Une évolution constructive

Initiatrice du salon immobilier ‘Urban Living’, la ville de Differdange connaît actuellement un développement urbanistique cohérent et maîtrisé, basé sur des concepts qui intègrent nouveaux et anciens quartiers, nouvelles et anciennes infrastructures. C’est le cas pour deux projets-phare: le futur parc des sports et la revalorisation des friches industrielles du plateau du funiculaire. Interview de Claude Meisch, député-maire de Differdange.

 

Le projet parc des sports, qui a été présenté officiellement lors du salon Urban Living, comprend deux volets. Le premier est le complexe Aquasud. Pourquoi avoir décidé de construire une nouvelle piscine?

Cette décision répond à un besoin. En effet, les infrastructures existantes -qu’il s’agisse de la piscine couverte à Oberkorn ou du petit bassin d’apprentissage à Niederkorn- sont tout simplement en fin de vie. Elles ne sont plus conformes aux exigences actuelles et sont trop petites pour une population de 22.000 habitants, pour les 2.800 enfants de l’école fondamentale, pour les 400 élèves du secondaire qui sont déjà présents sur notre territoire, pour les élèves du futur lycée de Differdange et pour les 250 sportifs de l’association de natation…

 

A quoi cette piscine ressemblera-t-elle?
 
Elle sera unique dans le pays. Il existe des infrastructures couvertes comparables, mais ce qui est particulier ici, c’est la combinaison entre la piscine couverte et la piscine ouverte existante qui sera intégrée dans l’ensemble. Le complexe comprendra un bassin pour les bébés, un bassin d’apprentissage de 12,5 mètres par 25, un bassin de natation de 6 couloirs sur 25 mètres, un bassin de loisirs dont une partie sera à l’intérieur et l’autre à l’extérieur, et des toboggans à l’intérieur et à l’extérieur. Viendront s’ajouter les bassins existants à l’extérieur, à savoir un bassin d’apprentissage, un bassin de 33 mètres et une pataugeoire. Il y aura également une salle de fitness, un espace bien-être avec une large offre de saunas à l’intérieur et à l’extérieur, ainsi qu’une garderie pour permettre aux parents de profiter de l’installation en ayant le sentiment que leurs enfants seront bien gardés sur place.

 

Le fait que ce projet soit réalisé en partenariat public privé (ppp) est une grande première au Luxembourg pour une piscine. Quels sont les avantages d’une telle formule?

Nous avons opté pour ce type de procédure parce que nous manquons d’expérience en la matière: une ville rénove chaque année ses infrastructures routières ou scolaires, mais elle construit  un stade ou une piscine peut-être tous les quarante ans. Nous avons donc cherché non seulement un investisseur, mais aussi une entreprise qui soit en mesure de gérer cette installation pendant 25 ans. Nous profiterons ainsi de leurs compétences dans les différentes phases de la réalisation du projet: lors de la conception, de la planification, de la construction mais également tout au long de la vie de cette piscine.

 

Le parc des sports accueillera également un tout nouveau stade de football. Pourriez-vous nous donner quelques détails sur cette infrastructure?

Comme pour la piscine, les installations actuelles ne correspondent plus aux besoins. Dans ce cas, ce n’est pas vraiment une question de taille. Au contraire, il y a peut-être même aujourd’hui trop de gradins par rapport à l’activité réelle. Nous avons deux stades qui sont en mauvais état: le stade Thillebierg où joue le F.C. Déifferdeng 03 et le stade municipal, sur le site même du parc des sports, où joue le C.S. Oberkorn. Nous proposons de construire un seul et unique stade où les deux clubs pourront  jouer et s’entraîner, avec un terrain principal et deux terrains d’entraînement adjacents dont un sera synthétique. La tribune aura une capacité de 1.800 spectateurs et elle abritera les sanitaires, les vestiaires, une buvette et une salle où les associations sportives pourront organiser des manifestations.

Un parking de 566 emplacements prendra place entre ces deux infrastructures, ce qui répond également à une nécessité. Nous connaissons, en effet, de gros problèmes de stationnement  pendant la saison estivale quand la piscine ouverte attire des milliers de visiteurs. C’est également le cas lorsque des manifestations sont organisées au centre sportif. Tout le quartier, les sorties de garage, les espaces verts sont alors bloqués par des voitures. Nous allons donc créer un grand parking avec la possibilité de réaliser une extension à l’avenir si le besoin augmente encore.

C’est le même investisseur privé qui va réaliser le stade et le parking, et les gérer pendant 25 ans.

 

Quand ces infrastructures seront-elles ouvertes au public?

