Formation professionnelle
d'enseignement des langues?

Comment qualifier davantage et mieux nos jeunes tout en évitant que les exigences en langues constituent, pour une part non négligeable d’entre eux, une barrière insurmontable qui les empêche d’accéder à une qualification professionnelle? Comment concilier la promotion d’un plurilinguisme de haut niveau pour tous les élèves avec une meilleure prise en compte des capacités individuelles?
En exécution du programme gouvernemental, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle est engagé depuis l’automne 2004, ensemble avec les acteurs scolaires, dans un vaste processus de réflexion pour trouver des réponses à ces questions et améliorer de manière durable notre système d’enseignement des langues.
Le Luxembourg est fier de son enseignement des langues et de sa tradition plurilingue. Personne ne conteste qu’apprendre plusieurs langues à l’école constitue un atout formidable pour les élèves issus de notre système scolaire, et que dans notre pays où les langues se côtoient au quotidien, il faut parler et comprendre plusieurs langues pour bien s’intégrer. Il ne peut donc être question de renoncer à cet atout, au contraire, il faut le développer.
Cependant, force est de constater que les exigences en langue peuvent constituer pour une part non négligeable d’élèves une barrière insurmontable qui les empêche d’accéder à une qualification professionnelle. Certes, le taux d’échec dans nos écoles ne peut pas s’expliquer par le seul poids que prennent les exigences langagières dans la formation de nos jeunes. Il est cependant légitime de s’interroger sur le poids des langues dans l’orientation et la sélection des élèves.
De plus, on se plaint souvent des performances médiocres en langues des jeunes issus de l’école luxembourgeoise. Que ce soit lors de l’insertion sur le marché du travail ou dans le contexte des examens d’admission à la fonction publique, les reproches d’une insuffisance des connaissances en langues de nos jeunes, et notamment en français, sont fréquents.
Ces considérations conduisent forcément à la question de savoir si notre système d’enseignement, conçu pour une population d’élèves dont la langue maternelle est le luxembourgeois, peut réussir à qualifier une population scolaire dont plus de 40% des enfants ont une langue maternelle qui n’est pas le luxembourgeois.
Face à la double exigence de maintenir et de développer le plurilinguisme dans l’enseignement et de qualifier davantage et mieux les jeunes scolarisés au Luxembourg, une réforme s’impose, annoncée d’ailleurs dans le programme gouvernemental.
Communiqué du ministère de l’Education nationale