc en étroite collaboration avec les communes de Bascharage, Differdange et Pétange. Sanem est membre de syndicats intercommunaux tels que le SIACH, le Syndicat Intercommunal pour l’Assainissement du Bassin de la Chiers, le SIVEC, le Syndicat Intercommunal à Vocation Ecologique, également chargé de l’assainissement des eaux usées, et ce, des communes d’Esch, Sanem, Schifflange, Mondercange et Reckange-sur-Mess. Nous allons également devenir membre du syndicat SIKOR qui a pour vocation d’une part la gérance des zones d’activités artisanales et industrielles, d’autre part une vocation touristique et d’animation transfrontalière.
Qu’en est-il plus précisément dans la réalisation du site de Belval ?
Nous sommes amenés à travailler étroitement avec la ville d’Esch-sur-Alzette sur le projet de Belval d’une superficie de 120 hectares dont 80 hectares se situent sur notre commune. Cette collaboration se passe très bien, même si je dois reconnaître que les attentes peuvent parfois être différentes. Esch est en effet un centre régional avec une grande tradition de commerces tandis que nous ne le sommes pas du tout, raison pour laquelle la «capitale du sud» a d’autres intérêts à défendre que nous. Cela dit, jusqu’à présent, nous avons de part et d’autre toujours été en mesure de trouver des solutions communes.
Vous affirmez que les attentes peuvent être parfois différentes. En quoi les vôtres se différencient-elles de celles d’Esch-sur-Alzette ?
Certes, plusieurs commerces sont en phase de réalisation dans le Square Mile, mais nous, nous souhaitons des places publiques animées, bordées de restaurants et de cafés. Mais je peux comprendre qu’Esch désire conserver une complémentarité avec ce qui existe déjà sur son territoire.
Je dois vous avouer que notre axe de réflexion aurait été différent si nous avions été seuls à concevoir le site ; nous n’aurions pas été autant soucieux de cette complémentarité, que ce soit avec la commune d’Esch ou les autres communes avoisinantes d’ailleurs, notamment au niveau de l’infrastructure routière.
Le site de Belval s’inscrit donc pleinement dans une stratégie urbanistique globale et complémentaire au niveau de la ville d’Esch-sur-Alzette. Quels projets viendront se greffer dans la commune de Sanem pour assurer également une complémentarité avec cette dernière ?
Nous avons parfaitement su intégrer le site de Belval dans le tissu existant de Belvaux, avec Agora. Belval étant une portion de Belvaux mais toujours difficile à intégrer harmonieusement dans cette section de la commune de Sanem qu’est Belvaux.
A terme, que signifie pour Sanem le développement du site de Belval ?
C’est pour nous une très grande chance. Nous avons ainsi l’opportunité de développer une grande partie de notre territoire communal avec de nouvelles affectations comme les commerces – chose dont nous manquions cruellement – et augmenteront notre population de 50 pour cent, passant de 15.000 à 22.000 habitants d’ici 2030, avec tout ce que cela implique : de nouvelles écoles, des parcs, des activités culturelles et sportives, etc.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Le développement de Belval s’effectue de l’est vers l’ouest. C’est tout d’abord le quartier des Hauts Fourneaux qui a vu le jour avec la Rockhal, le centre commercial, le grand bâtiment de la Dexia, c’est-à-dire tout ce qui se trouve du côté de la ville d’Esch.
Quant à nous, après avoir débuté avec la construction de logements sur le site, nous allons poursuivre dans ce sens avec la réalisation du deuxième PAP. Le nouveau lycée ouvrira ses portes à la rentrée prochaine, et, bien évidemment, nous nous attelons tout particulièrement au développement du Square Mile.
PhR