Syvicol
entre les communes et l’Etat

Rencontre avec le nouveau Président, qui a comme cheval de bataille de faire entendre la voix des responsables communaux auprès de l’Etat, en les incluant davantage dans le processus décisionnel.
Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir Président du Syvicol?
Je me suis toujours considéré comme un politicien qui s’occupe en priorité des affaires communales. J’ai d’ailleurs renoncé à être candidat aux élections législatives pour pouvoir me consacrer pleinement à ma fonction de bourgmestre et par la suite, éventuellement, à celle de Président du Syvicol, car je pense qu’on ne peut pas tout faire et qu’on ne peut pas trop faire si on veut bien faire.
Qu’est-ce qui vous motive dans la politique à l’échelle communale?
Par rapport à la politique nationale, le contact avec les citoyens est beaucoup plus direct. On peut également prendre les décisions et les voir se concrétiser plus rapidement. On peut faire bouger les choses plus vite à l’échelle de la commune.
Quels seront vos dossiers prioritaires dans le cadre de cette nouvelle fonction? Et quelle est la position du Syvicol sur ces points?
La réforme des finances communales est notre plus grande priorité. En effet, on attend beaucoup des communes mais encore faudrait-il leur donner les moyens de faire leur travail correctement, sinon il est clair qu’elles risquent fortement d’échouer. C’est pourquoi il nous importe que les deniers publics soient répartis de manière équitable entre l’Etat et les communes.
Les discussions avec le ministère de l’Intérieur concernant la réforme territoriale et, plus précisément, la nouvelle cartographie du paysage communal, sont à l’ordre du jour. Nous refusons tout système qui viserait à obliger les communes à fusionner. Nous sommes d’avis qu’il faudrait plutôt procéder en persuadant les responsables communaux que la coopération renforcée en vue d’une fusion ne peut être que favorable pour les habitants.
Le congé politique fait également partie des dossiers phares. Si les bourgmestres et échevins des grandes communes ont obtenu un certain résultat lors des dernières négociations, les communes de moins de 3.000 habitants sont encore lésées. Leurs représentants ne disposent que de 9 à 13 heures hebdomadaires pour gérer leur commune, ce qui n’est largement pas assez. En tant que syndicat des villes et communes luxembourgeoises, nous nous battons aussi pour les petites communes, c’est pourquoi nous nous sommes engagés à insister auprès de notre ministre de tutelle pour qu’il étudie à nouveau les propositions que nous lui avons soumises.
En ce qui concerne la réforme des services de secours et l’éventuelle fusion entre les pompiers et la protection civile pour les concentrer en un seul service de secours, nous sommes d’accord avec le ministre de l’Intérieur sur le fait qu’il faille réaliser une étude sur la situation existante avant de prendre des décisions dans ce domaine, parce que la situation dans le Sud et dans le Centre du pays est complètement différente de celle des régions Nord, Est et Ouest. D’après ce que nous avons entendu, le ministre va d’ailleurs recevoir le concours d’experts étrangers en la matière, ce que je considère comme une bonne chose. Dès que nous aurons les résultats de cette étude, nous pourrons nous prononcer sur la question.
La législation concernant la gestion de l’eau cause bien des soucis aux responsables communaux, parce que le système qui permet de calculer le prix coûtant est très compliqué. D’autres questions sont également à résoudre pour éviter un transfert direct des moyens communaux dans le budget de l’Etat, ce qui, vu la tournure que prennent les choses, risque d’être le cas.
On pourrait encore citer bien d’autres points qui sont actuellement en discussion, car la liste de nos préoccupations est longue.
Quel message souhaiteriez-vous faire passer au Gouvernement?
Ce qui importe pour le Syvicol, c’est que les nombreux avis que nous émettons concernant les projets et les propositions de loi ne restent pas lettre morte, comme c’était souvent le cas jusqu’à présent, et qu’ils soient au moins lus par les députés. Nous voulons être impliqués dans le processus législatif pour tout ce qui touche aux communes et ce, dès le début des travaux parlementaires. Nous sommes prêts à discuter avec le Gouvernement, avec les instances étatiques dans tous les domaines. Par exemple, les communes sont concernées par les engagements pris dans le cadre de la ratification du protocole de Kyoto et leur avis doit être pris en considération pour la mise en place de certains changements qui y sont liés. Malheureusement, tous les ministères n’ont pas le réflexe de nous consulter.