Un pont entre la vie culturelle et la vie sociale

Le projet Kultur fir Jiddereen, porté par HELP Muselheem asbl, fédère de nombreux acteurs du secteur social actifs dans la Moselle luxembourgeoise, autour d’un objectif commun:  développer une offre culturelle variée pour et avec les personnes dépendantes.

 

Rencontre avec Bettina Fries, coordinatrice du projet et Philippe Eschenauer, coordinateur du groupe d’action locale Leader Miselerland.

 

A l’origine, il y a HELP

C’est l’association HELP Muselheem qui se trouve à l’origine de l’initiative Kultur fir Jiddereen dont le leitmotiv est, comme son nom l’indique, de mettre la culture à la portée de chacun.

Fidèle à la philosophie du réseau d’aide et de soins à domicile qui met un point d’honneur à ne pas limiter le soutien apporté aux personnes dépendantes à des gestes techniques et revendique leur droit à participer pleinement à la vie sociale et culturelle, l’association cherchait des idées et des moyens pour sortir ces personnes de leur routine et de leur cadre de vie quotidiens. C’est dans la collaboration qu’elle a trouvé la solution.

 

Un modèle de collaboration

Kultur fir Jiddereen est soutenu par le programme européen de développement rural LEADER qui soutient des initiatives innovatrices permettant de dynamiser l’économie et les relations sociales, ainsi que de promouvoir le patrimoine dans les campagnes.  “C’est un merveilleux projet LEADER par son aspect fédérateur. C’est la première fois au Luxembourg qu’autant de partenaires du secteur social travaillent de manière aussi intense et concertée pour le bien-être des habitants d’une région”, souligne Philippe Eschenauer.

Les fonds européens et ministériels représentent deux tiers du financement, le tiers restant étant assumé par les communes des cantons de Grevenmacher et de Remich, qui sont également des protagonistes de premier plan dans cette aventure.

Le projet est, en effet, un atout aussi bien pour les habitants que pour les communes de la région et les institutions qui y sont implantées. La collaboration est une condition sine qua non à sa réalisation: “Une petite commune seule aurait de grandes difficultés à monter une telle offre culturelle. Une institution aurait également du mal à organiser ce type de service, faute de moyens et de temps. Mais en se mettant ensemble, elles y parviennent”, explique Philippe Eschenauer.

 

La personne dépendante, principal acteur du projet

Ce qui distingue cette initiative des autres initiatives culturelles est qu’elle tient compte des éventuels obstacles que peuvent rencontrer les personnes dépendantes. Du fait que la culture n’est, somme toute, pas un élément vital, l’offre culturelle tient rarement compte des contraintes subies par ce type de public. D’une part, les activités ont souvent lieu en soirée, moment où ces personnes peuvent difficilement trouver un accompagnant et d’autre part, les lieux ne leur sont pas forcément accessibles et les rythmes pas forcément adaptés.

L’objectif étant de permettre aux personnes dépendantes de rester actrice dans la société, il n’était pas question de leur imposer un programme tout fait, mais bien de les impliquer dans son élaboration. Le programme, au final, propose des sorties culturelles adaptées à leurs envies et permettant de découvrir ou de redécouvrir la région; ce qui n’a pas été simple à définir, compte tenu de la diversité des participants, comme l’explique Bettina Fries: “Nous cherchons à répondre aux attentes d’une clientèle diverse, de tous les âges, handicapées ou non, car il ne s’agit pas seulement de plaire aux personnes qui sont réduites dans leur mobilité mais aussi à leurs accompagnants”. Pas question non plus de créer un ghetto, ces activités sont ouvertes à tous et les personnes valides sont cordialement invitées à y participer.

 

Le relationnel comme pierre angulaire du projet

L’accessibilité, qui se traduit notamment par des horaires et un transport adaptés, est évidemment un élément essentiel pour que cette initiative fonctionne, mais l’aspect relationnel ne l’est pas moins.

Le fait que Kultur fir Jiddereen soit un projet participatif qui intègre les bénéficiaires dans sa conception est une première étape.

La convivialité en est une deuxième. Au programme en ce début d’année: karaoké, cinéma, visite de la Philharmonie avec possibilité d’assister à une répétition générale de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, journée romaine à la villa Borg, ou encore croisière sur le Princesse Marie-Astrid. Le tout dans un climat qui privilégie les échanges autour d’un café, d’un verre de vin, d’une part de gâteau, d’un bon repas ou d’un jeu de société.

Le côté relationnel se manifeste également à travers l’information sur les manifestations qui sont organisées ou à travers l’accueil qui est réservé aux participants lors des différentes sorties.

Concertation entre acteurs des mondes social et politique, entre public cible et organisateurs semblent être la clé du succès puisque chaque événement attire entre soixante et cent cinquante personnes. “Nous constatons que cette offre suscite une réelle demande et une certaine attente”, indique Philippe Eschenauer.

 

Un DVD karaoké avec des chansons mosellanes

Pour visualiser, soutenir et représenter ce projet, un DVD karaoké qui reprend une sélection de chansons typiques de la région a été réalisé et édité par l’association Letz Kulti, dirigée par Claudine Menghi. Ce DVD, intitulé ‘Mat Sang a Klang op der Musel’ permet de chanter seul ou en groupe les ‘tubes’ mosellans tout en visionnant un petit film sur la région et en suivant le texte des chansons en sous-titre. Tous à vos micros, l’ambiance est garantie! L’association organise également des animations karaoké dans les institutions du pays. Le DVD est vendu 19 euros et il est possible de se le procurer en téléphonant à Claudine Menghi au 621 38 30 01.

 

 

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