Le stade et le parking seront opérationnels dès le 1er août 2012. La piscine le sera le 15 septembre 2013. Le début et la fin des travaux sont clairement documentés dans le contrat de ppp et les échéances sont à respecter par l’investisseur privé.

 

L’opposition s’est montrée défavorable au fait de déléguer l’exploitation de ces structures à des firmes privées. Que lui répondez-vous?

L’opposition ne nous a pas démontré qu’il n’existe pas de besoin pour ce type d’infrastructures. Le LSAP prétend que l’offre wellness ne correspond pas à la réalité socio-démographique de Differdange. Je ne peux pas accepter cet argument parce que dans une ville de 22.000 habitants avec une forte disposition à augmenter ce nombre dans les prochaines années, il y a des gens qui vont au sauna comme des gens qui n’y vont pas et je crois qu’il faut offrir un peu de tout, notamment au niveau des sports et des loisirs.

En ce qui concerne la procédure, nous avons pris une décision de principe pour réaliser ces infrastructures et aller dans la direction d’un ppp à l’unanimité, donc avec l’accord du CSV et du LSAP, lors du conseil communal du 25 juillet 2008. Ce n’est pas quelquechose qui germait dans les discussions internes du collège échevinal. Je m’étonne donc qu’aujourd’hui les deux partis de l’opposition aient changé d’avis. C’est peut-être lié à l’échéance électorale qui approche…

 

La revalorisation des friches industrielles du plateau du funiculaire avec la création d’un nouveau quartier, qui s’appellera Arboria, est un autre projet d’envergure dans lequel la commune est impliquée. A quel stade en est-on? Qu’est-ce qui a déjà été fait et quelles seront les prochaines étapes?

J’ai signé, il y a quelques semaines, le premier permis de construire pour une résidence de 65 appartements, qui sont en majorité déjà vendus.

Toute l’infrastructure publique est d’ores et déjà en place, des plantations à l’éclairage jusqu’au dernier dallage, ce qui a représenté un travail énorme sur les 8 hectares du futur lotissement.

Le deuxième projet sera un centre commercial de 13.000 m2 qui seront dédiés, en grande partie, à l’alimentation et, pour le reste, à des petits magasins de différentes branches. 400 places de stationnement seront aménagées au sous-sol pour garantir aux clients qu’ils auront la possibilité de garer leur voiture facilement. Là encore, ce centre commercial était une nécessité pour la ville de Differdange qui est sous-développée au niveau commercial par rapport au nombre de ses habitants: il n’y a aucune grande surface dans notre commune et les gens sont obligés de quitter la ville pour faire leurs courses.

Le parc de la Chiers longera le plateau du funiculaire sur 5 hectares. Les travaux de ce projet communal sont en cours. J’espère qu’ils seront terminés cet été avant que les premières constructions ne commencent.

 

Quelles sont vos priorités dans la réalisation de ce projet?

Développer un quartier mixte qui offre tout ce dont on a besoin pour la vie quotidienne. On pourra habiter, travailler, faire ses courses et faire garder ses enfants sur le même site qui regroupera 500 unités de logement, plutôt des appartements que des maisons unifamiliales, des bureaux, un centre commercial, une crèche, un espace de loisirs avec le parc et les aires de jeux. Nous avons également agrandi l’école fondamentale pour accueillir les enfants qui habiteront sur le plateau du funiculaire.

Une autre caractéristique forte de ce projet est sa situation centrale, qui va permettre de renforcer le centre-ville. Le site se trouve à proximité directe de la gare à partir de laquelle on peut rejoindre, par exemple, Esch-Belval et l’université en 11 minutes.

 

Que représente-t-il en termes de développement pour la ville?

Avec 500 unités de logements, nous pouvons tabler sur environ 1.200 personnes de plus. Cette croissance s’intègre bien dans le développement général de la ville de Differdange, qui a déjà connu une forte augmentation du nombre d’habitants ces dernières années: nous sommes passés d’un peu plus de 16.000 habitants en 1990 à 22.000 aujourd’hui.

Nous voulons désormais éviter une croissance un peu sauvage où l’on démolit des belles maisons unifamiliales pour construire des résidences, ou bien où l’on réalise un cadastre vertical dans une ancienne maison et où l’on supprime le jardin pour aménager des places de stationnement. Nous privilégions au contraire une croissance bien organisée, selon des concepts urbanistiques cohérents, où les nouveaux quartiers s’intègrent harmonieusement dans les quartiers existants. C’est vraiment le cas pour le plateau du funiculaire. MT

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