Des réponses technologiques pour vivre en toute autonomie

Le réseau de soins à domicile HELP propose, en partenariat avec G4S, une panoplie de solutions technologiques pour rassurer les personnes dépendantes et leurs proches et les soutenir dans leurs efforts pour mener une vie active.

Une relation triangulaire…

Lorsqu’une personne perd son autonomie suite à un accident ou à une maladie, c’est non seulement cette personne qui est touchée, mais aussi tout son entourage. Une relation triangulaire s’installe alors entre la personne dépendante, l’aidant informel et le personnel soignant.
La personne dépendante est définie, selon les critères de l’assurance dépendance, comme une personne ayant besoin de l’assistance d’un tiers pour réaliser les actes essentiels de la vie, c’est-à-dire se laver, se nourrir et se déplacer.
Le personnel soignant intervient chaque jour pour aider cette personne et lui procurer des soins. Il entre donc quotidiennement dans son intimité et dans celle de sa famille.
Le statut d’aidant informel est accordé à la personne qui assure, à domicile, les aides et les soins à la personne dépendante en dehors d’un réseau d’aide et de soins. Il s’agit, la plupart du temps, du conjoint ou d’un enfant de la personne concernée. Le choix d’assumer cet accompagnement quotidien part souvent d’un élan du cœur, mais l’angoisse et l’épuisement physique et psychique sont une réalité qui peuvent, à la longue, peser sur le moral et la santé de l’aidant. D’où l’importance pour ces personnes de ne pas tomber dans l’abnégation et de prendre aussi soin d’elles-mêmes. En aidant la personne dépendante à être plus autonome et en sécurisant son domicile et ses déplacements, la technologie peut aussi  permettre aux aidants informels de s’accorder un peu de répit… (source  “l’aidant informel: cahier de l’autonomie n°18”)

… qui peut être renforcée par un quatrième intervenant: la technologie

En partenariat avec G4S avec lequel il a signé une convention en octobre 2009, le réseau de soins à domicile HELP a développé toute une panoplie de solutions technologiques à l’attention de ces familles, des solutions qui permettent à la fois d’augmenter la sécurité et d’améliorer la qualité de vie des personnes dépendantes à leur domicile, donc de rassurer et de soulager les proches. Plus précisément, le réseau HELP fournit les soins aux personnes malades, handicapées ou dépendantes à domicile et G4S propose des solutions techniques innovantes pour améliorer la sécurité des accès au domicile, tout en donnant la possibilité de lever le doute en cas d’urgence. “Cette convention avec G4S permet de coupler les compétences sociales et de santé avec une plateforme informatique performante”, précise José Luxen, coordinateur du réseau HELP, et il ajoute que “l’apport de nouvelles technologies s’intègre dans une réflexion globale concernant la liberté et la dignité humaine. Nous sommes là pour aider les gens dans le plus profond respect de leur situation personnelle. Il est essentiel de respecter les êtres humains”.
Les solutions proposées par HELP et G4S sont visibles à la plateforme info-éducative située dans l’ancienne conciergerie du Centre Hospitalier Emile Mayrisch à Esch-sur-Alzette. Il est possible de se renseigner, de prendre rendez-vous ou de demander une démonstration à domicile en appelant le numéro 26 70 26.
Elles sont, pour l’instant au nombre de trois, mais, selon le coordinateur du réseau HELP, “les chercheurs travaillent d’arrache-pied, en Europe et aux Etats-Unis, sur le développement de nouvelles solutions et il existe des centaines d’outils dans les tiroirs. Nous avons donc des réponses, mais il faut encore améliorer l’aspect pratique et trouver un moyen de les financer”.
Ces solutions sont actuellement à l’essai chez des personnes qui sont suivies par le réseau HELP. Elles permettent aux personnes dépendantes d’être en sécurité chez elles, tout en laissant à leur famille et aux soignants la possibilité d’intervenir en cas de problème, mais aussi de sortir de chez elles en sachant qu’elles seront secourues en cas de malaise.
La première solution est une caméra installée aux endroits où les risques de chutes sont les plus importants, comme celui où une personne en fauteuil effectue le transfert de son fauteuil roulant ‘classique’ à son fauteuil électrique.
La seconde a été baptisée ‘Securyphone’. Il s’agit d’un GSM simplifié par lequel on peut contacter directement le réseau HELP, G4S ou une personne tierce lors d’une urgence à l’extérieur du domicile.
La troisième est un ouvre-porte à distance qui fonctionne via bluetooth.

