Ville de Luxembourg
branchée, la capitale !

Rencontre avec Paul Helminger, bourgmestre.
Qu’est-ce que HotCity et quelle est l’origine de ce projet novateur?
HotCity est une des dernières étapes dans la mise en place de systèmes de communication dans la capitale pour la rendre plus accessible et améliorer la communication entre la Ville, ses habitants, ceux qui y travaillent, les touristes ou encore les hommes d’affaires en déplacement. Le projet a été initié par la Ville de Luxembourg en 2007 mais un livre blanc sur le “e-city” reposant sur la question de l’équipement de la capitale en technologies modernes de communication et d’information avait déjà été établi il y a près de dix ans. Nous avons travaillé sur nos propres services en modélisant les différents processus qui se cachent derrière les activités de la Ville. Nous voulions dans une première étape éviter aux citoyens de devoir se déplacer d’un bureau à l’autre pour régler les différentes formalités administratives avec la création du Biergercenter. La deuxième étape a consisté à mettre ces services en ligne afin d’épargner au citoyen même tout déplacement au Biergercenter. Une nouvelle étape a été franchie tout récemment avec l’introduction de la signature électronique pour l’accès au téléchargement de fichiers de paiement, de déclarations, etc. HotCity est la troisième étape, celle que j’appelle “l’étape mobile”, l’étape décisive qui transformera la vie de nos concitoyens. Le concept à la base de HotCity est simple: permettre à tout un chacun de bénéficier à tout moment de tout type d’information sur la Ville pour accroître son confort au quotidien.
Quelle est l’étendue des possibilités de HotCity, ses applications pratiques?
HotCity propose toute une gamme de services Web aux habitants de la Ville tout comme à ceux qui y travaillent ou y sont en déplacement. Il y a trois niveaux dont deux niveaux gratuits et un niveau “commercial”. Le premier niveau gratuit est un noyau interne qui sert pour les communications des services propres de la Ville. Je prends un exemple simple: en cas de problème lors d’un chantier, HotCity sert de plate-forme de communication directe qui permet de traiter le problème survenu en fonction de la réalité du terrain par la centrale, gage d’efficacité et de rapidité accrues.
Le deuxième niveau concerne l’aspect “communication” de la Ville. Luxembourg-Ville se doit bien évidemment de communiquer de nombreuses informations, que ce soit dans le domaine culturel, de la mobilité, en matière d’urgences, etc. Tous ces trésors d’informations disponibles sur notre site web sont également disponibles sur HotCity où que vous vous trouviez dans la Ville et quel que soit l’appareil que vous utilisez. Tout utilisateur doit cependant accepter d’être géo-localisé, pour la simple et bonne raison que l’intérêt du système repose sur le principe “les informations viennent à vous” et non pas le contraire. C’est en cela que ce système est révolutionnaire. Tout un panel d’applications a ainsi vu le jour et ce n’est que le début. Les plus attrayantes pour le moment, sans doute, concernent la mobilité, soit comment se déplacer en ville où plutôt comment rejoindre un point à un autre de la Ville en multimodal, par exemple. Plus concrètement, sur un parcours donné, savoir où se trouve la prochaine borne de Vel’Oh et le nombre de vélos disponibles, comment rejoindre tel arrêt de bus, l’horaire de passage… bref tout un système intégré d’informations en matière de mobilité, en l’occurrence. D’autres applications vous permettent de trouver le restaurant indien le plus proche ou une boutique de vêtements depuis le lieu où vous vous trouvez. Il en va de même pour connaître l’horaire d’un film. Une autre application, très prisée par les jeunes, retrouver un ami en ville, une application rendue possible grâce à la géo-localisation.
Qu’en est-il du volet payant, des tarifications?
C’est le troisième volet, destiné à naviguer sur Internet comme vous le feriez chez vous, selon les tarifs appliqués par les opérateurs de services Internet. HotCity, lui, n’est que marginalement un opérateur de télécommunications. Vous pouvez certes acheter une carte prépayée, une scratch card, mais ce n’est pas le moyen optimal d’accéder à Internet. Nous visons plutôt une clientèle qui a déjà accès à Internet via un fournisseur, qu’il s’agisse d’un fournisseur luxembourgeois ou d’un fournisseur étranger pour les touristes ou les hommes d’affaires en déplacement au Luxembourg, moyennant un petit surplus. Nous avons déjà sur la plate-forme Luxgsm, venons d’y ajouter Tango. Nous finalisons nos négociations avec Voxmobile et probablement dans un avenir proche avec Luxembourg Online. Cela dit, les débats autour de cette tarification sont lancés. Notre vision politique sur la question, qui rejoint d’ailleurs celle du Gouvernement, va dans la direction de la gratuité d’une certaine tranche de services, Internet étant devenu un moyen de communication universel et donc que l’on peut presque considérer comme un service public. Il doit pour cela être au moins accessible à très bas prix ou proposer par exemple la première demi-heure gratuite ou encore la gratuité pour la consultation des e-mails.
L’infrastructure HotCity a été ouverte à Esch-sur-Alzette tout récemment? Quelles sont les perspectives d’évolution de cette plate-forme?
Nous travaillons effectivement sur la mutualisation du système. La plate-forme appartient à la Ville et a nécessité de lourds investissements et doit pouvoir profiter à d’autres communes, d’autant que la plupart d’entre elles ont accès au réseau fibre optique, condition sine qua non. Car pour ces dernières, les investissements à réaliser sont nettement moindres. Il leur incombe uniquement de placer des relais et payer une petite redevance. Je pense que reli
er un maximum de communes entre elles est une évidence, ne fût-ce que pour augmenter leur attrait et leur notoriété grâce à leur propre portail. Nous avons à ce titre signé un accord avec Esch-sur-Alzette en mars pour une utilisation identique à la nôtre. Rejoindre HotCity présente d’autres atouts cruciaux comme le fait – pour les naveteurs, par exemple – de pouvoir compter en continu sur des informations concernant le trafic, les chantiers et les autres obstacles qu’ils pourraient rencontrer sur leur route ou pour organiser leurs trajets intermodaux. C’est la raison pour laquelle l’infrastructure HotCity ne devrait pas se limiter au seul territoire national. Nous sommes pour cela en pourparlers avec Arlon et Thionville et bientôt avec les CFL, la SNCF et les bus.