Lentement mais sûrement

Le quartier de la Porte de Hollerich dont une partie de la surface appartient au promoteur Schuler fera l’objet dans les années qui viennent d’une restructuration urbaine intégrale. La pièce maîtresse de ce projet de longue haleine est un grand boulevard urbain situé le long du prolongement de l’autoroute actuelle, sur lequel passera le futur tram. Le point sur l’avancée du projet avec Stéphane Merlet, directeur du groupe Schuler.

La société Schuler a mandaté en 2001 le bureau d’architectes Polaris pour réaliser une première vision sur les terrains lui appartenant à Hollerich, et proposé à la Ville de Luxembourg de réhabiliter la zone. Les première esquisses du projet ont été présentées quelques mois plus tard au bourgmestre de la capitale, Paul Helminger, et au service de l’urbanisme. L’initiative a suscité un vif intérêt de la part de la Ville de Luxembourg qui a vu en lui l’opportunité unique de réaliser une entrée de ville séduisante avec la réalisation d’un grand boulevard à la parisienne, point de passage d’un futur tram.
“Il était inconcevable de laisser une telle zone stratégique à l’abandon, véritable enclave ‘quasi déserte’ dans la Ville de Luxembourg fourmillant d’activités économiques et de zones à forte densité comme Belair ou Cessange.
Rien d’étonnant dès lors, que la Ville a accueilli cette initiative très favorablement”, souligne Stéphane Merlet, directeur du groupe Schuler.
La Ville de Luxembourg s’est empressée de lancer le concours de la Porte de Hollerich en 2003. Le Lauréat a été le bureau d’architectes Teisen & Giesler dont le plan directeur a été élaboré de 2005 à 2008. “On ne pouvait imaginer la réhabilitation de Hollerich sans préciser le projet de la gare de Cessange. Aussi, la Ville de Luxembourg a organisé un concours pour ce nouveau projet remporté en avril 2009 par le bureau Patshowski & Fritsch, projet qui a préfiguré le ‘look’ de la gare qui aurait dû s’y implanter”, poursuit Stéphane Merlet.
La crise ou plus précisément les mesures d’austérité voulues par le Gouvernement
(cf. notre entretien avec André Roeldgen, secrétaire général de l’OGBL, dans la présente édition) sont venues chambouler le calendrier sans pour autant remettre en question le projet, dans la mesure où LuxTram est une entité semi-publique qui avait pour mission de tracer le nouveau boulevard où doit passer le tram. Le projet du tram est donc reporté à 2014 et la gare de Cessange se transformera en quai. “Même si à première vue, on pourrait voir en cela des mauvaises nouvelles, il n’en est nullement ainsi. Qui dit quai dit voyageurs ; les besoins en termes d’infrastructures sont bel et bien là, et les immeubles de logements, commerces et bureaux verront bien le jour. Nous avons pu le constater le mois dernier lors de discussions avec la Ville de Luxembourg avec laquelle nous sommes d’ailleurs en contact régulier. J’ajouterais même que si jusqu’à présent les discussions étaient assez théoriques, elles deviennent à présent beaucoup plus concrètes”, se félicite Stéphane Merlet dont la société possède à Hollerich de 4 hectares de terrains. Schuler possède en effet six parcelles le long du prolongement de l’autoroute actuelle et de la voie de chemin de fer.
On sait désormais que d’autres propriétaires consultent également la Ville de Luxembourg pour envisager leurs propres projets.
Un certain nombre d’enseignes, tout particulièrement les enseignes automobiles mais aussi des hôteliers, des cinémas, des banques ou encore des fiduciaires s’intéressent de près au développement de ce quartier situé au milieu de la Ville.
Les études ont révélé la nécessité de créer un quartier mixte mêlant donc bureaux et commerces mais aussi logements et espaces verts. La densité du bâti autour du futur quai de Cessange devra être augmentée ; c’est la condition sine qua non à un développement durable, dans la mesure où le tram contribuera à l’amélioration des conditions de mobilité et à la réduction de la pollution. Priorité sera mise à la mobilité douce…
il y fera très certainement bon vivre.

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