«Nous maîtrisons désormais toute la chaîne»
Avec les effets de la crise et les conséquences de la mondialisation, les entreprises doivent faire face à de nouveaux enjeux, notamment réduire leurs coûts opérationnels. C’est la raison pour laquelle elles doivent soigneusement étudier leurs besoins en TIC et recourir aux solutions les plus adaptées à leurs besoins. Entretien avec Christian Haux, directeur commercial et marketing de Telindus.
Telindus a franchi à nouveau un pas vers le tout en un en juin en passant par le nuage, peut-on lire dans la presse spécialisée. Pourquoi avoir franchi ce pas, et qu’apporte le ‘cloud computing’ ?
Il y a aujourd’hui une réelle demande sur le marché, demande qui n’a fait qu’augmenter avec la crise économique. Qui dit ‘cloud computing’, dit virtualisation, hébergement informatique. Le ‘cloud computing’ consiste à déporter ses traitements informatiques sur des ressources distantes. On parle aussi de « dématérialisation de l’informatique». Un des bénéfices directs de cette démarche est de mutualiser les ressources matérielles et humaines liées à ces activités. Plus on va loin dans cette démarche de mutualisation, plus on réduit les coûts opérationnels pour les clients finaux. ??Une autre raison était d’étoffer notre offre. Nous sommes à la base un spécialiste des tde l’information et de la communication (TIC) : nous rassemblons au sein d’une seule et même entreprise toutes les compétences nécessaires pour déployer, maintenir et opérer les environnements TIC de nos clients. Seuls l’hébergement et la connectivité manquaient à notre offre. Grâce à ces nouveaux maillons, nous sommes maintenant en mesure de proposer un service complet et intégré de bout en bout. Maîtriser toute la chaîne apporte une réelle valeur à nos clients finaux.
Ceux-ci peuvent tout d’abord optimiser leurs coûts en évitant des recouvrements de services dus à la multiplication des prestataires et/ou sous-traitants. Ils n’ont plus non plus à investir dans des infrastructures propres dont le coût marginal sera généralement supérieur à leurs réels besoins. Avec les services datacenter de Telindus, le client bénéficie d’une approche 100% service et se libère entièrement des contraintes liées à la gestion d’un département informatique : plus de soucis d’obsolescence, ni de gestion quotidienne. D’autre part, ils ne se retrouvent plus confrontés à des prestataires de services qui se renvoient la balle en cas de problème. Pour finir, il est important d’avoir une solution globale cohérente. Nos clients peuvent ainsi se concentrer pleinement et en toute sérénité sur leur cœur de métier, ce qui est d’autant plus important en temps de crise.
Quelles sont les exigences dans le domaine ?
Les exigences découlent directement des priorités des CIO : disponibilité, sécurité, flexibilité et coûts. Selon l’enquête que nous avons menée en juin auprès d’une quarantaine de décideurs ICT au Grand-duché, leur préoccupation majeure est l’innovation (la création de nouveau produits et services) tout en réduisant les coûts. En clair, «faire plus avec moins». C’est exactement la vocation du ‘cloud computing’ : favoriser l’innovation en maîtrisant le risque financier lié aux investissements informatiques. Autre bénéfice, rendre son entreprise beaucoup plus agile face aux évolutions de son métier. Accéder à des ressources déjà existantes est un procédé beaucoup plus dynamique que d’acquérir et de déployer soi-même sa propre infrastructure. Par ailleurs, pourquoi perdre du temps avec son infrastructure TIC si on peut la confier à un partenaire spécialisé dont c’est le métier et envers lequel on pourra se montrer bien plus exigent qu’envers soi-même ? Il s’agit ici de définir le bon niveau de services au travers de contrats entre le client final et le prestataire.
Il existe différentes formes d’informatique dans le nuage. Quelles sont la ou les solutions privilégiées par Telindus et pourquoi ?
Il existe effectivement différentes formules. Celle que nous proposons en priorité est l’IaaS (Infrastructure as a Service). Nous avons également quelques offres en matière de SaaS (Software as a Service), puisque nous proposons dorénavant nos applications «Apsal» et «Gesall» dans ce mode à nos clients. Pour en revenir à l’infrastructure et particulièrement nos capacités d’hébergement dans ce domaine, nous déclinons différentes offres allant du ‘housing’, le client reste propriétaire de son infrastructure qu’il gère ou non lui-même au ‘hosting’, décliné à nouveau en différentes formules. Dans ce dernier cas, le client dépose ses applications et stocke ses données sur une infrastructure dédiée ou mutualisée mise à disposition et opérée par Telindus. Grâce à la granularité proposée, le client ne consommera que les ressources dont il a réellement besoin en termes de processeur, de mémoire, d’espace de stockage, etc., ce qui lui permet de réduire considérablement ses coûts. C’est là tout l’intérêt de la mutualisation.
Nous privilégions la solution des serveurs virtuels partagés car c’est là le moyen d’optimiser au mieux et de réduire considérablement les coûts, de l’ordre de 20 à 30 pour cent.
