Communes

Première pierre pour deux lycées pilote à Mersch

Le 30 octobre dernier, Claude Wiseler, ministre du Développement durable et des Infrastructures, et Mady Delvaux-Stehres, ministre de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle, ont posé la première pierre du campus scolaire de Mersch, qui devrait être opérationnel en 2011. Une première étape vers la création d’une zone mixte au centre de la commune vient donc d’être franchie.
Soixante hectares revalorisés

La création de ce campus scolaire s’inscrit dans un projet de plus grande envergure qui consiste en une réhabilitation complète du quartier de la gare ferroviaire, qui a fait l’objet d’une consultation rémunérée organisée conjointement par la commune de Mersch et le ministère du Développement durable et des Infrastructures.
Le déménagement de l’Agrocenter du groupe CEPAL, toujours dans la même commune mais hors du centre-ville, libérera bientôt dix-sept hectares et, le terrain adjacent ayant été acquis par la commune, le périmètre à réaffecter s’étendra au total sur une soixantaine d’hectares. Après décontamination, une zone urbaine mixte regroupant des habitations, des commerces, des services et des loisirs, y sera créée; ce qui représente pour le bourgmestre, Albert Henkel, “un défi politique majeur, qui conditionnera le développement de Mersch pour les cinquante ans à venir”. Quatre équipes, composées chacune d’un architecte, d’un paysagiste, d’un urbaniste et d’un ingénieur chargé de la mobilité, ont été sélectionnées pour développer leurs idées au sujet de l’intégration de ces friches dans le centre-ville.

Un complexe scolaire pour 1.600 élèves

Le complexe scolaire lui-même n’occupera qu’un dixième de cette zone (six hectares et demi). Il regroupera deux établissements, le Néie Lycée et le Lycée technique pour professions éducatives et sociales (LTPES), qui fonctionneront de façon autonome, même s’ils seront réunis par un grand hall vitré commun qui aura pour triple vocation d’être un lieu de rencontre, de desservir les fonctions communes et de séparer les deux unités. On trouvera, dans cet ensemble, des salles de classe pour l’enseignement général, un amphithéâtre, des salles de musique, des infrastructures sportives, une bibliothèque, une administration, des infrastructures techniques, une cantine, une cafétéria, des jardins et un étang. Un internat sera placé le long de l’Alzette avec vue sur la verdure au sud-est, à côté du terrain de sports extérieur.
Le campus pourra accueillir jusqu’à 1.600 élèves, dont 90 en internat. De quoi insuffler une dynamique nouvelle à la commune de Mersch et aider à la positionner entre la capitale et la Nordstad, mais aussi, sans doute, engendrer quelques problèmes de trafic routier, qui seront traités en amont aussi bien dans le quartier concerné que dans ses alentours. Par exemple, un passage à niveau, qui reste fermé la moitié du temps, sera remplacé avant même la mise en service des lycées, par un souterrain à l’intention des piétons et des cyclistes, et ce, afin d’anticiper d’éventuels accidents. Une voie de substitution sera également aménagée, ainsi qu’un pont qui surplombera les voies de chemins de fer et l’Alzette entre Moesdorf et Beringen.

Le premier partenariat public-privé pour la création et la gestion d’un établissement scolaire
La particularité de ce projet est d’être un des premiers de ce type à être financé par un partenariat privé-public. Les bâtiments seront ainsi construits par un maître d’ouvrage privé (l’association momentanée GTK composée de Félix Giorgetti, Tralux, AP Kieffer, avec la Spuerkeess) qui gardera la responsabilité de son entretien pendant les 25 ans d’amortissement de l’investissement qui s’élève à près de 215 millions d’euros. L’État n’avancera donc pas de fonds pour la construction, mais étalera ses dépenses sur toute la durée du contrat de location-vente, et prendra à sa charge l’exploitation de la cantine et de l’internat.
La candidature de GTK a été retenue après analyse d’une série de critères qui comprennent le prix, le concept architectural, l’entretien du bâtiment, l’intégration des PME ou encore la performance énergétique. GTK a fait appel à l’ingénieur Walter de Toffol, déjà aguerri par des chantiers comme ceux de la place de l’Europe ou de la Philharmonie, pour chapeauter les travaux et au bureau d’architectes Arco, concepteur du lycée de Rédange, pour dessiner deux bâtiments à la géométrie sobre et linéaire. La construction basse énergie répond à plusieurs objectifs fixés au préalable. Le premier est la création d’un complexe animé et vivant offrant, sur un même site, les activités scolaires, sportives, artistiques et d’habitation. Le second est de rendre les différents volumes bâtis identifiables par les fonctions qui leur sont attribuées. Le troisième point concerne l’intégration harmonieuse des constructions dans leur environnement et le quatrième, la création d’espaces de récréation différenciés.

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