Remich

Située au milieu des vignobles et bordée par la Moselle, Remich, jadis petite bourgade de pêcheurs et de bateliers, peut compter sur son charme saisissant pour attirer les touristes du continent.
Henri Kox, député vert, qui a récemment été élu bourgmestre, nous a fait part de ses nouveaux projets et de sa vision de l’écologie.
En tant que nouveau bourgmestre de Remich, quels sont vos projets, vos nouveaux chantiers?
Je tiens tout d’abord à signaler que je cherche à travailler dans la continuité de l’équipe Belling à laquelle j’ai succédé ; je poursuivrai les grands projets entamés en 2005. Il y a tout d’abord deux projets d’envergure en cours, la rénovation de la piscine communale et la réalisation de la station d’épuration de concert avec les communes avoisinantes.
Pour le premier projet, il s’agit de rénover à la fois la piscine, les alentours et les vestiaires du centre sportif. La station d’épuration sera réalisée avec les communes de Schengen, Wellenstein et même la commune allemande de Perl. Nous pourrons nous prévaloir d’être la première commune luxembourgeoise alimentée par une station d’épuration.
D’autres projets sont en passe d’être achevés comme la maison des jeunes, réalisée elle aussi en partenariat avec d’autres communes, en l’occurrence Stadtbredimus et Bous. A ce propos, j’aimerais insister sur le fait qu’il est à mon sens très important que les communes limitrophes s’unissent pour réaliser des projets communs, aujourd’hui plus que jamais étant donné la conjoncture économique.
Toujours comme prévu dans les accords de coalition, nous débuterons prochainement les travaux d’une deuxième maison-relais, la première étant arrivée à saturation. Nous pourrons ainsi accueillir au total entre 50 et 60% des écoliers de la commune.
Qu’en est-il dans le domaine du tourisme, un secteur phare pour Remich?
Remich a et aura toujours une vocation touristique. Nichée aux trois frontières au milieu des vignobles, le long de la Moselle et à deux pas de Schengen, on ne peut faire mieux en matière de tourisme. Nous sommes la seule commune du pays à posséder 2 km de berges sans carrefour. Nous allons d’ailleurs refaire l’esplanade, projet à l’étude pour lequel nous attendons encore le feu vert de l’Etat.
Je dois dire que la fermeture du pont, cette année, nous a fait peur, mais, contre toute attente, elle n’a pas eu de conséquence néfaste sur le tourisme. Comme toujours en été, les terrasses de Remich étaient pleines. La piscine, véritable attrait touristique, a enregistré 32.000 entrées… c’est vous dire.
Vous êtes un écologiste convaincu: le tourisme peut-il rimer avec écologie?
Tourisme et écologie ne sont pas incompatibles, à condition de faire attention à ce que l’on fait. Nous nous faisons un devoir d’axer le tourisme vers un “tourisme doux”. J’entends par là développer un tourisme familial autour d’activités non polluantes. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé le “projet bicyclette”. Tout un chacun pourra à sa guise louer des bicyclettes à la gare routière pour se déplacer dans la commune voire jusqu’à Grevenmacher d’où il pourra revenir par bateau. C’est non seulement une initiative très sympathique pour se prendre le temps de voir du pays, mais aussi un moyen de réduire la circulation automobile. Là aussi, il s’agit de créer des synergies et de promouvoir toute une région et non seulement une commune.
Quel votre sentiment au sujet de la Conférence de Copenhague?
Je suis à titre personnel très déçu des aboutissements ou plutôt de l’absence de résultats de Copenhague. Cela dit, ne baissons pas les bras. Il est très important de se dire que l’écologie débute par de petits gestes simples au quotidien. En d’autres termes, n’attendons pas les sommets mondiaux sur l’environnement pour agir, mais mobilisons-nous à l’échelle communale. Le rôle des communes dans le domaine est crucial. Voilà pourquoi nous mettons tout en œuvre avec les neuf autres communes de la région pour sensibiliser la population, les inciter à investir davantage dans les énergies renouvelables quelles qu’elles soient. Parallèlement, nous nous efforçons de conseiller les petites entreprises au mieux.
Outre ce travail de sensibilisation, nous nous attelons à suivre autant que possible cette démarche pour les propres besoins de nos infrastructures communales, le meilleur moyen d’illustrer concrètement tout le potentiel de ces énergies renouvelables. Ainsi, tous les toits plats des bâtiments communaux sont pourvus d’installations solaires, le chauffage de l’école est alimenté par des copeaux de bois, et nous lançons un projet pilote consistant à rénover de façon optimale la maison communale. L’investissement en vaut vraiment la chandelle. Pour finir, je tiens à souligner que Remich deviendra membre du “Klimabündnis” cette année.
Le Pacte national pour le climat et le développement durable vient d’être lancé fin décembre, pacte dans lequel sont concernées les communes, a-t-on appris. Pouvez-vous préciser?
Ecoutez, de telles initiatives sont bien gentilles, mais je ne vois vraiment pas l’utilité d’un tel pacte si l’Etat continue à bloquer sans cesse les différents projets que les communes cherchent à mettre en place. C’est toute la législation qui doit être revue si l’on veut donner aux communes la possibilité de s’orienter vers les économies d’énergie.
A titre d’exemple, les communes n’ont toujours pas le droit de vendre l’énergie aux particuliers. Ce n’est pas normal.
Quant au pacte, nous sommes déjà prêts et attendons la campagne de l’Etat pour nous soutenir dans cette initiative, que ce soit d’un point de vue financier, logistique, dans les démarches et les autorisations. PhR