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Luxinnovation souffle
ses 25 bougies

Luxinnovation vient de célébrer ses vingt-cinq ans au service de la recherche et de l’innovation au Luxembourg. Erigée en Groupement d’Intérêt Economique en 1998, les missions de Luxinnovation n’ont cessé d’évoluer pour se conformer à la réalité d’un marché national et international en perpétuelle mutation. Aujourd’hui, l’agence est indéniablement un acteur stratégique du système d’innovation national.
Rencontre avec Marco Walentiny, président.
Comment est née Luxinnovation, et pourquoi cette nouvelle structure?
Le ministère de l’Economie avait débuté en 1981 une politique de stimulation de la recherche et de l’innovation au niveau des entreprises avec une dotation budgétaire pour cofinancer des projets de recherche et développement d’entreprises privées. A cette époque, les entreprises se préoccupaient peu de recherche et d’innovation au Grand-Duché. On sentait néanmoins que l’évolution technologique prenait de l’ampleur, et qu’une structure telle que Luxinnovation, destinée à sensibiliser les entreprises aux facteurs de productivité via la recherche et l’innovation, devenait essentielle. Les organisations professionnelles telles que la FEDIL se sont également rapidement aperçues qu’il devenait important de s’associer à une telle démarche pour créer un organisme commun. Il fallait en outre guider les entreprises vers les supports publics qui étaient en train d’émerger, que ce soit au niveau national ou communautaire. C’est ainsi qu’est née Luxinnovation, l’Agence nationale pour la promotion de l’innovation et de la recherche, en 1984.
Une prise de conscience a également eu lieu à l’échelle européenne. Les européens ont commencé à réaliser que des moyens considérables dans le domaine de la recherche et de l’innovation étaient mis en place dans d’autres régions du monde comme aux Etats-Unis et au Japon. Il devenait dès lors indispensable de se mettre au diapason.
En 1984, la Commission européenne s’est vu investie de la même mission, c'est-à-dire de mener une politique de recherche et d’innovation via un programme européen cadre de recherche et développement. Dès lors, Luxinnovation a eu aussi pour tâche d’informer les entreprises sur les moyens financiers mis à disposition des entreprises au niveau européen et des procédures à suivre pour participer aux appels à projets lancés par la Commission.
Quelle a été l’évolution des missions de Luxinnovation au fil du temps?
Avec les années, les missions se sont développées, approfondies et diversifiées.
Les programmes et les initiatives européennes et internationales se sont également démultipliés. Les technologies ont fortement évolué, spécialement depuis l’apparition d’Internet. L’information s’est démocratisée et les entreprises ont eu ainsi moins besoin de Luxinnovation dans le domaine. Par contre, la multiplication des programmes et des initiatives, que ce soit au niveau national ou européen, a cependant considérablement compliqué la donne. Il revient aujourd’hui à Luxinnovation de filtrer cette information, et ce, selon le secteur d’activité dans lequel une société est active, et de l’accompagner tout au long des lourds processus administratifs. Mais pour cela, il faut très bien connaître les entreprises, leurs produits, leurs compétences, leurs faiblesses ainsi que leurs intérêts. Nous nous sommes dès lors orientés vers une démarche de plus en plus proactive. Le volet “conseil et accompagnement” n’a cessé de se renforcer au fil du temps.
Nous cherchons aujourd’hui à mettre les entreprises en rapport les unes avec les autres et ouvrir un réseau de compétences, dès lors que la sophistication du monde actuel a obligé les entreprises à recourir à des compétences complémentaires. En outre, une loi de 1987 a poussé Luxinnovation à élargir son champ de compétences au niveau de la recherche publique. Je tiens cependant à préciser que Luxinnovation ne fait pas de la recherche elle-même. La mission consistant à mettre en rapport secteurs privé et public n’a cessé de gagner en importance tout comme celle d’ouvrir les réseaux de compétences au niveau national et communautaire à l’ensemble de la clientèle public-privé.
Association de fait entre le ministère de l'Economie et du Commerce extérieur, du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, de la FEDIL, de la Chambre de Commerce et de la Chambre des Métiers de 1984 à 1998, Luxinnovation est devenue une entité juridique propre en 1998, un Groupement d’Intérêt Général, rejointe par le ministère des Classes moyennes quelques années plus tard. Depuis, Luxinnovation est également au service des entreprises artisanales.
En 2001, le ministère de l’Economie est arrivé au constat selon lequel la coopération au niveau national entre les entreprises actives dans différents secteurs n’était pas suffisante, alors qu’elles sont pourtant concernées par les mêmes technologies. C’est ainsi qu’est né le programme Cluster, en français “grappage technologique” dont l’encadrement et l’animation sont revenus à Luxinnovation. Il en existe aujourd’hui cinq : "Surfmat", "InfoCom", "AeroSpace", "BioHealth" et le dernier en date "EcoDev".
Quelles sont vos perspectives d’avenir?
Je tiens tout d’abord à signaler que la Stratégie de Lisbonne étant de mise, nous nous devons d’être toujours au fait des développements technologiques.
J’ajouterai que l’OCDE a émis une recommandation en 2006 qui stipule qu’une réflexion approfondie sur la gouvernance des structures devait être menée dans le pays afin de gagner encore en efficacité. Une des idées retenues fut celle de l’établissement de “contrats de performance”, assurant la sécurité d’un financement pluriannuel sous condition d’un niveau de performances à atteindre. Luxinnovation s’est engagée dans cette négociation avec le Gouvernement pour la période 2008-2010. Nous allons bientôt nous pencher sur de nouveaux contrats de performance. Dans ce contexte, Luxinnovation a légèrement revu ses missions ainsi que son organisation. Ces initiatives, que l’on peut considérer comme projets-pilotes nous ont donné les axes de travail à suivre dans l’avenir, entre autres pour poursuivre les projets que no
us avions lancés, essentiellement le portail Internet luxembourgeois de l’innovation et de la recherche deuxième génération.
Dernier point et non des moindres, le rôle de sensibilisation auprès du grand public. Il nous faut développer un certain esprit d’innovation dès l’école afin de préparer au mieux les futurs talents dans le domaine, dans la mesure où nos enfants seront les chercheurs et les entrepreneurs de demain. La communication et la promotion sont devenues des outils incontournables, et nous avons mis sur pied une équipe pluridisciplinaire composée d’économistes, de juristes, d’ingénieurs et bien sûr d’experts en communication, qui s’attelle à cette mission. PhR