Et pour les communes plus précisément ?
Le ‘cloud computing ‘ est accessible à tout le monde. Nous sommes capables d’héberger l’environnement de n’importe quelle organisation, qu’elle soit du secteur privé ou public, mais les services – à nouveau – sont adaptés en fonction des besoins, c’est la vocation d’un prestataire local proche de ses clients. Pour une administration communale, je citerais toutefois quelques offres intéressantes en matière de communication unifiée : on peut par exemple envisager de mutualiser la centrale téléphonique des services communaux pour ne trouver que les postes utilisateurs dans les administrations. A l’instar de la fourniture d’électricité ou d’autres services généraux, le gestionnaire administratif pourra alors connaître avec exactitude le coût du «service voix» dans son administration et ainsi mieux piloter son budget. Il est également envisageable de dynamiser la communication envers ses administrés en plaçant des écrans à des endroits stratégiques de la commune pour les informer en temps réel, et ce, de manière très ciblée. Dans ce cas, la solution de gestion centralisée, d’édition et d’affichage dynamique est entièrement mutualisée dans nos datacenters.
La mutualisation du matériel permet donc d’optimiser les coûts par rapport aux systèmes conventionnels et de développer des applications partagées sans avoir besoin de posséder ses propres machines. Mais que répondre aux détracteurs qui parlent de «piège» dans la mesure où les utilisateurs perdraient le contrôle de leurs applications ?
Tout d’abord, pour le contrôle de l’application, que celle-ci soit hébergée dans un datacenter ou dans les locaux du client, les contraintes seront celles imposées par l’éditeur du logiciel. Le lieu de l’hébergement n’a ici aucune importance. Particulièrement dans le mode IaaS que nous proposons, le client conserve le contrôle de ses applications qu’il administre à sa guise. Il est par contre indispensable de prédéfinir le niveau de services au travers de contrats entre le client final et le prestataire, ainsi que de définir des catalogues de services précis et complets, avec des tarifs communiqués et prévoir un plan de réversibilité. Dès lors, il n’y a pas de piège, tout est transparent.
Si vous parlez de sécurité, tous les accès aux applications sont hautement protégés. Qu’il s’agisse d’accès physique ou logique, il est extrêmement compliqué pour une personne mal attentionnée de détourner un signal véhiculé sur des liens en fibre optique, d’autant plus que la donnée qui transite entre le serveur et le client peut être cryptée de bout en bout. Les accès via Internet sont quant à eux protégés par différents niveaux de pare-feux. Quant au datacenter en lui-même, comme tout autre bâtiment, il dispose d’un contrôle et de procédures d’accès très strictes filtrant l’accès physique aux salles à proprement parler.
Comment jugez-vous les efforts faits par le gouvernement luxembourgeois pour développer la connectivité au niveau national et international (vers Paris, Bruxelles, Amsterdam et Francfort) via le déploiement d’un réseau de fibre optique et la création de datacenters performants? Quelles nouvelles opportunités y voyez-vous ?
Ce sont d’excellentes initiatives car elles permettent d’apporter des alternatives et un choix aux clients locaux pour leur centre d’hébergement, mais aussi de permettre à des sociétés de services ICT d’accéder à ce chainon manquant qu’est l’hébergement et la connectivité et donc de créer de réelles offres professionnelles et innovantes en matière de ‘cloud computing’. Cela rend le Luxembourg très attrayant en le positionnant comme un réel centre d’excellence européen pour les technologies de l’information et de la communication.
De même, les liens vers les principales capitales voisines au Luxembourg étendent les possibilités de connectivités internationales, et pourquoi pas l’exportation d’un savoir-faire luxembourgeois à des sociétés étrangères. Lorsque la connectivité est disponible, il n’y a plus de limites.
Les sociétés informatiques ont un rôle important à jouer en matière de développement durable, et Telindus a reçu le ‘Green Partner of the Year Award’ de Cisco pour la Belgique et le Luxembourg en juin dernier. Que répondez-vous à ceux qui prétendent aujourd’hui que le Green IT, c’est désormais un changement de mode de vie et non l’amélioration d’outils informatiques déjà très écologiques ?
Qu’ils ont raison. Mais je pense tout de même que les nouvelles technologies joueront un rôle majeur dans l’aide au changement et dans l’adoption de nouveaux comportements. Nous le voyons très bien avec la téléprésence, par exemple. Nous proposons cette solution à nos clients mais l’utilisons aussi au sein du groupe Belgacom. Cette technologie a clairement changé notre manière de collaborer au sein du groupe et le bénéfice pour la planète est direct : moins de trajets, moins de rejets de CO2, l’équation est simple et le gain écologique indéniable. C’est cette initiative qui nous a entre autres value l’Award. Cet Award a été décerné lors d’un évènement mondial de Cisco qui s’est tenu à San Francisco ; c’est bien qu’une société luxembourgeoise soit reconnue pour ses efforts en matière développement durable. En d’autres termes, nous ne faisons pas que «parler» d’innovation, nous en sommes aussi acteur.