L’exemple d’Adrien Weirig ou comment se sentir en sécurité chez soi

Adrien Weirig est le genre de personnage à s’aventurer seul, à l’écart du village, pour observer les étoiles en soirée. Autant dire qu’il est d’une nature indépendante et qu’il tient beaucoup à préserver son autonomie, même s’il doit se déplacer en chaise roulante.
Utilisateur d’un système d’ouverture de porte à distance connecté sur une centrale téléphonique depuis plusieurs années, il ne se sentait pas sécurisé par ce système qui, tout en limitant les risques de chute liés à la précipitation, l’obligeait à ne pas verrouiller sa porte d’entrée.
Le problème est désormais résolu car HELP lui a proposé de tester un nouveau système d’ouvre-porte à distance. Grâce à cette solution, seules quelques personnes triées sur le volet par Adrien Weirig -des proches et les soignants du réseau HELP- peuvent pénétrer à son domicile, même s’il est fermé à clef, en actionnant la fonction bluetooth de leur téléphone portable.
Adrien Weirig s’est porté volontaire pour participer à cet essai. Voilà maintenant près d’une année qu’il l’utilise et il en est très satisfait: “Ce système est très pratique. Quand les infirmières me rendent visite le matin, elles n’ont pas besoin de sonner parce que je sais qu’elles doivent passer. Elles ont leur GSM dans la main ou dans la poche, elles appuient sur un bouton et elles peuvent entrer directement. Cette solution est totalement sécurisée: si elles perdent leur téléphone, elles me le disent et j’appelle G4S qui retire aussitôt leur code du système. En cas d’urgence, la police, les ambulanciers ou les pompiers peuvent également demander un code à G4S pour entrer chez moi en évitant d’avoir à casser la porte”, explique-t-il.
Quand on demande à Adrien Weirig s’il a d’autres idées qui pourraient l’aider dans la vie quotidienne, il répond: “Je suis content du système d’assurance dépendance et du fait que les aide soignantes se déplacent à domicile, mais il y a des choses qui pourraient avancer. Par exemple, il était question, à un moment, de mettre en place des permanences de nuit dans les antennes principales. Ce serait une bonne chose parce que personne n’est là la nuit en cas de problème”.

L’exemple de Théophile Steffen ou comment vivre pleinement sa passion

Ce n’est pas parce qu’on approche allègrement des 90 ans qu’on doit se passer des plaisirs qui ont toujours pimenté notre vie. C’est, en tout cas, la philosophie du fringuant Théophile Steffen, qui passe au-dessus de ses soucis de santé et sort chaque jour en forêt pour assouvir sa passion.
Peintre connu et reconnu au Grand-Duché, Théophile Steffen a composé prés de 3.500 tableaux et participé à plus de 1.000 expositions. La prochaine est actuellement en préparation et aura lieu à Kaundorf au mois de novembre.
Il n’entend pas laisser l’âge lui gâcher le plaisir de peindre. Chaque jour, c’est le même scénario: il se lève de bonne heure, sort dans l’après-midi pour “se faufiler dans des coins perdus” où il prend des photos, réalise des esquisses et des aquarelles de petits formats dont il s’inspire pour ses toiles. C’est le soir qu’il rejoint son atelier perché au premier étage de sa maison, au bout d’une échelle de meunier qu’il descend d’un pas alerte, narguant du coin de l’œil le monte-escalier installé plutôt pour rassurer ses proches. Là, il peint de 22 heures à 1 heure du matin.
Il n’imagine pas vivre sans peindre: “Je dois peindre sinon je ne veux plus vivre. Comme toutes les passions que l’on fait sincèrement, un jour sans peinture, j’ai le moral au plus bas. Je n’imagine pas aller en maison de retraite car je ne pourrais pas emporter tout mon matériel!”, dit-il. Impressionniste dans l’âme, la nature constitue pour Théophile Steffen une source d’inspiration intarissable, mais il ne la copie pas: “ Je ne reproduis pas ce que je vois, je peins ce que je ressens. Un paysage est comme une personne, il a sa personnalité”, explique-t-il.
Mais, quand on a 89 ans, il faut prendre quelques mesures pour se sécuriser soi-même et rassurer la famille. C’est pourquoi Théophile Steffen a équipé son domicile d’un système d’ouvre-porte à distance et d’un monte-escalier. Il est aussi désormais accompagné d’une assistante dans ses déplacements quotidiens en forêt. Il emporte également avec lui son Securyphone, solution de géolocalisation mis au point par G4S pour le réseau HELP qui lui permet d’appeler du secours, sur simple pression d’un bouton, s’il tombe ou fait un malaise où qu’il se trouve, même au fin fond de la forêt.

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