Bettembourg
Bettembourg a célébré cet été à la fois les vingt ans de son jumelage avec la commune de Flaibano, en Italie, dans la province du Frioul, et celui avec Valpaços, ville située dans le nord du Portugal, qui a eu lieu lui dix ans plus tard. Lors de cette célébration, les bourgmestres des trois communes ont signé à Bettembourg une charte destinée à consolider les liens qui les unissent dans une atmosphère très chaleureuse, et ont décidé d’élargir leur horizon à l’international.
Un jumelage est une relation établie entre deux villes de pays différents, relation qui se concrétise par des échanges socio-culturels. L’idée du jumelage est née dans les années 50, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale qui a déchiré le monde et tout spécialement l’Europe. Il est apparu alors que le seul moyen de progresser sur le plan des relations internationales et d'apaiser les haines et les rancœurs, était de tisser des liens au niveau le plus élémentaire, la commune, et ainsi, d'établir des relations d'échanges étroits avec ses voisins. L'objectif initial consistait à échanger des connaissances, des expériences, du savoir-faire dans tous les domaines de la vie locale. Engager les populations traumatisées de cette Europe ruinée de l'après-guerre à fraterniser, relevait du défi. Les cinquante maires européens qui, en janvier 1951, fondèrent le Conseil des communes d'Europe devenu par la suite le Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE) firent partie des pionniers d'une Europe unie et donc plus forte.
C’est ainsi que Bettembourg et Flaibano décidèrent de se jumeler en 1989: “Le jumelage d’une ville à une autre n’est pas le fruit du hasard. Bettembourg et Flaibano, par exemple, avaient tissé des liens étroits depuis des décennies. Tout a débuté au XIXe siècle lorsqu’un Flaibanais s’est installé à Bettembourg. A cette époque, notre commune avait besoin de beaucoup de main d’œuvre pour sa briqueterie. Des hommes de Flaibano le rejoignèrent, puis les familles à leur tour. Les relations se sont intensifiées par la force des choses, et il était tout naturel de se jumeler un jour. La deuxième vague d’immigrés au Luxembourg a été celle des Portugais, comme tout le monde le sait. Là aussi, des relations se sont tissées entre communes des deux pays. La donne a été ici un peu différente puisque les immigrés portugais étaient pour la plupart originaires de trois communes différentes. C’est la commune de Valpaços qui a été retenue puisqu’une d’entre elles était déjà jumelée et l’autre convenait moins”, nous explique Roby Biwer, bourgmestre.
En effet, même si des relations étroites se nouent entre communes de différents pays, des jumelages ne sont pas toujours possibles. Plusieurs critères doivent être remplis comme la taille et la population de la commune ou encore une compatibilité des infrastructures.
A l’occasion de la célébration des deux jumelages, un groupe de travail avec l’administration communale a été mis en place auquel s’est jointe une partie de la population locale. L’objectif, s’assurer que ces liens perdurent dans le temps. “Les jumelages ne concernent pas uniquement les représentants communaux qui viennent et qui partent. C’est avant tout une aventure commune d’hommes et de femmes provenant de cultures différentes.
Nous avons ainsi posé les bases d’un programme de ‘coopération renforcée’ destiné à resserrer les liens durablement, lors de cette célébration, pour augmenter encore le rythme des échanges culturels, sportifs et sociaux. Celui-ci passe avant tout par la jeunesse qui prendra un jour la relève”, poursuit Roby Biwer.
Aussi, des jeunes de Bettembourg ont passé cette année un séjour à Flaibano tandis que de jeunes Portugais de Valpaços sont venus séjourner à Bettembourg. L’année prochaine, ce sont des Italiens qui se rendront à Bettembourg et les Bettembourgeois iront à Valpaços pendant une semaine.
La commune de Bettembourg et les communes jumelées ne comptent pas en rester là. Elles ont décidé de dépasser les frontières européennes en se mettant en relation avec des communes situées sur d’autres continents, et ce, en mettant sur pied des projets de coopération. Valpaços est en contact avec le Cap Vert et le Timor, Flaibano avec l’Argentine et Bettembourg avec le Chili et le Cap Vert. “Il est important de voir aujourd’hui au-delà de l’Union européenne en créant un réseau d’amitié de par le monde. Nous considérons que les amis de nos amis sont aussi nos amis”, conclut Roby Biwer.